FAQ-2 Actes 3 à 5

Réponses aux questions. La communauté à Jérusalem

 

Pour lire avec intérêt les réponses aux questions ci-dessous, il est utile d’avoir lu d’abord les chapitres 3 à 5 des Actes des apôtres. [Guérison du boiteux de la belle porte et arrestation de Pierre et Jean;partage des biens oui mais Ananie! nouvelle arrestation de Pierre.] 

La fiche d’accompagnement 2 apporte déjà quelques précisions. Dans les différentes maison d'Evangile, au fil de la lecture, de nouvelles questions voient le jour. Merci aux correspondants d'avoir bien voulu les rapporter.

 

Pourquoi Pierre et Jean et les chrétiens vont-ils encore au Temple ?


On peut s’en étonner, tant on nous a dit et redit que le christianisme était une "nouvelle religion"… aujourd’hui sans doute, mais pas pour les premiers chrétiens: ils étaient Juifs et les disciples de Jésus. Il formaient un courant à l’intérieur du Judaïsme. Il en était de même pour les disciples de Jean-Baptiste : un courant dans le judaïsme… ; Il y avait de nombreux courants dans le judaïsme, et ils étaient moins sectaires que nous. [Pour mémoire : sadducéens, pharisiens et scribes, hérodiens, zélotes, esséniens, etc.].

 

Saint Paul converti s’est toujours affirmé pharisien, fils de pharisien, et même irréprochable Philippiens 3,5. Au début presque tous les chrétiens étaient des Juifs ; Paul annonce la Parole d’abord dans les synagogues La rupture entre christianisme et Judaïsme s’est faite progressivement à cause de la non-exigence de circoncision pour les baptisés venus du paganisme. (Voir discours à Antioche Actes 13 puis l’assemblée de Jérusalem ch. 15. La rupture définitive s’est faite après la prise de Jérusalem par les romains.

 

Ce sont des pharisiens qui ont essayé de reconstruire le judaïsme sur les restes d’après la désolation. Ils ont introduit des règles pour resserrer la religion juive et ont introduit le rejet de toute personne confessant le Christ comme messie. C’était dans les années 80-90, dans l’école (ou collège) de Jabné, ouverte par le pharisien Ben Zakkaï avec l’autorisation de Vespasien. Mais très tôt les chrétiens avaient pris l’habitude de se réunir dans leur maison pour célébrer ce que nous appellerons l’eucharistie et l’écoute de l’enseignement. (Z=Ac. 2,42)

 

Jésus a-t-il changé de religion?

 

On parle de baptême pour Jésus, mais c'est le baptême d'eau, selon Jean-Baptiste. Jean reprend une tradition fort ancienne, développée en certains groupes religieux: plus que l'aspersion ou ablution, le bain rituel exprime dle désir de changer de vie, de se convertir à la vraie foi et respecter toute la Loi. Les gens qui viennent au Jourdain espèrent que Dieu entende leur appel. 

Plus tard, les chrétiens reprendront le rite de Jean poour signifier "être plongé en Christ" et recevoir la vie de Dieu (comme le Christ passe par le tombeau et la mort, ainsi le baptisé passe de la mort à la Vie. Jésus ne change pas de religion. Il a suivi en tout la tradition juive. Les apôtres non plus ne changent pas de religion voir ci-dessus). Ils font partie du peuple juif, au sein d'un courant particulier qui reconnait en Jésus celui dont ont parlé les prophètes. 

 

Les apôtres avaient-ils déjà fait des guérisons ?


Actes ch. 3 la guérison du boiteux de la Belle Porte. Le récit de la guérison ressemble à bien des Pierre, Jean et le boiteux Pierre, Jean et le boiteux    récits de guérisons faites par Jésus, rapportées dans les évangiles : présentation des personnages, dialogue, guérison, réaction de l’assistance. Ce faisant, Luc signifie qu’il n’y a pas de rupture entre la pratique libératrice de Jésus et celle les disciples. Le récit commence par présenter la routine de vie d’un handicapé, qui reste à la porte du Temple. Machinalement il demande des secours.

Le jeu des regards va changer le rapport entre les personnages : du verbe le plus usuel :“il vit” Pierre et Jean, on passe à autre chose : Pierre fixe les yeux sur lui, l’interpelle par “regarde-nous” qui doit sans doute secouer l’homme habitué au geste machinal de tendre la main Temple de Jérusalem. Plan supposé, aucune trace n'ayant pu être relevée après la destruction par Titus Temple de Jérusalem - Plan  
Temple de Jérusalem. Plan supposé, aucune trace n'ayant pu être relevée après la destruction par Titus
Temple de Jérusalem. Plan supposé, aucune trace n'ayant pu être relevée après la destruction par Titus
ou la sébile. L’homme alors les observait. Pierre rend présent le Christ ressuscité : “au nom de Jésus Christ, le nazoréen…” La foule ne conteste ni ne nie la guérison : les gens sont stupéfaits, désorientés. Le fait de la guérison n’est contesté par personne. Pierre dans un premier discours donne son interprétation de l’évènement par un début de catéchèse sur Jésus.

 

La contestation qui va bientôt s’élever provient du camp des prêtres, sadducéens et commandants du Temple, chefs, scribes et anciens…, ceux-là mêmes qui avaient condamné Jésus. Leur contestation porte sur le fait d’en avoir appelé au Nom, ce nom de Jésus interdit depuis un certain vendredi saint. Tout comme Jésus dès le début de son ministère est contesté par les autorités, de mêmes les disciples, dès le début de leur ministère sont contestés.

 

Sidérés par la foi de Pierre pour une guérison !


Certains ont exprimé combien ils ont été sidéré de la foi de Pierre : il lui suffit de prononcer le Nom de Jésus ! Je pense que la force de foi ne repose pas seulement sur la guérison, mais sur l’aptitude à parler et même à dénoncer tout l’exaction commise par les responsables juifs à l’égard de Jésus : en 2, 36 : “Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié." Il fallait oser !

 

Pierre recommence devant le sanhédrin en 4,10 : “c'est par le nom de Jésus Christ le Nazôréen, celui que vous, vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c'est par son nom et par nul autre que cet homme se présente guéri devant vous”. Etienne lui non plus ne mâche pas ses mots : lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Ils ont même tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du juste, celui-là même que maintenant vous avez trahi et assassiné (7,52). Paul dit des choses semblables, mais c’était devant les Juifs d’Antioche de Pisidie (Actes 13-29)

 

Petite précision sur l’âge du boiteux guéri : en ajoutant que l’homme avait plus de 40 ans Luc veut sans doute insister sur la longue durée (40 ans c’est le temps d’une génération) d’une vie misérable menée par cet homme, et il ne pouvait donc plus rien espérer. Or l’inattendu est survenu dans sa vie à cause de ce Nom de Jésus. En guérissant l’infirme, Pierre a fait beaucoup plus que lui supprimer son handicap physique: il l’a réintroduit dans la société, il lui a donné la possibilité d’entrer dans le Temple et de louer Dieu ! Cela remet en cause l’ordre établi, ainsi que les places respectives des différentes catégories sociales et religieuses, l’argent ne joue là aucun rôle. Des liens sont créés entre les apôtres d’une part, le mendiant d’autre part, mais aussi avec la foule ; c’est là, dans ces liens que se joue la rencontre du Christ.

 

Y a-t-il eu plusieurs pentecôtes ?
 

 

Pentecôte. Y a-t-il eu plusieurs pentecôtes? Pentecote  
Pentecôte. Y a-t-il eu plusieurs pentecôtes?
Pentecôte. Y a-t-il eu plusieurs pentecôtes?
En lisant la fin du récit de guérison, quand Pierre et Jean ont rejoint la communauté : à la fin de leur prière, le local où ils se trouvaient réunis fut ébranlé : tous furent remplis du Saint-Esprit et disaient avec assurance la Parole de Dieu. En d’autres endroits encore, on retrouve le don de l’Esprit, par exemple chez Corneille (Ac. 10, 44-48 et Ac. 11,15 ; 19,2-6°…)
Autre remarque : à propos de la nouvelle Pentecôte au ch. 4, 46 : l’Esprit-saint est associé avec dirent avec assurance la parole. Souvent nous associons Esprit et don de guérison ou Esprit et don de louange. Pour Luc Esprit est associé avec annonce et proclamation de la Parole, à temps et à contretemps !

 

Comment comprendre “il enverra” et il faut que Jésus demeure au ciel ? 3, 20 et 21
 

 

La difficulté vient de la distinction entre “Christ est venu” et “Christ reviendra”. C’est une “note eschatologique”, c'est-à-dire que Luc renvoie aux derniers temps. Entre aujourd’hui et le dernier jour, Jésus est auprès de Dieu, il ne fait plus partie du monde des vivants de la même manière que du temps de sa présence physique. C’est son Esprit qui nous accompagne. La conversion demandée aux juifs venus au Temple c’est “afin d’être là au moment de la restauration du Royaume” (=“quand tout lui sera soumis”, écrit Paul cf. 1 Co 15, 27-28, ou encore Hébreux ch. 2).

 
Sur l’affirmation “Christ qui vous est destiné” : c’est une certitude, pour Paul comme pour Pierre, que l’Evangile est d’abord destiné à “vous les juifs”. Paul précisera, à cause des noùbreus rejets : puisque vous ne vous jugez pas dignes de cette parole, alors nous nous tournons vers les païens. Cf Actes 13, 46-47 ; tout au long de ses prédications ; mais Paul commence toujours par annoncer aux juifs, y compris quand il arrive à Rome Ac 28,16-17). (Sur l’espérance d’être délivrés, voir aussi Romains 8, 18-30 ; ou encore 1 Thessaloniciens 4, 13-18, sur le retour du Christ).

 

Pourquoi deux apôtres, et les autres ?
 

De fait, Luc ne nous parle que de deux apôtres en activité d’annonce, sur les Douze. Luc fera de même avec le groupe des Sept : il n’en montrera que deux en activité aux ch. 6-7 : Etienne et Philippe et tous deux annoncent la Parole. On interprète cette manière de faire comme une volonté de Luc de montrer comment la Parole trouve un chemin d’annonce grâce à des hommes qui parlent, mais son projet n’est pas de raconter la vie de tous ceux qui ont parlé… il en choisit quelques-uns, significatifs de la mission d’annonce et Luc semble nous dire : “à vous de compléter les biographies, moi, il faut que je continue mon livreet qu'il aboutisse au bout du monde, or nous n’en sommes encore qu’à Jérusalem”, au bout de cinq chapitres!.

 

Ce passage avec Saphire et Ananie est très fort… digne de l’Ancien Testament ???


Comment faut-il interpréter ce texte (Ac 5, 1-11) où la justice de Yahvé est impitoyable ? Où est-il dit que Dieu est impitoyable dans ce texte ? N’est-ce pas une interprétation qui dépasse le but voulu par le rédacteur de ce récit ? Quand on connait l’Evangile de la miséricorde et du pardon tel que Luc l’a décrit on ne peut imaginer qu’il puisse soudainement dire le contraire… Il y a problème, nous en sommes conscients. N’y at-il pas à chercher une autre explication que celle qui nous vient de notre (in-) conscient déformé par une présentation de Dieu sous forme de péché et de peur… sans laisser supposer le pardon et la conversion. Lire la page consacrée au récit d'Ananie et Saphire 

 

Y a-t-il eu plusieurs pentecôtes ?


L’étonnement de quelques maisons d’Evangile provient de la lecture du ch. 4, v.32 : le retour de Pierre dans la communauté, suite à son arrestation. Il est écrit : “Comme leur prière se terminait, le lieu où ils étaient réunis se mit à trembler, ils furent tous remplis de l’Esprit Saint et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance”.

 

De fait, la ressemblance est évidente et voulue par Luc : don de l’Esprit + tremblement + annonce de la Parole vont de pair, tout comme à la première pentecôte : don de l’Esprit, secousse violente et début de l’annonce de la Parole. On retrouvera d’autres pentecôtes, par exemple quand Pierre hésite encore pour le baptême de Corneille (Actes 10, 44) “Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint s’empara de tous ceux qui écoutaient la Parole. 45Tous les croyants qui accompagnaient Pierre furent stupéfaits, eux qui étaient Juifs, de voir que même les païens avaient reçu à profusion le don de l’Esprit Saint.” Il semblerait même que les chrétiens n’étaient pas prêts à croire que l’Esprit-Saint puisse habiter chez des païens… quelle étroitesse d’esprit. Ceci est redit au ch.11, 15 : “Au moment où je prenais la parole, l’Esprit Saint s’empara de ceux qui étaient là, comme il l’avait fait au commencement pour nous.”


Il serait intéressant de relire les Actes (en lecture rapide) et de repérer toutes les fois où il est question de l’Esprit-Saint et presque à chaque fois, ce Nom est associé à l’annonce ou à l’envoi en mission pour dire la Parole. Ainsi en sera-t-il encore au ch. 13 pour envoyer Barnabé et Saül en mission…

 

 

Nous sommes déroutés par les nombreuses citations !


Ceci est vrai pour le discours d’Etienne, mais aussi quand Pierre fait la première annonce, où quand Paul s’adresse aux Juifs de la synagogue d’Antioche de Pisidie… mais aucune citation dans le discours aux gens de Lystres, ni aux habitants d’Athènes !
L’abondante présence de citations bibliques s’explique par le besoin que les premiers chrétiens avaient de justifie de Jésus comme héritier de la Bible (à égalité avec Moïse et Elie lors de la transfiguration). Les juifs avaient condamné Jésus comme blasphémateur et hors-la-Loi. Le courant de Jésus, les disciples, qui voulaient justifier Jésus auprès des Juifs “anti-Jésus” n’avaient pas d’autre moyen que d’utiliser toutes les phrases des Ecritures qui consonnent avec l’attitude de Jésus. Cela est difficile pour nous, vingt siècles après, nous qui ne sommes pas de culture hébraïque. Ajoutons que la logique de Paul ou d’Etienne n’est pas exactement la nôtre, et nous voilà largués… C’est normal ; il faut l’accepter. C’est une difficulté qui peut être surmontée à l’usage, avec un peu d’apprentissage, mais pas en première lecture. Pour aider, repérons les structures semblables aux récits :

 

  • Il y a un avant et un après (introduction et conclusions) qui encadrent le discours lui-même.
  •  Ensuite, il y a trois temps. Le premier fait appel à l’Ancien testament, plus ou moins développé.
  • Le deuxième temps concerne Jésus-Christ dans une formule synthétique appelée kérygme,
  • Le discours se conclut par un appel à la conversion (ou une provocation dans le cas d’Etienne, ch.7)
  • L'après ce sont les conséquences de cette parole. Ainsi après le discours de Pierre, il  a de nombreuses conversions et baptêmes, et Luc donne une première présentation de ce que vivent les premières communautés (2, 42-45).

Chez les païens? à Lystres ou à Athènes?

Paul fait référence à des éléments culturels connus de ceux à qui il s’adresse. L’inculturation, c’est apprendre à parler la culture de l’autre avant de parler de notre propre culture. Il arrive trop souvent que des chrétiens bien intentionnés assènent leurs vérités à leurs interlocuteurs, sans avoir pris le temps de dialoguer avec eux, de discerner les signes, les appuis à partir desquels une Parole sur Jésus pourra être dite, reçue et entendue. Une erreur du prosélytisme est de vouloir parler plutôt que de se parler. Il peut en être de même pour une nouvelle évangélisation par trop superficielle.

 

Qu’est-ce qu’avoir la vocation ?


Il faudrait reprendre l’histoire des personnes cités, une à une. Pour Pierre et Jean il faut remonter aux évangiles. Pour Barnabé, ou Saul, ou Etienne, il y a eu l’appel par quelqu’un ou par la communauté. Il y a eu en général ratification par la communauté chrétienne et imposition des mains en signe que ce n’est pas soi-même qui se déclare appelé/envoyé. L’itinéraire de Paul est éloquent sous cet angle. D’abord persécuteur, il se sent personnellement interpelé, secoué par une voix lumineuse, ensuite seulement reconnu par Ananias qui le baptise au nom de Jésus et de la communauté, Saul prêche. Ensuite, il est appelé par Barnabé, qui vé le chercher à Tarse, ensuite seulement il est appelé par l’Esprit-Saint et la communauté. Ans l’Eglise, on ne se donne pas soi-même une mission, on la reçoit d’un autre, d’une communauté. Ainsi pour les prêtres comme pour les évêques ou les diacres, ainsi aussi pour les animateurs de funérailles ou les catéchistes…

 

Comment se fait-il que le grand-prêtre ne soit pas étonné ?
 

Actes 5, 17-26. Il s’agit de la libération de Pierre sorti mystérieusement de prison. Que ce soit ici ou en d’autres occasions il est normal de s’interroger sur des “choses”, des “explications” qu’on ne trouve pas, tout simplement parce que Luc n’en parle pas. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de réaction du grand prêtre, mais Luc ne s’y intéresse pas. Plus d’une fois nous verrons le récit s’intéresser à la Proclamation de la Parole (Ac. 5, 20 et 25), et non aux nombreux détails qui entourent la scène. Ainsi on vient annoncer au Grand-prêtre que Pierre parle, annonce la Parole dehors, voilà ce qui intéresse Luc. La réaction du grand-prêtre, qu’importe.


Pour aller plus loin : l’origine des apocryphes. Tout comme nous, les premiers chrétiens ont parfois été déçu de ne pas trouver dans les quatre évangiles officiels des “renseignements“, par exemple, qu’a fait Marie dans son enfance ? Quelle éducation ? Et Jésus tout petit, faisait-il déjà des miracles, à quoi jouait-il avec les enfants de Nazareth, etc… C’st ainsi qu’on s’explique la création de bien des récits para-évangéliques, bien souvent fort sympathique, parfois crédibles, mais bien souvent “folkloriques” et peu réalistes. Ils égarent de l’essentiel rapporté par les évangiles. St Augustin interrogé sur la crédibilité et l’utilité de ces nombreux récits, invitait les chrétiens à porter toute leur attention sur les textes reconnus et lus par la plupart des Eglises. Ces apocryphes n’étaient pas condamnés, mais les maîtres spirituels disaient d’eux… c’est bon pour développer votre piété personnelle, mais pour servir d’enseignement à l’Eglise. (lire le document sur Evangiles et apocryphes)
mais aussi fort peu.

 

Pourquoi deux seuls sont nommés : Pierre et Jean. Et les autres ?


On peut se poser la même question à propos du groupe des Sept. Seuls Etienne et Philippes ne sont présentés dans leurs activités. Il nous faut revenir au projet de Luc de montrer comment la Parole progresse et comment la communauté s’accroit. Sans cesse Luc revient, comme un leitmotiv sur la Parole et sur l’annonce. [Faites vous-même l’exercice de lecture, en ne faisant attention qu’à la “Parole annoncée”, et vous serez étonnés]. Ainsi nous avons deux listes : une de douze, une de sept. Luc nous montre les premiers à l’action… ensuite il passe à autre chose. La cible de Luc a été annoncée en 1,8 : vous serez mes témoins à Jérusalem, en Judée et Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre : (sous-entendu, Rome). Au ch. 5, puis fin ch. 7 nous sommes encore à Jérusalem. S’il veut réaliser son projet d’aller jusqu’à Rome, il doit accélérer un peu son récit. C’est ce qui va se passer. La persécution oblige les chrétiens à sortir de Jérusalem… et même oser parler jusqu’à Antioche, et même annoncer la Parole à des païens (Ac. 11, 20). Entre temps, on a vu la conversion de Paul sur le chemin de Damas, la conversion de Corneille à Césarée ; et au ch. 13, ce sera le grand départ ! Luc ne pouvait pas s’arrêter pour raconter tout ce qui s’est passé. Il n’écrit pas un roman à la Harry Potter.

 

Lors de la guérison, sur quoi porte l’étonnement des gens, puis des prêtres


Lors de la guérison du boiteux à l’entrée du Temple, les gens sont “stupéfaits, désorientés, étonnés de ce qui était arrivé à l’homme”. Est-ce étonnement devant la guérison miraculeuse ? N’est-ce pas aussi (plutôt) sur l’origine de cette guérison : au nom de Jésus…. Lève-toi !” Pierre et Jean apportent des précisions en ce sens : ce n’est pas de nous-mêmes, mais de Jésus que vient la guérison, “de Jésus, cet homme que vous aviez crucifié”. Quelques lignes plus loin, on ne dénote aucun étonnement ni de la part des prêtres, ni du commandant de la garde, au sujet de la guérison. La seule chose qui les étonne et les dérange, c’est que ces gens enseignent au peuple et annoncent la résurrection de Jésus. Nous, nous serions étonnés de la guérison mais pas de l’annonce de la parole ; notre réaction est le contraire de celle des gens de Jérusalem ! Différences de mentalité entre hier et aujourd’hui, lire Jésus n’arrête pas de faire des miracles ! Cela nous dérange !)

 

Quel est le contexte historique ? La hiérarchie et la place du sanhédrin ?


Il existe de nombreuses introductions présentant, plus ou moins “la vie au temps de Jésus” et le contexte. Voir les introductions dans la Bible de Jérusalem ou la TOB (éditon avec notes) ; voir aussi les tables chronologiques en de nombreuses Bible. Il existe une bonne introduction dans le “Dictionnaire du Nouveau Testament” de Xavier Léon-Dufour (Livre de vie, réédité au Seuil en 1996), 10 € (Introduction, IX à XIII).


En quelques mots… : En Israël il n’y a plus de roi, depuis la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor, Exil (en -587). Au “retour d’exil”, le pays reste sous domination étrangère : domination perse, puis grecque, puis romaine. Au temps de Jésus le pouvoir politique est romain. L’autorité religieuse est composée du grand-prêtre (normalement renouvelé) et d’un grand conseil ou “grand sanhédrin”. C’est l’instance supérieure religieuse juive (à la fois conseil et Tribunal. Il jouit d’une certaine liberté, sous réserve de ne pas déplaire au pouvoir romain.La vie “civile est régulée par des rois ou des princes. Le roi Hérode (celui des années 25-30) est une émanation de Rome et de la promotion personnelle… ; il ne correspond en rien au descendant de David dont le petit peuple attend avec impatience le retour (messianismes). Il existe de nombreux courants religieux à l’intérieur de la religion juive : sadducéens, pharisiens, scribes, hérodiens, esséniens, et aussi certains opposants au pouvoir romain comme les zélotes et les sicaires.
A lire quelques précisions dans jesus et le pays d’avant la mort de Jesus en particulier les sous-paragraphes “Le pays l’environnement religieux, sociopolitique” et “ Géographie et spiritualité”.
Au moment de l’arrestation et du jugement de Jésus, on peut voir dans l’évangile les “arrangements” entre les uns et les autres ! (le sanhédrin, Pilate, Hérode et tout ce petit monde qui magouille. Relire Luc ch.20-23. Luc ne signale pas les pharisiens dans ce petit monde du pouvoir ! En Luc, 20,22, repérer le trio : “Jésus-le peuple-les autorités [grands-prêtres et scribes]”.

 

Qui est exactement Gamaliel ?


Gamaliel fait partie du courant des pharisien ; il ,est membre du sanhédrin (le Tribunal suprême chez le Juifs). Dans la tradition juive, il a une bonne réputation. Son attitude “on verra si cela vient des hommes ou de Dieu” laisse entendre qu’il est plutôt favorable au courant de Jésus. Nous vonnaissons aussi d’autres pharisiens favorables à Jésus : Joseph d’Arimathie, Nicodème, et Saul/Paul. Luc ménage le courant des pharisiens quand il parle d’eux. Par exemple, dans la dernière partie de l’Evangile, qui mène à la condamnation et à l’exécution de Jésus, ils ne sont pas nommés. Il est donc utile de revoir nos appréciations à leur égard. Ils ne sont pas toous à mettre dans le même sac !

 

Pour comprendre nos difficultés à lire le discours d'Etienne.

 

Concernant les citations de l'Ancien Testament, et les difficultés à comprendre: relire "Difficultés rencontrées:les nombreux retours à l'Ancien Testament"

 

En attente:

Le projet et fil conducteur de Luc=annoncer la parole jusqu'aux extrrémités de la terre

L’association Esprit et Parole annoncée ;

Parler en images et parler par abstractions + 48-49
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 3910 visites