FAQ-5-Evangile de Luc

Foire aux questions, section 5, ch 13, 22 à 17,10

en cours de rédaction

 

Introduction à la 5ème section

La 5ème section correspond aux chapitres 13, 22 à 17,10 a semblé plus dure que les autres.
Cela vient en partie de la longueur de la section : arrivé au ch. 16, on a déjà oublié le ch. 13. D’autre part, Luc accumule bien des éléments qui semblent disparates. Comment faire ?

 

On aurait pu dire d’avance ce qui était essentiel à lire et à retenir, ce à quoi il faut porter attention mais alors nous aurions failli au principe de lecture continue où ce qui est premier n’est pas l’acquisition de connaissances, mais de s’attacher à la personne de Jésus et à la manière dont Luc nous parle de Jésus…

 

Fallait-il dire d’avance qu’il fallait faire attention aux paraboles de la miséricorde, le perdu et le retrouvé au ch. 15 ? Fallait-il reprendre les réflexions sur l’utilisation des biens (ch.16) ? Fallait-il inviter à regarder comment Luc présente les relations entre Jésus et ses opposants ? Tout cela est fort utile. A condition de ne pas oublier la construction voulue par Luc : nous sommes sur le chemin qui mène à Jérusalem et Jésus « instruit » ses disciples, ceux qui ont répondu à l’appel “suis-moi.”. Cela était signalé en 9,51, c’est rappelé en 13, 22-23. Même s’il s’adresse un peu aux foules, Jésus rappelle avant tout aux disciples les conditions pour le suivre (14, 25-35). Ce ce que fera Simon de Cyrène: prendre la croix et marcher derrière Jésus.

 

Nous oublions sans doute trop vite que Jésus pose des conditions, des exigences pour ceux qui ont répondu. Or dans le même moment, Jésus précise le souci de Dieu d’accueillir tout homme dans sa demeure, au banquet du royaume (ch.14), juste après avoir renvoyé les pharisiens dans leur temple que Dieu abandonne, tant leur mauvaise volonté est manifeste (13, 31-35).


Paroles exigeantes et paroles de miséricorde s’entrecroisent au long de cette section au point de nous désorienter. “il fallait bien festoyer ton frère était mort le voilà revenu à la vie, perdu et le voilà retrouvé” 15,32. ou "Il est inévitable qu'il y ait des causes de chute!" 17,1. La fin de section se termine par “Nous sommes des serviteurs et n’avons fait que notre devoir !”  (17,10).

 

Invitation à lire la fiche d'accompagnement n°5

 

Plusieurs paroles dures de Jésus! On ne comprend pas.
 

"La porte étroite, la miséricorde et les exigences…? On a l'impression que Dieu rejetterait beaucoup d'humains hors de son Royaume ! Même pour ses disciples, Jésus est exigeant!"

 

Le visage de Dieu, que nous appelons visage de miséricorde, est souvent présenté au moyen d'images. Par exemple le Père envers ses deux fils (le cadet et l’autre, qu’on oublie trop souvent). Cette image invite à regarder “du côté de Dieu” et le message de Jésus/Luc est invariablement le même : il vient chercher et sauver ce qui était perdu.

 

Est-ce à dire que “du côté de l’homme on doive en profiter ?” Nulle part cela n’est écrit. Mais Jésus ne pose pas de conditions. Par exemple, Zachée ch. 19, met en œuvre une générosité qu’on n’aurait pas soupçonnée mais il n’y a eu aucune demande de la part de Jésus. Cela devrait nous faire réfléchir sur les initiatives nées de la liberté chrétienne plus que sur le principe d’obéissance (on a trop enseigné l’obéissance et pas assez la liberté d’initiative). Une autre fois, un jeune homme souhaite accompagner Jésus, mais la phrase “va, vends tout puis viens, suis-moi” lui a semblé trop dure… il est parti, et Jésus ne reproche rien.

 

Quand Jésus parle de la porte étroite, ce n’est pas pour dire que Dieu empêche d’entrer. C’est une mise en garde pour ses auditeurs et pour nous-mêmes, trop encombrés, qui n’arriverons pas à franchir la porte (=avancer vers le Royaume). Cette image de l’évangile peut être mieux comprise si l’on visualise l’arrivée d’une caravane de dromadaires aux portes de Jérusalem. Certaines bêtes, trop bien chargées de marchandises, n’arrivent pas à franchir la porte et il faut d’abord les débâter. Peut-être faut-il apprendre, nous aussi, à nous débâter pour entrer ?

 

Pour aller plus loin. La question invite à méditer une phrase de St Augustin : « aime et ce que tu veux, fais-le ». Sous le régime de la liberté, l’amour vrai est capable de discerner ce qui est le bien sans qu’il soit commandé. Autre méditation suggérée par la question, c’est la parole attribuée à Luther « Pecca fortiter sed crede fortius » (tu peux pécher beaucoup, mais croie encore plus !) Elle a été interprétée à tort comme incitation au vice. Or elle est une invitation à méditer sur l’amour de Dieu, à avoir confiance en Lui. Le croyons capable de nous aimer et pardonner notre dette au-delà du mal que nous lui avons causé ?

 

Ceci dit, devenir disciple est exigeant. Les sections 4, 5 et 6, "sur le chemin" sont avant tout un temps d'éducation pour les disciples qui ont répondu à l'appel "suis-moi!". Jésus ne se situe pas comme un donneur d’ordres difficiles à exécuter sans réfléchir. Bien au contraire, il invite à réfléchir sur les choix que nous faisons. Par exemple “je veux bien te suivre… mais laisse-moi d’abord faire ceci, cela”. Plus loin, il invite au festin, mais on a des excuses pour aller ailleurs!  Jésus ne rejette pas le respect filial dû aux morts. (relire FAQ 3, les exigences) Mais il y a une urgence à annoncer la parole.  Dans le même sens, Jésus dit encore « Ne vous attardez pas en salutations”… pas de temps à perdre pour annoncer.

 

N'y aura-t-il que peu de gens sauvés?

 

Qui sera sauvé?  Le Christ s’inspire de l'image du chameau trop chargé pour faire entendre que nous sommes bien trop encombrés de tout. Nous sommes invités à sa suite à servir et non être servi. Combien seront sauvés? nul ne sait, beaucoup si l'on comprend Luc, trés beaucoup si l'on connait l'apocalyse de Jean: 144.000 élus, et derrière, une foule immense que nul ne pouvait dénombrer. Je ne connais pas l’endroit où Jésus parle de clé et de porte fermée, mais je sais par les attitudes de Jésus et ses paraboles que son Père accueille tout homme et femme qui vient à sa rencontre (cf. la femme chez Simon ch.7, accueillie et pardonnée avant qu’elle n’ait dit un mot, ou le fils cadet de retour ch.15, ou les invités au festin (14,16-20). Ce sont de sinistres prédicateurs qui ont, hélas, enseigné la peur de Dieu et le risque d’être refusé par Lui. La pédagogie de la peur ne fait pas partie des techniques utilisées par Jésus pour parler avec autorité. Méfions-nous des fausses images de Dieu enseignées sans mesurer combien elles sont éloignées de l’Evangile de Jésus-sauveur.
 

Pourquoi Jésus félicite le gérant malhonnête? L'argent trompeur.

 

Le mauvais gérant. (Luc 16 - 1 à 13). Cette parabole est surprenante, en raison de l’exemple même que Jésus a choisi. Plusieurs ont écrit : "Pourquoi Jésus félicite la malhonnêteté du gérant ?"

Est-ce bien ce qui est écrit ? Il faut se souvenir que Jésus utilise, pour bien des paraboles , un “fait divers” connu de beaucoup. Que ce fait divers ne “colle pas à 100 %” avec l’idée qu’il développe, cela est toujours possible. En relisant le texte de l’évangile, pouvez-vous dire que Jésus félicite la malhonnêteté ? Jésus “fit l’éloge du gérant trompeur” parce qu’il avait agi avec habileté. Jésus garde le qualificatif de trompeur, (il n’est pas dupe de la situation) et il félicite l’habileté du gérant, non la malhonnêteté. La comparaison que Jésus va développer c’est sur le constat que les fils de lumière sont moins habiles pour gérer les affaires de Dieu que ne le sont les fils du monde pour leurs propres affaires. (Nous pourrions aisément faire la comparaison aujourd’hui entre la publicité pour tel objet de mode et la publicité pour annoncer Jésus et son Eglise !).

 

Je complète cette réflexion par une observation sur le rapport à l’argent. Nous en avons fait une telle idole qu’il est devenu un absolu (l’argent pour l’argent) et non un moyen. Il semble bien que pour le monde ancien (chez les romains le clientélisme ou l’évergétisme), l’argent est fait pour servir. Dans le monde de l’évangile, à plusieurs reprises il est demandé ce que l’on fait de l’argent. Dans la parabole du “riche insensé, 12, 16-21, à propriétaire qui amasse et qui meurt le soir même il est reproché d’avoir amassé pour lui-même. De même pour le riche et Lazare, il ne lui est pas reproché d’être riche, mais de ne pas avoir ouvert la porte à celui qui n’avait rien. Je m’en suis un peu expliqué dans la FAQ 3.Dans le modèle actuel de financiarisation à outrance, c’est la recherche de l’argent pour l’argent… c’est un autre monde que celui de l’Evangile et de la doctrine sociale de l’Eglise, qui prône encore et toujours la destination universelle des biens.

 

Quelques-uns se sont étonnés de l'injustice de Dieu qui pardonne même si on ne l'a pas mérité! Mais qui donc pourrait ainsi mériter quelque chose et le revendiquer devant Dieu? Là réside le mystère de la foi comme l'affirmaient les évêques de France, parole redite à chaque eucharistie: "Il est grand le mystère de la foi... On ne peut comprendre que Dieu s'inrésse à ce point à nous-mêmes...

 

Pourquoi le fils ainé ne rentrerait-il pas pour le festin?

 

Surprenante et édifiante tout à la fois cette troisième parabole sur le perdu et le retrouvé. Le chapitre 15 est constitué d'une cascade de trois exemples: la pièce perdue, la brebis perdue et enfin le fils perdu. Les trois paraboles insistent sur la joie que le perdu soit retrouvé, mais en aucun cas, le perdu n'a "mérité" d'être réintégré. Le fils cadet de retour n'a pas le temps de s'exprimer que le Père l'a déjà accueilli, embrassé, rhabillé à neuf et commandé le festin (cela ressemble à l'attitude de Jésus pour la femme rencontrée chez Simon, ch.7). Ainsi en est-il de Dieu à notre égard. Cela ne signifie pas que nous ne devons rien faire, la parabole est avant toou invitation à croire en l'amoour de Dieu à ntore égard, au-delà de tout ce que nous pourrions imaginer... il suffit de savoir nous retourner verss Lui.

 

Et le fils ainé, comment comprendre? Jésus témoinge d'une bonne connaissance de la psychologie des fgens qjui n'ont jamais rien fait de mal. La parabole est à lire à un secon niveau, pas seulement au sens littéral, mais au sens symbolique. Que de fois le Christ n'a-t-il rencontré des gens "parfaits" qui considèrent n'avoir rien à recevoir de lui, et qui critiquent aisément l'attitude du Christ qui fréquente les pécheurs et les exclus... Voous aurez reconnu l'attitude de nombre de scribes et pharisiens. Mais il est permis de penser que Luc a une autre intention. Le fils ainé et le fils cadet pourrait représenter l'ensemble de l'humanité, d'une part les permiers à avoir reçu la promesse, c'est Israël, le peuple élu. Le fils cadet représente le reste de l'humanité, les païens ces pécheurs que l'ainé dédaigne, et qui auront part au banquet avant les autres (relire Jonas, la reine de Saba ou Sodome). L'histoire des deux fils c'est l'histoire à laquelle Paul sera confronté dans sa prédication, pour aboutir au constat que les païens eux, accueillent la Parole de Jésus alors que ceux à qui elle était destinée la refusent. (Actes 14 44-48 et Actes 28, 28) 

 

La parabole du riche et Lazare. Tous les riches sont-ils condamnés?

 

Les fils d'Abraham, Bourges Abraham  
Les fils d'Abraham, Bourges
Les fils d'Abraham, Bourges
  Nous connaissons bien cette parabole, elle est facile à retenir car il y a une ligne de démarcation à ne pas franchir: le pauvre (bon) d'un côté et le riche (mauvais) de l'autre, mais est-ce cela que Jésus veut dire. il y a une histoire imaginée (parabole) en vue de produire du sens. Ce sens nous est donné par la dernière phrase: s'ils n'écoutent pas ni Moïse ni les prophètes, même si quelqu'un ressuscite des mortds, ils ne seront pas convaincu!". Si on lisait les dernières paroles de Paul aux juifs à la fin des Actes (28,27): peuple dur d'oreille, qui se bouche les oreilles, pour ne pas entendre et ne pas voir... C'est de l'ordre du constat plus que de la condamnation. Cétait dit en d'autrres termes à propos de Jean-Baptistes: qu'êtes vous allés voir au désert... suivi de "les pharisiens et les légistes ont refusé le dessein que Dieu avait poour eux en ne se faisant pas baptiser par lui. Ce récit se oursuit par une autre parabole celles des enfants qui jouent un aire de fête... qui jouent un air de deuil et la seule réponse est une fin de non recevoir, d'où cette parole: Nous avons joué de la flûte et voous n'avez pas dansé, nous avons entonné un chant funèbre et voous n'avez pas pleuré. Aucune parole de Dieu ou de ses envoyés n'est accueilli. Que ce soit Jean-baptiste avec son accoutrement d'ascète, que ce soit Jésus désigné comme glouton et ami de spécheurs, on a tooujours de bonnes raisons pour ne pas entendre! Ce n'est pas être riche qui est condamné, ou pauvre qui est valorisé ici, mais l'aptitude à entendre ou non la voix des pauvres et la voix des prophètes. La quedtion que vient nous poser Jésus:" l'argent est-il un mur ou un liant entre les personnes?"

 

Que signifie l'expression Fils de l'homme?

 

"Fils de l’Homme" est une “expression consacrée” utilisée d’abord dans le livre de Daniel, livre de la littérature apocalyptique dont on était friand à l’époque de Jésus. Daniel y annonce la venue d’un envoyé de Dieu, désigné sous le titre énigmatique de “Fils d’homme”, venue dans les nuées, donc de la part de Dieu, qui recevrait la terre en héritage (ch.7) et l’hommage des nations pour l’éternité. Les chrétiens y ont vu une allusion au Christ.

 

Le Christ a pu employer cette expression pour parler de lui à la troisième personne, mais ce sont surtout les premiers chrétiens qui ont appliqué à Jésus cette expression comme celle de la "Seigneurerie de Jésus" (cf. Actes 2,36 : “Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié.").

 

Jésus avait-il conscience d’être fils de Dieu? A une certaine époque, on a beaucoup parlé de conscience divine et conscience humaine, de conscience divine et de conscience humaine. Prudence, car nous affirmons que Jésus est tout à la fois vrai Dieu et vrai homme. Vouloir tenir les deux semble mission impossible. Les explications que nous donnons ne peuvent prétendre expliquer l’inexplicable. Invitation à lire dans Théo 1ère édition, p.-670, 672, 677, 689 ou, édition 2009, p. 675-676.

 

 

 

 

 

 


 

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