Devenir un meme corps

Edito Eglise d'Arras

 
Les chrétiens se sont rassemblés en nombre au cours de la semaine sainte. Dans la nuit de Pâques des catéchumènes furent baptisés. En célébrant Christ ressuscité, l’Eglise a rappelé le premier jour de la semaine où Il s’est donné à reconnaitre aux disciples d’Emmaüs : à la fraction du pain, leurs yeux s’ouvrirent. Aujourd’hui encore, c’est à la fraction du pain que nous nous reconnaissons membres du Corps du Christ. Depuis la veille de Pâques où le Christ s’est offert pour la vie du monde Sacrement de l’eucharistie et service du frère sont associés. Les dernières encycliques de Jean-Paul II et Benoit XVI sur l’Eucharistie le rappellent.
 
Au cours de la semaine, Benoit XVI a rappelé que les chrétiens, disciples du Christ, sont impliqués aujourd’hui pour proposer la paix, pour accueillir le frère, qu’il soit migrant ou Rom. Il a lui-même assuré de sa proximité les réfugiés de son diocèse de Rome. Dans la déclaration avant la bénédiction Urbi et Orbi, il s’est adressé au monde entier pour souhaiter la paix. Plusieurs commentateurs ont fait observer le ton plus politique que d’autres années. Il est vrai que Pâques 2011 est fêté dans un environnement social et politique qui interroge les bonnes volontés. Les évènements en cours en plusieurs pays arabes, les avancées -et les silences parfois- des nations désunies laissent la mort faire ses ravages. On n’oubliera pas les tentations au repli sur ses propres frontières pour éloigner l’autre, l’étranger. Les progrès des moyens de communication donnent quasi instantanément écho des souffrances, des bombardements et des morts. Chacun peut alors se sentir impuissant devant tant de débordements, d’oppressions accumulées, depuis des dizaines d’années jusqu’à aujourd’hui.
 
C’est pourtant en ces moments-ci que nous devons nous rappeler les paroles de paix et d’espérance, les gestes de charité et de service qui furent ceux du Christ et dont l’Evangile témoigne. A notre place, si petite soit-elle, nous avons à témoigner que l’espérance n’est pas morte. Comme la fleur de lotus pousse au-dessus du marécage sans être souillée, ainsi une catéchumène rappelait sur son voile de baptême que la Croix du Christ émerge de l’humanité souffrante et blessée. Mais notre Dieu n’abandonne pas dans la mort celles et ceux qu’il a appelés à la Vie. Il demande notre participation active pour que vienne le monde d’amour, de justice, de paix… “Mon serviteur réussira”, écrivait Isaïe à la fin de l’Exil ; et il demandait d’aplanir les ravins, d’abaisser les collines, de redresser les chemins tordus (ch. 40 à 53).
Méditer le Christ de Pâques invite à apporter chacun sa pierre en vue de la construction de l’édifice dont le Christ est la tête. Puissions-nous faire de chaque Eucharistie le partage et l’offrande de nos vies : “Entre nos mains, tu es le pain, entre nos mains, tu es la vie. Ouvre nos mains pour donner le pain, ouvre nos mains pour donner la vie”. Puisse Eglise d’Arras en offrir quelques illustrations.
 
Abbé Emile Hennart
 
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