J'ai vu et je rends témoignage...

2ème dimanche ordinaire

Isaïe 49 3-6 ; 1 Corinthiens 1, 1-3 ; Jean 1, 29-34

 

La semaine dernière l’évangile nous apportait le récit du baptême de Jésus et sa relation à Jean-Baptiste selon saint Matthieu. Ce dimanche, nous écoutons la manière dont Saint Jean parle de la relation de Jean à Jésus et son baptême. Cette présentation est plus élaborée; c'est davantage une méditation a postériori plutôt que le récit journalistique de l’évènement.

 

Jean l’évangéliste écrit vers les années 90-100. Il éprouve le besoin de préciser, pour les chrétiens de cette fin de siècle, qui est Jean, qui est Jésus. En effet, l’un comme l’autre ont eu des disciples qui ont essaimé. Les Actes des apôtres nous présentent une de ces rencontres (Actes 18,25 puis 19, 2-3). Il faudrait aussi relire le début de l’Evangile de Jean (au commencement était le Verbe…) pour mesurer l’insistance de l’évangéliste à distinguer Jean-Baptiste de Jésus : qui es tl’un, qui est l’autre… Cela ne pose par de problème pour nous aujourd’hui, il n’en était pas de même pour la première génération : ils avaient reçu le baptême point ! Etait-ce celui de Jean, celui de Jésus, quelle différence ?

 

Personnellement j’admire la précision de langage de Jean l’évangéliste pour faire comprendre qui est qui, qui fait quoi. Relisons le texte de l’évangile ! N’avons-nous pas nous aussi, au XXIème siècle à être rigoureux et précis sur ce que nous disons de la foi des chrétiens. Nous sommes parfois imprécis, vagues, quand nous posons des affirmations sur le Dieu de Jésus, le Jésus de l’histoire et le Jésus de la foi.

 

Dans sa dernière lettre exhortation (Verbum Domini), Benoit XVI insiste sur le nécessaire exercice intellectuel que nous devons opérer pour être fidèle à ce que les auteurs bibliques ont voulu dire… Il faut parfois (souvent) faire appel à l’histoire, à l’analyse des exégètes, aux réflexions des théologiens…

 

C’est en voulant se familiariser avec la lecture des évangiles puis des Actes des apôtres en maison d’Evangile que nombre de chrétiens découvrent combien ils ont besoin d’affiner leur connaissance et leur méditation sur Jésus venu en notre chair. Quelques-uns sont désarçonnés, mais la grande majorité est heureuse de découvrir un peu plus, un peu mieux ce que furent les premières années de la proclamation de Jésus, de la proclamation des disciples. C’est parce qu’ils en parlent entre eux, que leurs esprits s’ouvrent à l’intelligence des Ecritures et de la foi.
C’est tout le bonheur que je vous souhaite. E.H.
 

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