Qui est le plus grand ?

25ème dimanche ordinaire

Sagesse 2, 12-20 ; Jacques 3, 16 à 4,3 ; Marc 9, 30-37

 

Lorsque nous avons commencé la lecture de l’Evangile selon Marc, quelques-uns se sont étonnés que les disciples répondent aussitôt à l’appel de Jésus, laissant père, mère, femme et peut-être enfant… Ils n’ont posé aucune question à Jésus, demandé aucune précision sur le « suis-moi ! ». Mais voici, plusieurs chapitres après qu’ils se retrouvent sur le chemin qui monde vers Jérusalem, chemin de l’épreuve. C’est alors que Jésus par trois fois va préciser ce qu’il entend par marcher à sa suite. Nous avons déjà lu la première altercation avec Pierre la semaine dernière : passe derrière avait répliqué Jésus tu penses comme le démon.

 

Voici la deuxième annonce de la passion, arrestation, con damnation et mort… Et de quoi discutent ses disciples : de qui est le plus grand, comme si l’arrestation-mort de Jésus, cela ne les concernait pas : ils ne comprennent pas de quoi cause Jésus ! Il leur est impossible d’entrer dans les dispositions de Jésus. Sommes-nous capables de mesurer la distorsion entre la pensée des apôtres et celle de Jésus. Pour les disciples, qui ont l’ambition de restaurer le royaume de David, leur pensée toute humaine, c’est d’avoir de l’ambition, d’être le plus haut, le plus grand, le meilleur, le premier. Qui ne partagerait cet idéal ?

 

Jésus précise alors son idéal à lui, sa compréhension de la mission qui est sienne et où il entraine les disciples : devenir le dernier et le serviteur de tous ! Et Jésus d’illustrer son propos en faisant venir un enfant et en demandant une aptitude pour l’accueillir. L’enfant au milieu du cercle ça date de Victor Hugo, et l’accueil de chacune de ses paroles de l’époque de François Dolto ensuite ce sera l’époque de l’enfant-roi de la société de consommation. Mais au temps de Jésus, l’enfant, l’in-fans, celui qui n’a pas la parole était exclu du cercle des adultes. L’exemple que donne Jésus tranche d’avec les habitudes de l’époque. C’est sa manière à lui de donner la première place aux derniers d’alors.

 

On peut se demander encore aujourd’hui que signifie pour nous marcher à la suite de Jésus et devenir serviteur des derniers. Je pense à la jungle de Calais. En quoi les chrétiens et la société d’aujourd’hui est-elle prête à devenir serviteur de ces derniers qui vivent au milieu de nulle part, habitent sous les arbres, au soleil et à la pluie et sous le vent permanent du Channel. Ils n’ont même pas un verre d’eau pour se laver et éliminer la gale qui les ronge. Certes on va leur offrir un billet retour pour l’Afghanistan, la Somalie ou l’Erythrée. De bénévoles leur viennent en aide avec persévérance et sous le couperet du délit de solidarité.

 

Tout le monde n’habite pas Calais, mais la même distorsion entre Jésus et ses disciples peut être observée pour aujourd’hui : à quoi accordons-nous de l’importance dans la gestion de nos vies, de nos relations, de notre service ? Ils sont nombreux ceux qui deviennent serviteur du frère, mais il y a toujours à se convertir, non pour quitter le monde, mais pour prendre à bras le corps, ensemble, le monde et son humanité. Jésus n’en demanderait-il pas trop ? E.H.

 

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