Nous sommes des serviteurs ordinaires

27ème dimanche ordinaire

Habacuq 1 2-3 et 2, 2-4 ; 2 Timothée 1, 6-14 ; Luc 17, 5-10

La progression dans la lecture de l’Evangile de Luc, au fil des dimanches, nous propose ce dimanche la fin d’une section où le Christ, sur le chemin vers Jérusalem, continue l’éducation des disciples qu’il a appelés (Luc 13,22 à 17,10).

 

Après avoir montré la figure d’un Dieu de miséricorde, au-delà de ce que la raison humaine peut imaginer (un père et ses deux fils, la brebis perdue…) Jésus avait entretenu ses disciples sur le rapport à l’argent : l’argent deviendra-t-il un liant entre les gens : “faites-vous des amis avec l’argent trompeur”, ou l’argent dresse-t-il des murs entre les gens : “Lazare et le riche”.

 

La conclusion de cet ensemble se trouve dans l’évangile de ce jour, qui est une parole adressée à ceux qui l’ont suivi. On imagine bien la question des apôtres : “si on a tout bien fait, quelle sera notre récompense ?” Comme à son habitude Jésus répond sous forme de mini-parabole : le retour du maître à la maison. Il ne vient pas pour distribuer des récompenses aux serviteurs : ils n’ont fait que leur devoir. Ce doit être une dure leçon pour la plupart de nous, alors que l’éducation, hier comme aujourd’hui utilise le bâton et la carotte, la punition et la récompense pour faire mouvoir les gens dans leur comportement.

 

Même dans l’Eglise combien de fois n’a-t-on entendu le discours de récompense : “si ce n’est pas ici-bas, ce sera dans l’au-delà !”. Ce n’est pas le discours de Jésus envers ses disciples, au moins pas ici. Il nous faut entrer dans cette certitude : nous sommes des serviteurs ordinaires, nous n’avons fait que notre devoir. Servir Dieu de ton son cœur et aimer son prochain de même, nous sommes tous d’accord là-dessus… mais ce serait bien s’il y avait une récompense. Il fut un temps où l’on payait pour avoir des indulgences, en quelque sorte un ticket d’accès là-haut. Pourtant, depuis saint Paul, nous devrions savoir que ce n’est pas en raison de nos actes et de nos œuvres que nous aurons accès à la maison du Père, mais à cause de l’amour que Dieu nous porte et de la confiance que nous aurons eu envers les Paroles de son Fils. “J’ai confiance que le Seigneur m’accueillera… entre tes mains, je remets mon Esprit !”

 

Les quelques lignes de l’Evangile de ce dimanche peuvent aisément être relues pour nous-mêmes, qui nous interrogeons sur le sens de ce que nous faisons : nous continuons à travailler dans le champ du Seigneur, au milieu d’une humanité souffrante et bien souvent mal traitée par les puissances, qu’elles soient d’argent ou de pouvoir. Nous continuerons à travailler dans le champ du Seigneur sans rien attendre en retour, sinon e nous savoir près de lui, et lui près de nous.

 

Dans notre diocèse, de nouvelles orientations pour annoncer la Parole sont actuellement proposées. Elles en étonneront plus d’un à cause de l’ouverture d’esprit et de la proposition de se considérer comme frère aîné et non comme enseignant. Certains auront envie de s’arrêter, d’autre essaieront de travailler avec les nouveaux outils proposés. La seule récompense est de percevoir la joie des personnes qui découvrent la maison du Seigneur Jésus. Dans cette maison, on ne restaure pas le passé, on invente l’avenir où Dieu entre en dialogue avec chacun de nous commeavec des amis. Cela vaut tout l’or du monde. EH
 

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