Sel de la terre, lumière du monde

5ème dimanche ordinaire

Isaïe 58, 7-10 ; 1 Corinthiens 2, 1-5 ; Matthieu 5, 13-16

Vous êtes le sel de la terre… vous êtes la lumière du monde.

 

Au moment où Jésus commence son discours d’initiation, le sermon sur la montagne selon Matthieu ch. 5 à 7, il signifie tout d’abord la haute estime qu’il a envers ceux qui le suivent, haute estime de la vocation "vous êtes le sel de la terre, la lumière du monde" : c'est une vocation à être témoins en faisant le bien, "afin que les gens rendent gloire à Dieu".

 

La tournure de la phrase semble malhabile, ou bien sommes-nous trop habitués à ce que l’on dise du bien de nous : afin qu’en vous voyant, "les hommes rendent gloire à Dieu !" Il vaut la peine de s’arrêter sur l’attitude présentée ci-dessus, que l’on retrouve en de multiples circonstances dans les évangiles. “Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir”. Ou encore :"Il y a plus de joie à donner qu'à recevoir" Actes 20, 35.

 

En Actes ch.3, Pierre précise au boiteux : “Ce n’est pas en notre nom mais au nom de Jésus”. Les miracles sont toujours rapportés à Dieu. “Qui a péché ?”, demandent les apôtres à Jésus à propos de l’aveugle : “ni lui, ni ses parents répond Jésus mais c’est pour que se manifestent en lui les œuvres de Dieu”. Le sel pour donner goût à ce que l’on touche, la lumière pour éclairer le chemin des hommes. Ainsi en vat-il de la vie chrétienne, elle n’est pas faite pour soi, mais pour servir l’entourage. De même l’Eglise n’est pas faite pour servir en elle-même mais pour servir le monde auquel elle est envoyée.

Après avoir appelé des disciples, ceux qui déjà savent travailler au moins deux par deux, Pierre et André, Jacques et Jean ; après avoir signifié que Dieu s’est approché de nous, et que les bienheureux sont appelés à œuvrer pour la miséricorde et pour la paix, au risque d’être persécutés, voici donc une attitude fondamentale de la vocation chrétienne. Plus tard, le Christ dira encore je vous ai choisis, je vous ai mis là pour que vous partiez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure (Jean 15, 16).

 

Nous ne sommes pas chrétiens pour nous-mêmes, comme le chantait l’antique cantique “je n’ai qu’une âme qu’il faut sauver…” mais pour que le monde ait la vie et qu’il l’ait en abondance. A quoi cela sert-il de garder notre lumière dans notre for interne (fort interne ?), si elle ne sert pas alentour, dans la maison comme sur la montagne. Ces deux petites phrases de Jésus à l’entrée de son enseignement donnent donc la caractéristique de la vocation chrétienne. C’est une vocation missionnaire par définition : sel et lumière pour les autres.


C’est aussi de cette manière que l’orientation diocésaine catéchétique invite l’ensemble des chrétiens à porter l’Evangile : Le projet catéchétique s'inscrit dans la mission de l'Eglise en Pas-de-Calais envoyée pour rendre présente la bonté inouïe de Dieu révélée dans la mort et la résurrection de Jésus. Dans l’évangile les phrases ne sont pas à l’impératif, elles sont au présent, comme des affirmations : “vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde”. Ne faisons pas mentir celui qui est venu pour nous et pour le monde. Quant à la manière de témoigner, les quelques lignes d’Isaïe, ch.58, sont explicites : partager le pain avec celui qui a faim, vêtir celui qui est nu et sans abri, faire disparaitre le joug, la menace, la parole malfaisante. Ainsi, tout est dit, cinq cents ans avant Jésus-Christ !

Abbé Emile Hennart
 

 

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