Moi non plus, je ne te condamne pas

5ème dimanche de carême

Isaïe 43, 16-21 ; Philippiens 3, 8-14 ; Jean 8, 1-11

 

"La femme adultère".

 

Nous connaissons tous l’attitude de Jésus face aux scribes et pharisiens qui lui amènent une femme en flagrant délit d’adultère. Hier comme aujourd’hui il est de bon ton que certains manifestent qu’ils sont meilleurs que les autres en les dénonçant. Afin de faire appliquer par Jésus la Loi, toute la Loi dans toute sa rigueur, ils demandent à Jésus de statuer. Bien sûr on devine là un piège tendu afin de faire tomber Jésus.

 

Avant d’aller plus loin, examinons comment, mine de rien, une religion de purs s’installe dans ce qu’il faut bien appeler l’Eglise d’après Vatican II : interdiction aux femmes de donner la communion, défense aux hommes d’entrer le chœur si l’on n’a pas revêtu le vêtement blanc, demande de certificat de baptême pour pouvoir enterrer quelqu’un dans une église avec les signes de l’eau et de la lumière. Le Christ n’est-il pas la lumière qui brille pour tous, baptisés ou non ? Qui peut se dire juste aux yeux de Dieu et condamner tel ou tel et lui refuser la Lumière ?

 

Revenons à cet évangile et admirons la finesse de Jean quand, après la parole de Jésus “que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre.” Il note ce détail : ils s’en allèrent l’un après l’autre, en commençant par les plus âgés. Chacun a été amené –semble-t-il- à faire la vérité sur lui-même. Aujourd’hui chacun de ceux qui revendique le baptême en Christ est appelé à faire la vérité sur lui-même. Nul n’est juste aux yeux de Dieu et chacun le sait bien. Ce n’est pas une raison pour condamner son prochain au prétexte qu’il est pire que moi. Entendons alors la Parole de Jésus : personne ne t’a condamnée ? … moi non plus je ne te condamne pas.

 

Les habitués en maison d’Evangile qui lisent Luc depuis quelques mois commencent la lecture des paraboles où Jésus dévoile le cœur de son Père, un cœur miséricordieux, qui va à la recherche de ce qui est perdu, qui ouvre grand les bras et la maison au fils cadet parti au loin, tandis que l’ainé, c’est-à-dire chacun de nous boude la générosité de son Père. Les dépositaires de l’autorité sur l’Eglise d’après Vatican II, ne seraient-ils pas comme le fils ainé qui veut faire la leçon à Dieu trop miséricordieux ? “Si on va jusque là, où va-t-on ?”, peut-on entendre ici et là.

 

Et oui, où va-ton ? C’était déjà le reproche de Jonas à Dieu quand il a pardonné aux 120.000 ninivites : où va-t-on si Dieu pardonne les coupables encore païens ? Ainsi en est-il du Royaume de Dieu, du royaume des baptisés. Mais l’attitude actuelle de lever de nouvelles réglementations, de rejeter ces pauvres gens qui n’en peuvent plus de mener leur vie, cette attitude de restrictions et de condamnations ne correspond pas à ce que le Christ a fait et demandé d’enseigner : moi non plus je ne te condamne pas… Va, et désormais ne pèche plus !”.
 

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