Confiance, c'est moi!

19ème dimanche ordinaire

1 Rois 19, 9-13 ; Romains 9, 1-5 ; Matthieu 14, 22-33
 

Traditionnellement appelée “Jésus marche sur les eaux” cette péricope met en valeur Jésus et Pierre qui veut marcher à la rencontre de Jésus. Un premier regard est de relire le récit tel qu’il nous est donné : au soir d’une multiplication des pains, Jésus donne ordre à ses disciples de monter en barque et de repartir en mer ; il se retire pour prier. La barque se trouve confrontée à un fort coup de vent. Jésus les rejoint. Pris pour un fantôme, il les rassure : confiance, c’est moi… Pierre demande à marcher à la rencontre de Jésus. La finale est la proclamation : Vraiment tu es le fils de Dieu”.
 

Pour les uns cette situation est invraisemblable, pour ‘autres, cela s’est passé comme c’est écrit. Pour beaucoup, les pères de l’Eglise en particulier, mais aussi les lectures modernes, Matthieu exprime dans ce récit l’image de l’Eglise en pleine tempête après la mort résurrection de Jésus.

 

La barque avec les disciples est l’image traditionnelle de l’Eglise. Jésus y semble absent. Il a envoyé ses disciples sur l’autre rive “souvent interprétée comme le monde païen”, c’est-à-dire le temps de la mission. Cette mission est difficile, que ce soit à cause des Juifs qui continuent à persécuter les premiers chrétiens comme ils ont persécuté Jésus, que ce soit parce que l’annonce auprès des païens entraine bien des conflits au sein des nations païennes. On comprend aisément la réaction des disciples, elle peut être aussi la nôtre certains jours : Jésus est-il bien là, ne sommes-nous pas abandonnés à notre propre sort ? Que Jésus, après la résurrection soit pris pour un fantôme, des récits d’après-résurrection le laissait déjà entendre. Matthieu se réfère sans doute à ces traditions.

 

Ce récit n’est pas un artifice de Matthieu pour tromper les nouveaux chrétiens, mais un récit imagé en vue d’une leçon, tout comme les paraboles sont des récits en vue de faire avancer une image, une compréhension du Royaume. Dans notre méditation, concernant le temps des premiers disciples et aussi notre propre temps, nous recevons ce récit comme affirmation que Jésus marche à nos côtés, même si sa présence “réelle ne semble pas évidente” Les disciples ont du faire face à cette absence de présence réelle. Le partage eucharistique auquel nous sommes conviés est le moment fort où nous réaffirmons notre foi en Jésus au milieu de nous : “que la Paix du Seigneur soit toujours avec vous !” rappelle le célébrant, tout comme c’était la parole de Jésus (Luc 24, 36 ou Jean 20, 19-21).

 

Puissions-ou garder le cœur en paix, au cœur même des tribulations de la vie quotidienne et surtout de notre responsabilité au service de l’Eglise. Après le temps favorable que fut immédiat après-concile, depuis devant tant de difficultés à le mettre en œuvre, bien des chrétiens ont douté que le Christ accompagne son Eglise. La barque est dans la tempête, et le Christ prie pour elle dans la montagne, Il est aussi à côté des ses disciples dans la barque. Bientôt, avec la fin de l’été nous serons passés sur l’autre rive où il nous faudra à nouveau mouiller la chemise pour l’annonce dans une société peu intéressée par l’Evangile, aujourd’hui comme hier.
 

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