Dieu de miséricorde, frères dans la foi

Edito Eglise d'Arras 15-2010

La progression des lectures d’Evangile, les dimanche de septembre, nous fait entendre ces jours-ci les trois paraboles du perdu-retrouvé : la pièce de monnaie perdue, la brebis égarée, le fils retrouvé. Ces paraboles sont la réponse que Jésus adresse aux sages et aux docteurs de la Loi, aux scribes et pharisiens qui lui reprochaient de faire bon accueil aux pécheurs et de manger avec eux… ces pécheurs et publicains venus en foule pour l’écouter.

 

C’était hier sur le chemin vers Jérusalem, mais c’est sans doute encore aujourd’hui que des gens reprochent à l’Eglise de s’être fait proche des pauvres et des exclus, des sans-riens et des vauriens, des derniers de la société. Or, des chrétiens, au nom de Christ et de leur solidarité, vont parfois jusqu’à partager un quignon de pain ou un bout de toit avec eux. Le frère aîné de la parabole est celui qui refuse de partager la joie des retrouvailles de son père avec celui qui revient de loin.

 

A Jean XXIII qui proposait d’ouvrir portes et fenêtres, certains préfèrent qu’on montre patte blanche avant d’accéder au lieu saint où eux-mêmes président la prière in personna Christi. L’expression frère aîné dans la foi vient juste à propos secouer les mentalités afin d’oser devenir frère de l’autre, tout comme le samaritain s’est fait frère de l’étranger tombé sur le chemin. Frère dans la foi est une manière de se comprendre disciple du Seigneur, non pas celui qui sait et enseigne à l’ignorant, mais celui qui accompagne l’autre en chemin vers le Seigneur. Quels regards sommes-nous prêts à porter envers l’autre, proche ou lointain, regard à l’image du berger qui porte la brebis ou de la ménagère qui a retrouvé son petit trésor.

 

Pour beaucoup, le fardeau de la vie est si lourd à porter qu’il n’appartient pas aux disciples du Christ d’en rajouter ; il leur appartient de vivre le chemin de miséricorde qui fut celui du Christ, tel que Luc l’a présenté au long de l’Evangile. Luc n’hésite pas à faire entendre les reproches adressés au Christ : ivrogne et glouton, ami des pécheurs… prophète qui ignore les péchés de cette femme éplorée, etc., cf. Luc chapitre 7. Chaque génération a ses purs et ses impurs.

 

Ainsi l’expression “frère aîné” peut recevoir plusieurs sens, même dans l’Ecriture. Ne nous trompons pas de sens afin de savoir témoigner en toute sérénité de la miséricorde du Père.
Abbé Emile Hennart
 

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