Christophe Neveu, jeune prêtre

Témoignage

 

Animation catéchèse Jean-Christophe Neveu  
Animation catéchèse
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« Ma joie, c’est de voir des gens en paix avec eux-mêmes et avec les autres. »

 

Jean Christophe Neveu est originaire de Chelers dans le Ternois. A 32 ans, il est curé depuis un peu plus d’un an des paroisses Notre Dame des Ardents en Boulonnais et St Wulmer ente Liane et Canche. C’est l’un des plus jeunes prêtres du diocèse d’Arras. Rencontre.

 

  

Pourquoi es-tu prêtre ?


J’aime à répondre avec cette formule : « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». En fait pour Dieu et pour les hommes. Plus exactement pour le service de Dieu et des hommes. Le « et » est important : l’un ne va pas sans l’autre. De par le baptême, c’est la vocation de tout baptisé.

Qu'est-ce qui t’a conduit sur ce chemin ?
Je voulais donner du temps et de ma personne pour l’Eglise. J’avais un engagement paroissial fort. Donner un sens fort à ma vie en lien avec ma foi et ce que j’avais reçu. Permettre la rencontre avec le Christ.


Cela s’est fait par l’intermédiaire de chrétiens, laïcs, diacres et futurs diacres, la rencontre de prêtres, particulièrement de jeunes prêtres. J’ai découvert qu’on peut être heureux en étant prêtre et que ça comble une vie. La messe chrismale, à Arras, en 2001 a été un tournant. La procession d’entrée des prêtres (beaucoup de têtes blanches). Je me suis projeté dans l’avenir : cela va être dramatique d’ici quelques temps. Six mois plus tard, à 24 ans, j'entrais au séminaire interdiocésain.

 

Comment envisageais-tu ton rôle de prêtre avant d’être envoyé en Boulonnais ?
J’allais être envoyé pour plusieurs communautés, avec à la fois une mission locale et diocésaine. La mission, on la reçoit de l'évêque qui s’appuie sur les avis de personnes qui nous connaissent : l’équipe d’accompagnement, les prêtres du séminaire. On ne choisit pas son affectation mais on peut donner son avis sur le milieu où l’on souhaite être envoyé (rural ou urbain).

 

La réalité est-elle conforme à tes aspirations ?


Je ne suis pas déçu. J’accueille au jour le jour. Des surprises ? Une bonne entente avec les confrères diacres, prêtres, équipes et aussi la générosité des personnes qui ont à cœur d’être acteur de l’annonce de l’Evangile.

Qu’as-tu découvert en arrivant dans le Boulonnais ?
Le paysage est différent du Ternois ; sinon c’est assez similaire. Il y a peut-être un peu plus d’associations. La ville de Desvres où il y a des pauvretés cachées…

Comment conçois-tu ton rôle de prêtre aujourd’hui ?
Le prêtre est le serviteur de la communion entre les équipes, les personnes. Il est le signe qu’on agit au nom de quelqu’un. Il est « agent de la Paix ». On a cette mission d’apaisement et de pacification. Cela passe par l’écoute.

 

Et demain ?


La diminution du nombre de prêtres affine la mission au sein des communautés. Est-ce qu’il faut un seul modèle de prêtre ? Laissons les charismes s’exprimer.
On perçoit plus, actuellement, la dimension pastorale du ministère où il y a un partage des tâches. Le rôle du prêtre est de redonner sens, permettre une relecture, encourager, discerner ce qui est en train de germer, remettre sans cesse en phase avec la Parole.

Quel est pour toi le cœur de cette mission ?
Redonner du sens aux choses. Permettre à tout homme de grandir. Voir des gens qui s’aperçoivent que Jésus est présent dans leur vie, que c’est quelqu’un qui les fait grandir, les apaise. Leur permettre de découvrir que Jésus est proche. La vie prend un autre sens grâce à Lui, à sa Parole, à la parole de l’Eglise. Ma joie c’est de voir des gens en paix avec eux-mêmes et avec les autres. La paix intérieure, c’est fort important.

 

Est-ce facile d’être jeune prêtre dans l’Eglise aujourd’hui ?


Quand j’ai été nommé curé, on m’a très vite considéré comme curé, malgré mon âge. Une confiance s’est installée assez vite. Etre curé a 32 ans n'est pas banal. Les EAP aident, tout comme les liens avec le doyen, les autres confrères. Et puis on arrive au sein d’une équipe. Par exemple au niveau de l’ACE, je suis un membre parmi l’équipe.

 

A quoi ressemblera l’Eglise demain ?


Plutôt des points d’attention. Susciter la fraternité entre les personnes, les chrétiens. Etre vigilant à la fraternité entre prêtres. Importance d’atteler les trois missions de l’Eglise : vivre, croire et célébrer. Prière et célébration. Approfondissement de la Parole et de la foi. Service des autres. Importance du dialogue entre chrétiens mais aussi avec ceux qui ne partagent pas nos convictions. Se rappeler qu’on est porteur d’une bonne nouvelle. Dans notre attitude, être accueillant et joyeux de cette joie que nous donne le Ressuscité.

 

Comment vois-tu la relation entre les ministres ordonnés et les fidèles laïcs ?


Ce qui est important, c’est le dialogue, la communion. Prendre en compte la différence de l’autre est en faire une richesse. Tous, on a notre manière d’annoncer l’Evangile. On a tous notre part à apporter. Chercher l’unité malgré nos diversités dans le dialogue, le pardon.

Quelles difficultés rencontres-tu dans ta mission ?
Le manque de dialogue me pèse parfois. On joue la carte fermeture au lieu de jouer l’ouverture. Or, on est des passeurs de la Bonne Nouvelle. On n’a pas mission de mener à nous mais de remettre à Dieu et aux hommes.

 

Comment définirais-tu en cinq mots ta vie de prêtre ?


Ensemble, partage, joie, paix et dialogue.

 

(Propos recueillis par Denis Pérard)
 

 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 3744 visites