Disciples au cœur du monde

Edito N°14 Eglise d'Arras

L’entrée en septembre provoque chacun à regarder devant soi, à espérer du neuf et vouloir prendre sa part pour un monde meilleur, plus juste, plus humain. Souci pour les enfants et leur avenir, souci pour les aînés et les retraites, précarité de l’emploi, ce sont les sujets de l’immédiate actualité qui nous touchent. Mais les bruits du monde entendus hier et avant-hier peuvent-ils s’oublier ? Les catastrophes au Pakistan, en Inde et en Chine ou en Russie, le tremblement de terre en Haïti, tout cela continue à peser durement sur des centaines de millions d’êtres humains. Il est des urgences qui durent et des gens dont la vie dépend de l’intérêt qu’on leur portera.

 
solidarite terre solidarite terre   Si la vie économique et les affaires économico-politiques ont marqué le pas durant l’été, la vie sociale, pas aussi sociale qu’on ne l’affirme, a marqué les dernières semaines. Il n’est pas de semaine sans qu’un camp de migrants n’ait fait l’objet de démantèlement en Nord-Pas-de-Calais. Puis ce fut l’opprobre jeté contre les familles de Roms et leurs expulsions du territoire. Quelques réactions se sont fait entendre, dont celle, en langage diplomatique, de Benoit XVI invitant ainsi les parents : “Puissiez-vous éduquer vos enfants à la fraternité universelle…” En janvier déjà, lors de l’angélus, il avait rappelé : “Un immigré est un être humain, différent par son origine, sa culture et sa tradition, mais il est une personne qui jouit de droits et de devoirs et qui doit être respectée".
Nos oreilles ont pu entendre, début juillet, la parabole du bon samaritain : “lequel s’est fait prochain de l’homme blessé ?”. La question retentit toujours. Des hommes, croyants ou lointains de l’Evangile, entendent et répondent à l’attente de ceux que les calamités atteignent dans leur chair. On peut aussi organiser une société pour faire taire les bruits du monde qui dérangent.
 
C’est à ce monde tel qu’il est, avec ses richesses et ses pauvretés, avec ses solidarités et ses refus que nous sommes appelés à annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus, venu pour que tous aient la vie, la vie en abondance. Nous n’avons pas les réponses à tout, mais notre esprit et notre cœur doivent tenir à partager “les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent”. A moins de vivre hors sol, indifférents à la vie quotidienne des hommes, personne ne peut demeurer indifférent devant les drames humains. Les disciples n’ont-ils pas à être levain dans la pâte ?
 
Certains estimeront qu’il ne faut pas tout mélanger, et qu’il vaut mieux restaurer l’ordre ancien comme au XIXème siècle. Pourtant les derniers papes de ce siècle-là, mais aussi, plus proches de nous, Jean XXIII, Paul VI ont promu la solidarité avec toute la famille humaine en vue du développement des peuples et de l’annonce de l’Evangile.
 
Nous avons à tirer de notre héritage du neuf et du vieux. N’est-ce pas ce que le Christ souhaitait pour ses disciples, à la suite des paraboles sur la semence et le champ, le commerçant et la perle, le pêcheur et son filet. En invitant à renouveler la mise en œuvre de la catéchèse, notre évêque nous invitera à un changement d’esprit ; c’est tout autre chose que de changer de programme.
 
Abbé Emile Hennart
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