Convaincu d’être juste... et méprisant

30ème dimanche ordinaire

Ben Sirac, le sage, 35, 12-18 ; 2 Timothée 4, 6-8.16-18 ; Luc 18, 9-14

 

La parabole intitulée “le pharisien et le collecteur d’impôts” est très connue. Certains sont assurés de leur justesse, de la justesse de leur vie et considèrent le reste de la société avec dédain. En peu de mots Jésus décrit une situation qu’il a d’abord observé. Sur le chemin, il n’est pas encore arrivé à Jérusalem où le combat avec les autorités deviendra féroce. Mais dès à présent Jésus à osé exprimer son regard, exprimer aussi le sentiment, partagé par beaucoup, d’être considérés comme des moins que rien, des impurs et des pécheurs…

 

Ainsi en va-t-il quand, il y a quelques années on parlait de ceux d’en-haut et de ceux d’en-bas… ou du pot de terre contre le pot de fer, expression bien plus ancienne. Quoi qu’on dise, la réussite économique prodigue des qualités de supériorité qui rendent l’autre minable… minable dans tous les sens du terme. Aussi cette parabole vaut pour toutes les générations. Sans doute on prêchera l’humilité à partir de ce texte et on développera l’appel à la conversion. Mais il faudra aussi apprendre à regarder les réalités du monde d'aujourd'hui avec les yeux mêmes de Jésus quand il regardait la société de son temps. Rien de nouveau sous le soleil, disait déjà l’ecclésiaste. En rester à une histoire "du temps de Jésus" serait éviter de regarder notre temps ! Si Jésus parle à tous vents, de même nous avons à parler tout haut, et non à chuchoter dans le silence de nos obscures chapelles. Combien de fois n’ai-je entendu “de qui se moque-t-on ?” à propos des rapports sociaux... Il y avait un pharisien sûr d'être écouté de Dieu et qui méprisait celui qui ne se jugeait pas digne de prier Dieu. Et Jésus, comme bien souvent renverse les valeurs communément acquises, comme le priait la vierge Marie.

 

Combien de fois, en Maisons d’Evangile, n’a-t-on entendu des personnes oser exprimer leur souffrance d’être considérées comme des personnes de second rang… à l’image de ce collecteur d’impôt ; “je n’ai pas tout fait bien”, “je suis divorcée”, “je me suis disputée avec la catéchiste ou le curé”, ou “à cause d’un deuil je me suis éloigné de l’Eglise” ou encore, “j’ai déménagé et j’ai perdu mes repères”…

 

Combien d’hommes et de femmes que nous côtoyons ressemblent à ce collecteur d’impôts, conscient de ses faiblesses, tandis que d’autres s’installent au premier rang pour parader devant l'assemblée, convaincus d’être dignes de Dieu, pas comme ces gens ci-dessus cités. Suffira-t-il d’entendre les belles paroles de la nouvelle catéchèse pour désormais reconnaître que ces petites gens sont autant aimées de Dieu que les habitués des premières places, ceux qui paradent ? Souhaitons que cela transforme le regard et le coeur. 

 

Cette parabole nous rappelle, une fois de plus, que Dieu aime la prière du pauvre, que nous pouvons compter sur son pardon  et sa midéricorde. Bientôt, Zachée lui aussi découvrira qu'il compte beauoup dans la coeur de Jésus, lui qui croyait ne compter pour rien et se cachait pour s'approcher de Jésus sans être vu. Puisse cette certitude nous redonner confiance, les jours de désespoir. Puissions-nous aussi redonner espoir autour de nous en tendant la main, en nous rendant proche de tout homme habité par la mésestime : pour lui aussi Dieu s'est rendu proche en Jésus-Christ .EH
 

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