Joseph, Marie et Dieu-avec-nous

4ème dimanche de l'avent

Isaïe 7, 10-16 ; 1 Romains 1, 1-7 ; Matthieu 1, 18-24

 

Que de questions n’a-t-on pas posées à Marie et Joseph, davantage sur la virginité de Marie que sur la venue de Dieu dans notre monde en Jésus. J’ai fort apprécié la manière dont un exégète au siècle dernier aborde cette question : les chrétiens, jusqu’au IVème siècle, disait-il ont eu suffisamment de pudeur pour ne pas poser cette question à Marie. Est-ce à dire que nous manquerions de pudeur aujourd’hui ? N’est-ce pas plutôt que nous trouvons “normal” que Dieu, l’au-delà de tout, se soit fait le plus petit de tout, fils d’homme, né d’une femme.

 

Même si Saint Paul insiste sur “selon la chair”, nous avons quelques difficultés à reconnaitre Dieu ce fils d’homme venu en notre chair. Notre éducation a peut-être trop insisté sur le surnaturel et trop peu médité sur “l’un d’entre nous”. Comment comprendre la réticence de Saint Joseph sinon comme un refus de l’incarnation, “Dieu avec nous, Emmanuel”, est-ce possible ?, avec ce complément : Dieu sauve ! Ce mystère, cette chose incompréhensible, c’est que Dieu désire entrer en dialogue avec nous, nous faire entrer dans sa communion. Il attende notre réponse ! (Benoit XVI, Verbum Domini §22-25). Si nous parcourons l’Ecriture, nous découvrons que les prophètes, hommes de Dieu et personnages “sacrés” sont ceux qui ont osé entrer en dialogue avec Dieu, l’écouter et lui répondre, à commencer par Abraham (Genèse ch. 12-25), ou Moïse, Exode ch. 3, ou encore Isaïe, même s’il fait un pas en arrière quand il est appelé, tout comme Marie, selon Luc.

 

La figure de Joseph, qui nous est donnée en méditation pour cet évangile du 4ème dimanche de l’avent, est ainsi une illustration de “nous-mêmes devant Dieu” : se poser des questions, entrer en dialogue, s’interroger sur soi-même et sa famille, et finalement répondre… “Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit, il prit chez lui son épouse…”

 

Ainsi en est-il de Marie, comme de Moïse ou d’Abraham ou encore d’Amos ou Osée, de Paul et Barnabé et combien d’autres. Ceux qui restent au bord du chemin à regarder en attendant que cela passe, ceux-là n’entrent pas dans l’équipe des amis de Jésus. “Qu’êtes-vous allé voir au désert”, demandait-il dimanche dernier !).


A nous maintenant de prendre la route, avec Marie et Joseph, avec Jésus et toux ceux qui nous ont précédés sur ce même chemin ! Abbé Emile Hennart
 

Bethléem, tapisserie à l’hôtellerie du patriarcat latin. Il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie.  
Bethléem, tapisserie à l’hôtellerie du patriarcat latin.
Bethléem, tapisserie à l’hôtellerie du patriarcat latin.

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