Avant de tourner la page

Edito, n° 13 Eglise d'Arras

(Dossier n° 13: catéchèse à tous les âges)

Catéchèse à tous les âges n’est sans doute pas le titre le plus approprié pour inaugurer le numéro de juillet, mais les comptes rendus parvenus à la rédaction invitent à ne pas trop vite tourner la page, à porter un dernier regard sur l’année et à rendre grâce, avec des recommençants, avec des enfants, avec des aînés en maisons d’évangile ou des enseignants. Au moment où beaucoup rangent leurs dossiers et leurs livres scolaires, où d’autres délaissent le lieu de travail pour prendre quelques loisirs, respirer et relaxer les neurones hypertendus, au moment où l’on cherche à établir d’autres modèles de relations, il est utile de regarder le chemin parcouru, par nous-mêmes ou par d’autres, afin que la parole de l’Evangile soit entendue, et que grandisse la relation à Jésus-Christ et aux autres membres de la famille humaine. Un ami nous a quittés, un autre passe le relais, n’est-ce pas à chaque fois occasion de rendre grâce, à la manière de saint Paul ? Dans la plupart des épîtres à ses correspondants, même s’il à quelques remarques à émettre, il commence par l’action de grâce pour les dons reçus de Dieu et mis en pratique.

 

C’est pourquoi, avant de passer à autre chose, les disciples du Christ peuvent s’arrêter quelques instants et, à l’aide du calendrier, se remettre en mémoire une année aux multiples couleurs : joies et espoirs, tristesses ou angoisses, moments forts ou moments pénible. En effet, ce qui a fait le quotidien de l’existence peut être relu et offert au Seigneur.

 

Qu’y a-t-il eu (qu’avons-nous retenu) au cours de ces mois d’octobre, novembre ou décembre ? De quoi le premier trimestre 2010 a-t-il été porteur, pour nous-mêmes et nos proches, pour l’Eglise, pour le monde ? Sans doute un jour ou l’autre a-t-on pu se sentir agressé ou consterné : le visage du Christ présenté n’est pas toujours celui que l’on aurait aimé présenté. Mais n’y a-t-il pas eu dans le même temps de nombreux signes d’espérance, de sollicitude et d’amour des uns envers les autres ? N’y a-t-il pas eu aussi le souci de se rendre proche du frère, tout comme le Christ a su le faire ?

 

Le dernier communiqué du Conseil Famille et Société de l’épiscopat invite à restaurer la confiance. S’agissant du G.20, nous pourrions dire que cela ne nous concerne pas, que ce n’est pas à notre niveau ! Telle est en effet la tentation du repli et de la désertion : “Une économie ordonnée au bien de tous”, cela peut sembler tellement utopique…, surtout si l’on reste en dehors. Mais lorsqu’un témoin écrit : “Quand je fais le signe de la croix, je pense à ce que je vais faire de ma vie, de ma journée, de ce moment. Je me souviens de mon baptême”, alors le monde peut être sauvé, car rien de ce qui est humain n’est étranger à ce disciple de Jésus.

 

Au moment de fermer livres et dossiers, plus d’un a déjà regardé ce que sera la prochaine rentrée : scolaire, sociale, catéchétique. A tous les âges de la vie, en toute circonstance peut briller la lumière du Christ que nous avons reçue. Elle est portée en de fragiles vases d’argile… elle est faite pour éclairer tous ceux qui gravitent par monts et par vaux, et ils sont nombreux, riches et lointains qui manifestent ou manifesteront de l’intérêt pour rencontrer Jésus selon les évangiles et selon les témoins qui l’annonceront, quel que soit leur âge.
Abbé Emile Hennart
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 1320 visites

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