Ambassadrice du Christ

3ème dimanche de carême

Exode 17, 3-7 ; Romains 5, 1-8 ; Jean 4, 5-42
 

Le récit de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine et les Samaritains est d’une richesse extrême, à condition de tout lire et pas seulement les premières lignes.
La rencontre commence par une rencontre interpersonnelle, un dialogue, tout bêtement matériel au départ : "donne-moi à boire". Dialogue qui s’élève peu à peu sur des questions de vie… sans que Jésus ne la condamne pour avoir eu cinq maris, ou plusieurs religions comme le disent certains. Cette étape de dialogue qui se poursuit va s’élever sur une question à propos du lieu où adorer Dieu… La réponse est “au fond de votre cœur” (on croirait entendre Jérémie “je l’écrirai au fond de votre cœur !”


Pendant que Jésus dialogue avec cette femme, l’évangéliste nous parle des disciples qui jasent sur le fait que Jésus parle avec une femme… (Ce genre de réflexion existe encore dans certaines couches du clergé). Du dialogue nait une profession de foi qui va se traduire dans les faits. Puisqu’elle a compris qu’il est le Messie, l’envoyé de Dieu, elle court à la ville le dire aux hommes de la ville. Ceux-ci se laissent dire et ils viennent aussi au puits (itinéraire étonnant pour des hommes de cette époque que d’aller au puits, car c’était affaire de femmes !). Cette femme de Samarie devient donc une ambassadrice du Christ, un apôtre avant l’heure. Ce n’est pas la seule fois où les évangiles nous mettent les femmes en première ligne pour recevoir et transmettre la Bonne Nouvelle du Christ venu à notre rencontre.

 

Pour protéger leur amour propre les hommes diront que ce n’est pas à cause des paroles d’une femme qu’ils ont cru, mais parce qu’ils ont eux-mêmes éprouvé la solidité de ce Jésus qui traverse leur pays. Plus tard, le diacre Philippe viendra proclamer l’Evangile en Samarie, et là aussi grandira une communauté chrétienne fervente. Retenons que, dans ce récit de Jean comme en bien d’autres, il y a au moins un double sens : le sens littéral comme diraient les Pères de l’Eglise : une femme de Samarie rencontre le Christ et annonce la Nouvelle à ses compatriotes. Deuxième sens, allégorique (ou symbolique) : elle représente l’Eglise, ceux qui sont entrés en dialogue avec Jésus et, après l’avoir reconnu, sont devenus disciples et apôtres. Les internautes du Pas-de-Calais retrouveront ce chemin dans le document de Mgr Jaeger Projet d’orientation de catéchèse.
Abbé Emile Hennart
 

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