Appelés à recevoir Vatican II

Ministère et Vie des prêtres

Concile oecuménique Vatican II 1962-1965  
Concile oecuménique
Concile oecuménique
La réception du concile Vatican II fait l’objet de nombreuses sollicitations de la hiérarchie. Après un temps d’enthousiasme, (1965-1975), la réception ressemble à un temps de désillusion et de reprise en main. (1975-1995). L’interprétation des textes était alors, avant tout, un commentaire de textes, basée sur l’habitude ancienne de l’étude et du commentaire pièce par pièce, sans vue d’ensemble ni mise en rapport des documents conciliaires entre eux. Par exemple la prise en compte de Dei Verbum est quasi absente pendant 40 ans.

 

Depuis quelques années de nouvelles études se font jour, qui prennent davantage en compte la manière dont les textes conciliaires ont été mûris et rédigés ; les études prennent en compte la comparaison entre les rédactions successives, permettant ainsi de mieux percevoir les intuitions et les orientations voulues par les pères conciliaires. Ainsi l’on parle mieux des textes du Concile comme élaboration d’une pensée, et non comme textes de compromis. On pourra lire avec intérêt les deux récents ouvrages du père Christophe Théobald : “Dans les traces de la constitution Dei Verbum…“ et “La réception du Concile Vatican II”, tome 1, accéder à la source, en particulier la quatrième partie, p.495 à 682.

 

Ministère et vie des prêtres.

 

Le document ci-dessous, quoique trop succinct, reprend une étude du père Gilles Routhier sur le décret Ministère et Vie des prêtres parue dans la Revue théologique de Louvain, avril 2010 p.88-111. Cette étude reprend les documents intermédiaires de la rédaction du décret. Cela permet de mieux percevoir ce qui a été retenu, élagué, développé durant le Concile, en vue de produire une parole sur le ministère et la vie des prêtres pour l’Eglise du XXème siècle. En cette année consacrée au ministère des prêtres, il peut être utile d’entendre cette réflexion.

 

« Le "décret sur le Ministère et la vie des prêtres, (Presbyterorum Ordinis) rédigé par le Concile Vatican II, envisage le presbytérat à travers le prisme de l'Eglise et de son activité missionnaire. Les sous-titres du document conciliaire situent les prêtres dans l'Eglise et dans le monde. Le déplacement le plus important par rapport aux discours précédents est de tout faire dépendre de la nature missionnaire de l'Eglise, les prêtres s'intégrant désormais à la figure missionnaire dans laquelle l'ordre des prêtres occupe une place spécifique. C'est l'activité missionnaire de l'Eglise dans le monde, elle-même inscrite dans les missions trinitaires ou dans le dessein de Dieu qui fonde le ministère des prêtres, oriente leur vie et définit leur spiritualité... On ne peut réduire la spiritualité du prêtre à la seule piété... Penser le presbytérat dans la mission de l'Eglise est fréquemment remis en cause de diverses manières, soit en mettant en avant la relation au Christ, soit en isolant la réflexion sur le prêtre de la réflexion sur l'Eglise et son caractère missionnaire. »

 

Résumé des autres paragraphes:
 

Dans Presbuterorum Ordinis, après les articles 2 et 3, associés en forme d’introduction au décret, est abordé la nature du presbytérat (§2), précisant immédiatement "La condition des prêtres dans le monde" (§3). La vocation des prêtres à la perfection et à la sainteté n'est traitée que dans le troisième et dernier chapitre (§12). Il n'est sans doute pas inutile de rappeler le titre voulu par les évêques conciliaires: "Ministères et vie des prêtres", et non "Vie et ministère des prêtres".

Le père Routhier étudie le développement du décret, qui précise l'objet du ministère, dans l’ordre suivant, comme “annonce prophétique de la Parole de Dieu, célébration des sacrements et en particulier de l'Eucharistie et enfin gouvernement du Peuple de Dieu”. La figure du prêtre ainsi dessinée n'est pas celle de l'homme du sacré, mais de l'homme de la Parole. La tendance à interpoler l'ordre voulu par les pères dénature l'objet même du ministère presbytéral et entrainera d'autres modèles de formation pour les futurs prêtres.

 

Vitrail Maison diocésaine d'Arras- Ars Jean-Marie Vianney bénit les enfants  
Vitrail Maison diocésaine d'Arras- Ars
Vitrail Maison diocésaine d'Arras- Ars
Là où le concile de Trente employait le mot "sacerdos" (homme du sacré) le concile Vatican II préfère l'expression ministère presbytéral (de "presbyter", l'ancien). Ce mot presbyter, le seul employé dans les épitres pastorales, est aussi celui que retiendront les documents officiels comme les rituels des ordinations diaconales, presbytérales et épiscopales. L'assemblée des prêtres autour de l'évêque forme le presbyterium. Cet usage du mot prêtre ou ministère presbytéral a tendance à être gommé, si l'on n'y prend garde et ce, contrairement à l'injonction de l'épitre aux Hébreux qui réserve le mot sacerdos au Christ.
EH


Note: Le §2 de Presbyterum ordinis rappelle les trois fonctions de "maître, prêtre et pasteur", (prophète, prêtre et roi) soulignant la continuité dynamique de l'une à l'autre fonction. On ne peut donc réduire le ministère presbytéral à sa seule dimension sacerdotale.

(Revue théologique de Louvain, avril 2010, p. 88-111, Gilles Routhier)

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 2436 visites