Croire et Vivre

Edito Eglise d'Arras N°12

Monseigneur Bernard PODVIN, porte-paroles des Evêques de France Mgr PODVIN  
Monseigneur Bernard PODVIN, porte-paroles des Evêques de France
Monseigneur Bernard PODVIN, porte-paroles des Evêques de France
A l’occasion de la Journée de la communication, Mgr Podevin évoquait le phénomène appelé UBM : l'Unité de Bruit Médiatique. Ainsi, disait-il le 5 juin, en une semaine, chaque Français a été touché en moyenne 135 fois par les médias au sujet de l'affaire de New York. Fukushima a fait moins ! Triste record.

 
Cette remarque invite à repérer les dits et les non-dits, les silences et le non-intérêt à l’égard de bien des sujets d’actualité. L’emballement médiatique ou l’audimat ne suffisent pas à justifier de l’intérêt d’un fait. En ce mois de juin où de nombreux mariages sont célébrés, que dit-on des conditions d’existence qui permettraient aux mariés de tracer leur chemin, de gérer leur existence, économique comme spirituelle ? De quelle (s) image (s) est porteuse la société médiatique et plus encore télévisuelle ? De quelle manière y portons-nous attention, nous, Eglise en Pas-de-Calais ? Le couple ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche.
 
Le chantier de “Diaconia 2013” ouvert par l’Eglise de France invitera à ne pas séparer le service de la Parole ou du Culte du service du frère. Toutes les conditions sont-elles offertes, de la part des aînés dans la vie et aînés dans la foi, pour que grandissent les familles bénies et unies dans le sacrement du mariage ? Rappeler les règles, sans soulever leur poids du petit doigt ressemblerait fort à l’attitude dénoncée par le Christ dans l’Evangile de Matthieu.
 
Des enfants, des jeunes terminent leur année scolaire. Nul ne doute que les communautés chrétiennes, avec leurs voisins, se soucient de leur présent et de leur avenir, car il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. C’est ainsi que l’Eglise de Vatican II exprimait son rapport au monde, il y a bientôt cinquante ans. Affirmer “l’Eglise dans le monde de ce temps”, c’est tout autre chose que de placer l’Eglise d’un côté et le monde de l’autre. Aux formateurs et animateurs, à tout homme de bonne volonté d’en manifester la réalité.
 
Cela fut rappelé par Mgr Jaeger dans l’homélie de l’ordination diaconale : “Tu auras souvent à faire comprendre et découvrir que dans la foi, être donné à Dieu, au Christ appelle immédiatement à la plus grande proximité avec la famille humaine. C’est bien pour cela que Jésus s’est fait homme et qu’il s’est abaissé jusqu’à l’extrême dénuement, rejoignant l’être humain dans ce qu’il avoir de plus pauvre, de plus dégradé, de plus méprisé.”
 
Sans doute faut-il passer du regard sur le monde à une présence active dans le monde ; se mettre à l’école de Christ c’est participer avec lui à ce que vienne ce monde neuf : “les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres”. Il ne suffit donc pas de les regarder, aussi nombreux soient-ils, sur les bords du chemin de la mondialisation, encore faut-il leur donner nourriture et vie, pour aujourd’hui et demain.
 
Au moment où nous fêtons le Corps et le Sang du Christ, il n’est pas inutile de relire la méditation de Benoît XVI sur l’Eucharistie : “L’union au Christ dans l’eucharistie nous ouvre aussi à une nouveauté dans les rapports sociaux. Je ne peux appartenir au Christ qu'en union avec tous ceux qui sont devenus ou qui deviendront siens”
 
Abbé Emile Hennart
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