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Les Semaines Sociales de France 2009
Nouvelles solidarités. Nouvelle société


le Vendredi 20 novembre 2009


Imaginer 3400 personnes, plusieurs journées de conférences et débats… Il n’est pas possible de rendre compte d’une telle diversité. Cet article, ce ne sont que quelques phrases glanées au cours de ces rencontres ; puissent-elles servir pour amorcer notre réflexion et notre action.

 

Un peu d'histoire


«Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité» ( Saint-Exupéry). Quelle société voulons-nous pour demain? On a le sentiment que tout se financiarise, que les valeurs se perdent. Mais en même temps, il existe la volonté de construire une société plus humaine et plus fraternelle, où la personne ait toute sa place et où la dignité de chaque homme soit reconnue.
Pourtant on ne peut pas rêver la solidarité, on doit la vivre: les jeunes (les plus touchés par le chômage) sont-ils porteurs d'un avenir dans notre société, comment leur donner un projet? Les adultes, les personnes en responsabilité, à quoi portent-ils attention ?

C'est ce type de constat et le souci de l’homme qui ont présidé à la création des Semaines Sociales de France en 1904 par Marius Gonin, un lyonnais désireux de diffuser l’enseignement donné par l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII sur la doctrine sociale de l'Eglise.
Ces sessions annuelles devinrent vite un vivier d'idées et de propositions, chaque session traitant d’un nouveau thème d'actualité: en novembre 2009 : “Nouvelles solidarités, nouvelle société”

 

Quelques chiffres sur la pauvreté:


En France, ce sont 8 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Néanmoins c'est la France qui est au 1er rang de la protection sociale d'Etat (30% du PIB) avec 550 milliards d'euros dont 50% pour les retraites, 30 % pour la maladie, 9 % pour la famille et 1,5 % pour la lutte contre la pauvreté.
Fait nouveau: les familles monoparentales sont très touchées (30 %) par la pauvreté! Il y a la pauvreté de l'avoir, certes, mais aussi du savoir, du vouloir et du pouvoir!
La solidarité internationale devient aussi un impératif urgent
Question: Quel est l'Homme le plus pauvre du monde? Réponse: Une femme africaine

 

La solidarité


Ces populations ne peuvent rebondir que si on tient compte pour les aider, non pas de ce dont elles manquent mais de ce qu'elles ont et de ce qu'elles sont. Les systèmes de pensée et les systèmes institutionnels ont été construits, il ya deux cents ans, pour un monde qui n’est plus le nôtre. Par quoi devons nous les remplacer?
L’Occident ne doit plus imposer ses principes à tous les autres pays du monde. Il nous faut aider les africains à inventer leur gouvernance, les aider à prendre la parole, à s'exprimer, à innover.
Les Associations ne doivent pas prendre la place des pouvoirs publics mais aider ceux qui sortent du cadre de la loi.

 

La solidarité dans l'entreprise:

 

  • Le jeune, jusqu'à 35 ans, est souvent la variable d'ajustement: on le prend puis on le jette, face à la crise
  • Comment son travail peut-il avoir de la valeur à ses yeux?
  • Dans l'école, on demande au jeune de choisir un travail, pas un métier. On vient souvent dans l'entreprise pour manger, pas pour faire un métier!
  • Oui, l'entreprise est facteur d'intégration : par le travail, on sort de l'exclusion.

Des initiatives nouvelles en entreprise: des entreprises pilotes, depuis quelques années, ont été créées, adossées sur des associations d'insertion sociale, proposant à des personnes en grande difficulté de se reconstruire et redevenir autonomes. C'est le cas de ARES, CANA, traiteur qui engage 60 salariés en grande difficulté, qui les forme, puis les libère, ou encore SNC (solidarité nouvelle face au chômage)

 

L’Europe est-elle encore une utopie?


Pour Vincent Peillon, l'Europe est une idée «sui generis», il n'y a pas de modèle parfait. A l'Est les gens ont rêvé de liberté mais pas d'une société tournée uniquement vers la consommation. Il faut chercher un avenir. Nous sommes en paix depuis 64 ans (sauf ex Yougoslavie) mais elle est fragile et il faut assumer un projet d'avenir en se donnant les moyens de l'intégration... Nous ne pouvons accepter que des pays membres abandonnent certaines valeurs. La montée des nationalismes ne va pas dans le bon sens et conduit à la guerre: il faut se rencontrer.

 

Pour S. Goulart, chercheur au CERI et député européen, la vision extérieure de l'Europe est positive mais l'Europe n'a pas rempli son contrat: 80 millions d'européens vivent sous le seuil de pauvreté et le chômage est conséquent, notamment en Espagne et en France. La France et l'Allemagne sont trop dominatrices. Il faut vouloir l'Europe avec le souci d'un intérêt commun. Il faut défendre le modèle de la Sécurité sociale, et l'élargir vers l'est et le sud mais en étant assez lucide pour qu'il soit durable.


Les jeunes ont envie d'un projet mobilisateur, il faut fonder l'identité européenne autour de l'Ecole, s'organiser pour que le travail puisse faire vivre chacun, sans oublier le milliard d'êtres humains qui souffrent et meurent de faim: pas en discutant avec les dictateurs et les responsables corrompus mais avec les associations présentes et dynamiques qui aideront les populations à «inventer la gouvernance et innover».

 

Quelques phrases à méditer:

 

  • La richesse est davantage dans les liens que dans les biens.
  • Le profit n'est pas condamnable, ce qui est condamnable c'est ce qu'on en fait. Mahamud Yunus gagne avec sa banque de micros crédits des millions de dollars tous les ans. Mais cette banque, (devenue n°2 en Afrique) appartient pour 95% à des femmes africaines et l'argent gagné permet d'ouvrir d'autres crédits aux petits qui en ont besoin.
  • Les mal favorisés ne veulent plus qu'on pense à leur place, ils veulent un dialogue partenaire (« on est pauvre mais on n'est pas des cons» disait l'un d'entre eux!)
  • Nous sommes souvent des passagers clandestins: on profite de l'Europe mais on n'est pas constructeur de l'Europe

En résumé, nous avons été très heureux d'entendre tous ces intervenants de haute qualité, de participer avec eux aux différents ateliers et de voir des gens touchés par la pauvreté et les grandes difficultés venir s'exprimer sur le plateau, avec les experts, et donner leur point de vue, empreint, souvent, d'un solide bon sens. .
Les 85èmes Semaines Sociales auront lieu en novembre 2010 sur le thème: l’immigration et l'insertion

Extrait de La Vie diocésaine de Soissons Francois Marchandier et Urbain Hubau

 

Solidarités en Pas-de-Calais


Les associations sont nombreuses : le Secours catholique, Secours populaire, le CCFD, les soutiens aux réfugiés sur Calais ou Norrent-Fontes, St-Omer et Lillers ; Emmaüs ; des associations familiales, syndicales ou politiques qui gèrent aussi, selon leurs compétences des activités de solidarité, que ce soit pour faire respecter les lois, les salariés et les consommateurs, que ce soit pour que les lois soient davantage au service de personnes davantage dans le besoin et la nécessité. Des associations se forment autour de tel et tel malade, de tel et tel village d’ici ou d’ailleurs, etc. La Cimade vient en aide juridique aux sans-papiers et réfugiés. On pourrait aussi citer amitié sans visage, ou la bibliothèque sonore pour les aveugles, etc.… Dans ces associations certains sont professionnels, d’autres sont bénévoles (et passent plus de temps qu’ils ne devraient) ! Un point commun les relie : reconnaitre et servir l’autre différent de moi.
 

Article mis en ligne par E.H. Communication Diocèse    Publié Mardi 02 février 2010 - 17h01     - 831 visites

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