La résurrection du Christ

Jour de Pâques 2011

Actes 10, 34-43 ; Colossiens 3, 1-4 ; Jean 10, 1-9


Lever de soleil sur l'église de la Résurrection Anastasis, Jérusalem  
Lever de soleil sur l'église de la Résurrection
Lever de soleil sur l'église de la Résurrection
  De nombreuses lectures nous sont proposées au cours de la veillée et du jour du Pâques. Il est intéressant de relire la parole de Pierre au centurion Corneille, un romain proche de la religion juive, désireux s’en savoir un peu plus sur ce Jésus… Pierre avait d’abord dû accepter de se convertir à “l’ouverture aux païens”, ce qui ne semblait pas faire partie de ses centres d’intérêt, tant il était formé par la tradition et les lois sur le pur et l’impur : peut-on être ami de Dieu et fréquenter les païens ? Il faudrait lire l’ensemble du ch. 10, ainsi que le ch.11 où Pierre doit s’expliquer, auprès des Juifs devenus chrétiens sur l’étrangeté de son geste. A toute les générations, l’Eglise aura du mal à s’ouvrir à ce qui lui est étranger : qu’on se rappelle le jésuite Ricci en Chine, et combien d’autres ! L’ouverture de l'Eglise au dialogue avecc les sciences aux XIX et XXèmes siècles ne s’est pas faite aisément, et en fin de XXème siècle on a vu resurgir la tentation de fuir le présent pour se réfugier dans le passé.


Voici donc Pierre amené à dire le cœur de sa foi : “Ils l’ont fait mourir. Et voici que Dieu l’a ressuscité le troisième jour…Il nous a chargé d’annoncer au peuple et de témoigner…’tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés'. Et tout aussitôt le rédacteur des Actes des apôtres nous transporte à Antioche pour rendre compte de la création de l'Eglise locale avec des gens qu’on appellera pour la première fois des chrétiens…. Or cela est la conséquence de l’annonce aux païens par Barnabé et Saul, précédés par des anonymes sur les chemins de la Syrie et de la Phénicie. 

Jérusalem, l'emplacement de la tombe Il n'est plus ici, il est ressuscité !  
Jérusalem, l'emplacement de la tombe
Jérusalem, l'emplacement de la tombe

Plus tard l’apôtre Paul prêche aux Juifs et aux non circoncis dans la ville d’Antioche de Pisidie : “Ce pardon (cette réconciliation avec Dieu) que vous n’avez pu obtenir par l’observance de la loi de Moïse, ce pardon est pleinement accordé à tout homme que croit en Jésus !” Quel culot, de la part de ce pharisien de stricte observance, que de nommer Jésus au-dessus de la Loi de Moïse ?


L’évangile de Jean proposé ce dimanche évoque la rencontre de Marie-Madeleine avec celui qu’elle prend pour le jardinier, avant de comprendre, un peu plus tard, que le Christ lui faisait signe. Lorsqu’elle a compris que le Christ n’est pas un mort, mais un vivant, qui donne la Vie de Dieu, elle court l’annoncer aux disciples. Heureuse femme qui a cru en Jésus ressuscité, à l’appel de son nom. Beaucoup de nos contemporains se refusent à croire en la résurrection. Peut-être parce que s’est compliqué… peut-être aussi parce qu’on a dissocié “Jésus relevé, élevé par Dieu” et "don de la réconciliation avec le Père". Or, dans la foi des premiers chrétiens, les deux vont ensemble .


D’où la question par laquelle je conclue ce mot aujourd’hui : “croyons-nous que Dieu a voulu nous réconcilier avec Lui, et que cela passe par le Christ qui est venu, qui est mort, qui est ressuscité” ? Telle est la foi des adultes qui seront baptisés dans la nuit de Pâques, telle est la foi de ceux qui communient au Corps et au Sang du Christ à chaque Eucharistie. Et vous ? Il est juste et bon de glorifier Dieu, en ces jours où le Christ notre Pâque, Agneau véritable a enlevé le péché du monde : en mourant il a détruit notre mort, en ressuscitant, il nous a rendu la Vie.
 

Abbé Emile Hennart

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 1544 visites