Baptême de Notre Seigneur

Voici mon serviteur, Alliance et Lumière des nations

Esaïe 42, 1-7 ; Actes 10, 34-38; Matthieu 3, 13-17

 

Avec ce dimanche, fête du Baptême de Notre Seigneur, se termine le cycle de Noël de la liturgie. Le texte de l’évangéliste assume ici la jonction, la passerelle entre “l’Evangile de l’enfance” et la proclamation de la Bonne Nouvelle à tous.

 

Le récit du baptême est raconté de manière quelque peu différente selon les évangélistes. Il y a cependant unanimité entre eux pour affirmer, d’une part la relation de Jésus avec la proclamation de Jean-Baptiste, loin des courants sacerdotaux de Jérusalem et, d’autre part, une affirmation sur l’identité de celui qui désormais va prendre la parole.

 

Pour Matthieu d’abord et pour ses lecteurs ensuite, "nous savons qui" est le personnage principal du récit : celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour”. Ce qui arrive à nos oreilles c’est la Parole de quelqu’un en qui Dieu a mis toute sa confiance. Qui est donc, pour nous aujourd’hui, ce Jésus que nous suivons au long de notre vie ? Il n’est pas défini par la philosophie ou la morale de son enseignement, il est défini par sa relation avec ce (celui) que nous appelons Dieu. Il est normal de parler du Dieu de Jésus-Christ car il ne correspond pas aux idées véhiculées en bien des religions ; Jésus peu à peu, par son agir autant que par ses paroles le fait comprendre autour de lui.

 

Pour préciser qui est ce Jésus, la liturgie, à l’entrée des dimanches ordinaires, nous propose un texte d’Isaïe que les pères de l’Eglise, à la suite des premiers chrétiens, ont reconnu comme présentation juste de Jésus, le serviteur que Dieu soutient. “Il ne haussera pas le ton, il n’écrasera pas le roseau froissé… il n’éteindra pas la mèche qui faiblit”. C’est tout un programme et ceux qui aujourd’hui ont charge d’enseignement et de conduite du Peuple de Dieu devraient le mettre en œuvre… Ce n’est pas simple.


Ce même Esaïe précise encore que ce serviteur est ouverture vers les nations lointaines, Alliance avec le peuple et lumière des nations. Dans la même phrase il précise son activité auprès des souffrants : aveugles, captifs, gens qui habitent les ténèbres. Sans doute y a-t-il là tout u programme de vie. Ce programme a inspiré bien des générations de croyants et aujourd’hui encore ils sont nombreux ceux qui mettent de leur vie et de leurs énergies au service des souffrants d’aujourd’hui. On peut reprocher aux baptisés ce qu’ils ne font pas, mais on devrait aussi reconnaître ce qu’ils font !

 

Si ce programme n’était pas suffisamment explicite, la liturgie nous propose un complément, à partir du baptême de Corneille et sa famille. Pierre en effet commence sa prédication par “Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais quelque soit leur race il accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste. Il a envoyé la Parole annoncer la paix par Jésus-Christ… c’est Jésus qui est le Seigneur de tous… Ce Jésus, Dieu l’a consacré par l’Esprit-Saint”.

 

Ainsi donc, en ce “premier dimanche ordinaire”, les textes proposés sont invitation à reconnaitre qui est ce petit enfant fêté à Noël… Mais sans doute y a-t-il déjà moins de monde à méditer sur l’adulte qu’est Jésus et le chemin de vie qu’il propose ! Heureux ceux qui entendent sa Parole et qui la mettent en pratique dans le quotidien de leur existence. On ne parle plus du "tout petit enfant Jésus, mais de l'adulte témoin, qui porte la Parole de Dieu. E.H.
 

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