FAQ-4-Actes 8 à 12

Premières missions hors de Jérusalem

Cette page répond à quelques-unes des questions posées en maison d'Evangile pour la lecture des Actes des Apôtres, ch. 8 à 12. Il est utile d'avoir d'abord lu ces chapitres ainsi que la fiche d'accompagnement n°4

 

Qui sont les Samaritains rencontrés par Philippe ?

 

Les samaritains sont aujourd’hui un groupe religieux de 7 à 800 fidèles. A l’époque du Christ et des premiers chrétiens ils étaient bien plus nombreux. Ils adoraient Dieu à Samarie (devenue Sébaste au temps des romains). Leur histoire est assez compliquée. Ils seraient les héritiers du royaume du Nord après la destruction de Samarie en -722 (ceux qui n’ont pas fui vers la Judée…). Après le retour d’Exil il y a conflits d’une part entre ceux restés en Judée, eux-mêmes qui se sont annexé une partie du territoire abandonné par les exilés et les Juifs revenus d’Exil. De là provient sans doute le schisme au 4ème siècle avant J-C. Les samaritains ne reconnaissent des Ecritures que les cinq livres du Pentateuque. Ils ont une certaine parenté avec les Juifs de Judée, mais sont considérés comme schismatiques/hérétiques par les Juifs de Jérusalem qui ne les fréquentent pas. Quand l’Evangile de Jean ch.4 évoque la question de la samaritaine “où devons-nous adorer : sur le mont Garizim ou à Jérusalem ?” il évoque ce différent entre Juifs et Samaritains.

 

Sur la route de Gaza

Philippe baptise un étranger, craignant Dieu.

Sur la route de Gaza Philippe bapteme Actes 8  
Sur la route de Gaza
Sur la route de Gaza
L'intérêt de ce récit est de montrer que, déjà aux premières annés de l'annonce, les chrétiens utilisaient les "chants du serviteur" d'Isaïe et faisaient le rapprochement avec Jésus, pour contrer les Juifs qui affirmaient que Jésus avait été condamné et n'était donc pas le Messie selon les Ecritures. Oui, répliquent les chrétiens mais, selon les Ecritures, le serviteur est comme un agneau envoyé à la boucherie par ses adversaires...

 

 

Pourquoi le verset 8,37 n’existe pas dans la traduction ?


Ce verset a été supprimé des manuscrits latins et grecs de référence, lors de la révision de la Vulgate, au début du 20ème siècle. Ce v. 37 n’est pas retenu par la recherche littéraire sur les manuscrits transmis. De ce fait, nos livres actuels signalent l’emplacement, mais ne donnent plus son contenu. Les critiques des manuscrits considéraient que ce verset n’existait pas à l’origine, et qu’il était un ajout postérieur par un copiste.

 

Histoires de baptême: les baptêmes (eunnuque, Corneille) semblent précipités !


Ch. 8 et 10. Si Philippe, comme Pierre donnent le baptême, c’est qu’ils ont pu discerner dans le cœur de ces personnes, que l’Esprit leur avait déjà donné le “sens de la foi en Jésus”. Quand Pierre donne le baptême à Corneille et à sa maisonnée, il commence par demander : “qui suis-je moi pour empêcher de donner le baptême à ceux qui ont reçu l’Esprit-saint, tout comme nous ?” !
Certains trouvent la préparation au baptême plutôt succincte.


Notre étonnement vient d’une part de notre référence à des textes postérieurs, du concile de Trente, ou des rituels bien postérieurs. L’étonnement vient aussi de notre difficulté à comprendre le contexte de l’époque (dans les années 30-40), ou la principale différence entre Juifs et chrétiens ne consistaient pas en deux religions différentes, mais en ce que les uns comme les autres se considéraient comme de la même religion. Les Juifs disaient attendre le Messie et pratiquaient la loi Mosaïque ; les chrétiens considéraient que le Messie était venu en la personne de Jésus. Croire Jésus et croire qu’il était vivant constituaient la différence principale. Les apôtres à Jérusalem fréquentaient toujours le Temple pour la prière (fin ch. 2 et ch.3 ; Paul au Temple, ch.21. 

 

La tension/opposition a très vite existé entre Juifs et chrétiens. Les Juifs parleront de secte à propos des chrétiens ; Etienne sera lapidé, les chrétiens s'enfuiront de Jérusalem ; Paul sera poursuivi de ville en ville. C’est après la ruine de Jérusalem et l’assemblée des pharisiens à Jamnia vers +80 que la rupture devient définitive. Que ce soit l’eunuque, que ce soit Corneille, tous deux semblent versés dans la connaissance des Ecriture et des pratiques juives.


Aujourd’hui pour devenir chrétien il faut d’abord faire l’apprentissage (connaissances et pratique) de la vie chrétienne. Le catéchuménat propose un temps de préparation pour faire cet apprentissage, accompagnés par des chrétiens témoins de Jésus-Christ et de l’Eglise.

 

Concernant le baptême seulement "au nom de Jésus", 
  

8, 5-17 Il faut se remettre dans le contexte de la Samarie : il ne faut pas oublier les tensions entre Juifs et Samaritains. Les samaritains ont entendu parler de Jésus (mais par qui ?) et ont reçu le baptême… mais pas l’Esprit-saint, est-il précisé. Cette expression est avant tout le signe que les premières communuatés sont attentives à ce que n’importe qui ne fasse pas n’importe quoi. Des gens entendent parler de Jésus etc. soit ! Mais encore faut-il que ce soit en lien, en communion avec les Douze nommés et envoyés par le Christ. Ainsi en 8.14 les envoyés (“apostolos”, mot traduit par “apôtres”) envoient deux envoyés, les apôtres Pierre et Jean. Ils ont u peu le rôle de validation ?
Plus tard nous aurons la même chose à Antioche (ch. 11, 22) où, depuis Jérusalem on a délègué Barnabé pour voir ce qui est mis en œuvre là-bas.
 

 

Ma conclusion : plutôt que de nous mettre du côté de Dieu et de l’Esprit pour voir quand et comment ils agissent, mettons-nous du côté des disciples, pour voir comment ils gèrent l’annonce de la Parole et discernent si ce qui est dit et proclamé est conforme à l’enseignement (cf. 2,42) dont les Douze sont dépositaires. Il devrait en être encore de même aujourd’hui. Sinon, chacun peut faire n’importe quoi et dire n’importe quoi… C’est ainsi qu’il y eut un premier concile pour décider de ce que devaient faire les chrétiens venus du paganisme (Actes ch.15). De même il y eut dans l’Eglise de nombreuses assemblées et une Tradition, que l’on respecte -en principe !-. Cela mériterait une longue explication en particulier sur les conciles, les hérésies, les intégristes, etc. La liberté du chrétien se vit dans la communion les uns avec les autres et avec le collège des évêques autour du pape et avec ceux qu’ils ont mandatés. Cela se fait parfois dans la confrontation, mais en cherchant à s’accorder…


Concernant le baptême d’eau :  dans les Actes, cette expression fait référence au baptême de Jean-Baptiste qui continuait à être pratiqué dans bien des communautés de la diaspora (et donc pas seulement au bord du Jourdain), après la mort de Jean-Baptiste. La proximité des baptistes et des chrétiens a amené à distinguer (sans opposer) les uns et les autres.

 

 

Baptême et notion de temps, de cheminement.


Nous, au 21ème siècle, nous sommes fort intéressés par la psychologie des personnages, leur évolution etc… tout ce qui est de l’ordre du personnel et du subjectif. Il ne semble pas qu’il en soit de même aux temps anciens. Ce n’est pas une préoccupation des écrivains (pas seulement chrétiens, mais tous) à cette époque. D’où l’impression d’une succession d’évènements sans que l’on n’ait aucune information sur le “mûrissement”. Cela veut-il dire qu’il n’y en ait pas eu ? Non, mais ce n’est pas raconté, et on n’y prêtait pas attention. Précisons comme ci-dessus que le baptême par Philippe ou Pierre concernait des gens au fait de la foi au Dieu de la Bible. Il n’y avait donc pas de grande catéchèse à faire, puisqu’ils savaient déjà presque tout sur Dieu et son désir d’alliance avec les hommes. Pensons aussi à la conversion et au baptême de Saul-Paul : il avait tellement bataillé contre les premiers chrétiens qu’il devait connaitre par cœur le point de vue des chrétiens et donc, à sa conversion, il devait savoir presque tout, il lui manquait seulement de dire “Oui, je crois”.

 

 

Qui sont les anges ?

 

La traduction habituelle du mot ange est “messager”, celui qui porte la nouvelle. Notre mot Evangile garde la trace de son origine : bonne nouvelle. Quand on parcourt la Bible au sujet des anges, ils sont des “messagers” ceux qui apportent une nouvelle de la part de Dieu (mais ce langage est trop humain !) Dans les premiers chapitres de la Genèse, on ne voit pas trace d’anges entre Dieu et Adam et Eve. Dieu rencontre Adam, lui parle, le cherche à la brise du soir… La première fois que la Bible parle d’un Ange, (l’Ange du Seigneur), c’est au début de l’histoire du peuple avec Abraham, l’ancêtre, à propos d’Agar, Genèse 16,7. Quand Agar s’est enfuie, rejetée par Sara épouse d’Abraham, il est écrit qu’un ange vient la réconforter et lui accorder la bénédiction de Dieu. Quand nous voyons le mot ange, il faut penser au rédacteur qui utilise ce mot, il veut dire que les paroles prononcées ne sont pas seulement humaines, mais qu’elles reflètent la pensée de Dieu à l’égard de la personne rencontrée. Messager de l’incroyable… c’est-à-dire de la proximité de Dieu avec chacun, de sa tendresse, de son amour, de son pardon. Dans les apocalypses et la littérature juive tardive, on parle parfois de l’ange exterminateur. C’est celui qui libère les élus, persécutés, de leurs oppresseurs (voir Apocalypse de Jean).

 

Depuis quand parle-t-on des anges ?

 

L’étude des textes fait apparaître que le Judaïsme a intégré dans sa présentation religieuse de Dieu la notion d’intermédiaires entre Dieu et les hommes, à la suite de leur fréquentation des religions mésopotamiennes, c’est-à-dire au cours des 7-6èmes siècles avant J-C. Conscients de leur imperfection devant Dieu, les hommes de religion inventent des intermédiaires, comme pour mettre de la distance entre eux et la divinité (ici Yahvé). Dans les descriptions mésopotamiennes, la manière de les présenter transpose dans le monde des dieux ce qui se vivait à la cour des rois et monarques…

 

Or le message de la Bible c’est d’affirmer que Dieu veut se rendre proche des hommes, à la différence des religions babyloniennes ou mésopotamiennes qui créent de la distance entre les hommes et les dieux. Amplifier les distances entre Dieu et les hommes (les anges, les espaces sacrés) c’est douter ou refuser que Dieu veuille se rendre proche de nous (Marc 1 15 : “bonne nouvelle, le Royaume de Dieu s’est approché de vous”). Il s’est dit énormément de choses à propos des anges, du bon et du moins bon au cours des siècles. Il semble que l’on se soit un peu calmé, dans l’Eglise catholique, sur tout ce qu’on pouvait ajouter comme paroles pieuses sur les anges et leurs représentations. Dans la foi, il nous faut repartir de Jésus-Christ et du message de l’Evangiles. Cela peut nous aider à balayer un peu toutes les exagérations à leur sujet. Les deux formules du credo, utilisées pour la messe ne parlent pas des anges…
Le Monde de la Bible a publié un hors-série sur les anges (hiver 2010).

 

Pourquoi y a-t-il des double-noms, c'est agaçant?
 

Le changement de nom de Saul en Paul n’a aucun rapport avec son baptême (ch.9), mais avec la rencontre qu’il fera avec les officiels romains au cours de ses voyages missionnaires. Ce changement est clairement indiqué par Luc lors de la rencontre avec le proconsul de Chypre, 13,9. C’est alors que Saul adopte un nom romain ; c’est aussi à partir de ce moment qu’il est cité avant Barnabé, et donc considéré comme chef de mission en monde païen. Lire Pourquoi y a-t-il des double-noms, c'est agaçant?  De même les Actes parlent d'un Jean pafois nommé Jean-Marc, dont la mère Marie habite Jérusalem. C'est lui qu'on désignera comme l'auteur de l'Evangile "selon Marc".

 

Comment explique-t-on le refus de Pierre de manger des aliments qu’il estime impurs ?

 

Lorsque se présente la nappe avec tous les animaux purs et impurs, Pierre se refuse à choisir parmi ces animaux. C'est une des règles du judaïsme sur le pur et l'impur : toute personne qui touche quelque objet impur que ce soit devient lui-même impur et doit faire les ablutions rituelles pour en être délivré. Pierre connait les règles. Mais ceci n'est que le début d'une long chemin pédagogique qui aboutit au baptême de Corneille: "ne déclare pas impur ce que Dieu a déclaré pur !".

 

Si Pierre s'était souvenu de la rencontre de Jésus avec la femme païenne syro-phénicienne de naissance (Mar ch.7) peut-être aurait-il réagi autrement. Ce n'est pas seulement une historiette. Ce récit pose la question de l'accès des païens à la connaissance de l'Evangile. Mais il y a eu, dans l'es Actes et tout au long de l'hustoire de l'Eglise tant de rejets de "ceux qui ne sont pas comme nous" qu'on peut se demander si l'on n'est pas obligé, à toute génération de relire ce récit pour oser annoncer l'Evangile à toute personne, de quelque race de quelque idéologie soit-elle !
 

 Les visions: qu’a vu Saul, qu’a vu Etienne, qu'a vu Pierre ?


Aux portes de Jérusalem pour Etienne, sur la route de Damas pour Saul, à Joppé pour Pierre... les Actes nous parlent d’évènements bien particuliers concernant chaque fois une expérience spirituelle. La foi d’Etienne est d’affirmer que Jésus se trouve auprès de Dieu, et non aux enfers comme l’affirmaient les Juifs qui l’ont condamné et fait exécuter. La foi de Saul sur la route de Damas s’exprime par un retournement et une prise de conscience : ce Jésus contre qui je me bats, c’est bien lui l’envoyé de Dieu. La foi de Pierre est de comprendre que son Dieu ne fait pas de distinctions entre païens et convertis. Comment rendre compte d’une expérience spirituelle aussi intense qui engage la vie d’un homme ?


Paul, la Conversion Paul, la Conversion   Luc a utilisé le langage habituel de l’Ecriture pour exprimer ce moment bien particulier de l’expérience d’être rejoint par Dieu, où l’on voit avec les yeux du cœur, et non les yeux physiques. Le mot vision risque de nous faire passer du spirituel au physique. Nous avons tendance à chosifier, à vouloir matérialiser ce dont Luc essaie de rendre compte. On ne peut séparer l’instant dit de “la vision” du reste de l’existence raconté d’Etienne ou de Saul. Pour l’un comme pour l’autre, c’est l’élément clé de leur compréhension de Jésus qui est présenté par Luc. Vous remarquerez que les peintres n’ont pas représenté la vision, mais l’attitude de celui qui professe sa foi en Jésus. Il n'est pas question de cheval dans aucun des trois récits de conversion.


Pour Saul, il y aura trois récits de sa conversion (actes 9, 22 et 26). Une seule phrase commune revient dans les trois récits, en forme de dialogue : “j'entendis une voix qui me disait : Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu ? Je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Il me dit alors : Je suis Jésus le Nazôréen, que tu persécutes”.
Le mot vision est "comme un signal" utilisé par Luc à notre intention : "j’essaie de rendre compte de l’expérience de la rencontre de Dieu" fait-il entendre, or je n’ai que des mots humains, pour dire bien maladroitement ce qui est au cœur de Paul, d’Etienne, de Pierre dans leur relation à Dieu.


Remarque : les Evangiles et les Actes sont écrits dans une civilisation qui s’exprime à l’aide d’images et non d’abstractions, d‘entités comme on le fait en théologie dogmatique. Ne transformons pas les contenus des images en descriptions physiques. A l’aide de ces images, méditons sur la relation de ces hommes à Jésus, à Dieu.
 

Pourquoi tant de citations de l’Ancien Testament, on n’arrive plus à comprendre !


Le récit sur Etienne, cette section, mais aussi l’ensemble des Actes, tout comme les Evangiles, est truffé de citations de l’Ancien Testament. Pourquoi ? Il faut d’abord se souvenir que jésus est condamné par le grand tribunal juif appelé Sanhédrin pour avoir blasphémé contre la Loi et contre Moïse. Il a donc fallu, dans les premières années (et même après) que les chrétiens puissent montrer, preuve d’Ecriture à l’appui, que Jésus n’a pas blasphémé, ni parlé contre la Loi et les prophètes… les citations actuelles sont les traces de ces débats (combats) entre Juifs et chrétiens.

 

Le premier exemple nous est donné avec les disciples d’Emmaüs, ils racontent leur histoire avec Jésus et peu à peu Jésus les invite à aller revoir les Ecritures… Leur technique d’interprétation n’est pas la même que pour nous aujourd’hui. Pour Etienne, il faut d’abord retenir le fil conducteur du discours : on accuse Etienne de parler contre le Temple. Etienne montre que le Temple n’était pas nécessaire à Abraham, ni à ses descendants, ni à Moïse, ni à David… voir la page que j’ai écrite “Etienne l’incompris" : ou Eglise d’Arras n°5-2011

 

La vie de Moïse parait bien longue: trois fois quarante!

 

Etienne ne fait qe reprendre ici l'habitude de décrire Moïse selon la tradition biblique. Elle sépare la vie de Moïse en trois périodes. Le chiffre 40 représente “une génération“. En disant de Moïse qu’il a vécu l’équivalent de 3 générations, c’est dire qu’il a reçu “du temps de vie en abondance” de la part de Dieu, c’est une manière de dire que cet homme a plu à Dieu. Le chiffre ne renvoie pas à la durée de son existence, mais il “renvoie à autre chose” : cette longue existence est un cadeau de Dieu. Ce serait une erreur d’en faire un chiffre réel.

 

Bien d’autres chiffres de la Bible renvoient à autre chose que la réalité signifiée, par exemple 144.000 dans l’apocalypse, ou 7, ou 12. En ce sens on parle de la “dimension symbolique d’un chiffre.” Reprendre ces chiffres selon notre comptabilité moderne nous détourne du sens que l'auteur a voulu donner dans l'emploi de ces chiffres.

 

Qui est Jacques, le frère du Seigneur?

 

Ce nom apparait au chapitre 12. Il existe plusieurs Jacques dans le Nouveau Testament. Jacques, le frère du Seigneur, n’est pas Jacques l’apôtre exécuté par Hérode.

  • Jacques «le Majeur», fils de Zébédée (et, peut-être, de Salomé), frère aîné de Jean l’apôtre et comme lui pécheurs au bord du lac. Ils sont appelés «Boanerguès, fils du tonnerre, ». C’est l'un des Douze. Avec Pierre et Jean, l'un des trois témoins privilégiés des grands moments de la vie de Jésus : résurrection de la fille de Jaïre, Transfiguration, Agonie. Après la Pentecôte, tous trois apparaissent comme les chefs de l’Eglise primitive, souvent pourchassés par les autorités. Aussi bien, d'ailleurs, Hérode Agrippa fait-il exécuter Jacques (entre 41 et 44 ; Ac. 12, 2), qui sera le premier des douze apôtres à subir le martyr.
  • Jacques, fils d'Alphée, l'un des Douze, Parfois confondu avec Jacques le Petit, en identifiant (à tort) Alphée et Clopas. On ne sait rien de la vie de l'apôtre Jacques fils d'Alphée. Il est fêté en même temps que l'apôtre Philippe.
  • Jacques le Petit (dit le Mineur); fils de Clopas et de Marie, frère de José et de Jude. (Souvent confondu avec Jacques, fils d'Alphée). Il n’a pas été disciple de Jésus de Nazareth ; il a cependant “vu le Ressuscité” (1 Corinthiens 15,1). Il est cité dans les Evangiles (Matt. 13, 55 ; Marc 6) comme l'un des frères de Jésus, expression qui, selon l'usage oriental, a une portée très large. Probablement parce que « *frère du Seigneur » 11, il tient un rôle capital dans l'Église de Jérusalem; les judéo-chrétiens se réclament de lui. La tradition en fait l'auteur de l'Épître de Jacques. D'après Flavius Josèphe, il est mort lapidé en 62

 

L'histoire de Pierre emprisonné, délivré mystérieusement etc. cela fait bizarre!

 

De fait, c'est bizarre. Remarquons d'abord un "jeu de construction" fait par Luc pour rédiger les Actes de Apôtres. Nous sommes ici à la fin de la partie où Pierre a eu un rôle de premier plan (ch.1 à 12). On ne parlera plus de lui, excepté quelques lignes qu ch. 15. Pierre disparaît... mais Luc ne parlera pas de  la mort de Pierre, il parle du départ de Pierre, guidé par un ange.

Actes ch.12 Pierre visité en prison par l'ange  
Actes ch.12
Actes ch.12

 

 

Le ch 12 est aussi une construction qu'il faut décrypter: On nous parle d'abord d'Hérode, en pleine force du pouvoir qui persécute des chrétiens. Luc reparle de Hérode en fin de récit, le montrant mourant dans d'atroces souffrances. Entre ces deux épisodes sur Hérode, Pierre, arrêté est délivré. Tout porte à croire qu'il y a là une leçon faite par Luc aux communautés chrétiennes des années 70-85. qui ont souffert la persécution. Pierre, dans ce ch.12 est la figure de la communauté persécutée (non par Hérode, mais par Néron , ou Vespasion...) et Luc semble leur dire: "de même que Pierre est protégé et que son bourreau meurt, de même vous être protégés par le Seigneur, et votre bourreau mourra, ne craignez donc pas". (On retrouve ce genre d'écriture avec l'Apocalypse de Jean).

 

La vision de Pierre fantasmagorique ?

 

 Oui, mais il ne faut pas oublier que les anciens ne maniaient pas les concepts et les abstractions comme nous, aux temps modernes. Ils préféraient parler en images, en parabole. Il faut lire l’image de la nappe : Mettre ensemble des animaux purs et impurs et inviter Pierre à en prendre un pour le manger est une incitation à passer au-dessus des règles de pureté, très strictes dans la Bible (se souvenir les discussions sur le pur et l’impur dans les évangiles, Marc ou Luc, mais aussi l’explication qu’en donne Pierre, 10, 18 + 10, 34. Si on en reste à l’image comme si c’était une “photo-réality”, nous en oublions la signification telle que les anciens pouvaient la comprendre. Autre image dans les évangiles : la transfiguration où Jésus s’entretient avec Moïse et Elie, c’est une manière de faire comprendre que Jésus est “à égalité” avec le fondateur de la Loi et l’ancêtre des prophètes (le Loi et les prophètes= toute l’Ecriture). Cette vision est la manière utilisée par les chrétiens pour répondre aux adversaires Juifs qui niaient que Jésus soit du côté de Dieu, du côté de la Loi et des prophètes, puisqu’ils l’avaient déclaré blasphémateur. Les anciens utilisent un langage imagé là où nous aurions utilisé un langage abstrait.

 

Vitrail, Tremblay Pierre libération, ch 12  
Vitrail, Tremblay
Vitrail, Tremblay
La délivrance de Pierre tient du merveilleux…
Oui, que s’est-il réellement passé et que voulait faire comprendre Luc ? Constatons que ce récit sur Pierre est encadré, avant et après par quelques lignes sur Hérode… Avant, Hérode se fait plaisir en exécutant des chrétiens dont Jacques… Et il s’en prend à d’autres, dont Pierre… A la fin, Hérode meurt, un peu comme si Dieu l’avait laissé tomber. Entre ces deux moments concernant Hérode, un récit de délivrance bizarre, où Pierre est délivré mystérieusement. A lire uniquement au sens physique et moderne, cela n’a pas de sens.

 

Mais Luc n’utilise pas le langage uniquement au sens premier, fondamentaliste, comme nous. Luc envoie un message aux chrétiens des années 80 en utilisant le récit de la délivrance de Pierre comme une figure de la communauté chrétienne, en proie à la persécution, “emprisonnée”, tout comme Pierre et qui se pose bien des questions. Le message est qu’“elle est dans la main de l’ange du Seigneur”. Qu’elle ne craigne donc pas, celui qui perd la vie, c’est Hérode et non Pierre. Ce genre d’exégèse sous forme de “figure” est celui des pères de l’Eglise et de Luc qui envoie un message aux premières communautés (pensez, dans les années 80 où Luc écrit, aux persécutions de Néron, puis Dioclétien et Vespasien…). L’apocalypse de Jean utilisera un langage encore plus codé (imagé) pour redonner espérance à ces chrétiens des années 80-90 pour qui persécutions et souffrance sont devenues leur lot quotidien, parce qu’ils continuent à croire en Jésus et que les romains veulent qu’ils renient leur foi.

 

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Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 3207 visites

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