Septembre : ouverture à l’avenir

Edito Eglise d'Arras n° 14

 

Loisirs proposés, loisirs offerts, loisirs vécus… Beaucoup de chrétiens ont été, tantôt animateurs, tantôt participants de diverses propositions. Prenons un temps de retour et de relecture sur ce qui a été proposé pour ce temps de l’été. Les visites d’églises, le rappel de l’histoire locale et de l’histoire religieuse, une procession ou la popularisation de tel saint, les portes ouvertes et l’accueil qui favorisent un temps de respiration humaine et spirituelle ; des loisirs sous forme de camp d’été ou d’animation de quartier ; l’animation des célébrations eucharistiques ; les soirées culturelles et les spectacles ; un plus grand souci du corps et moins de contraintes : du sport et du plein air, des jours de pluie aussi ; le dialogue avec les personnes rencontrées, le regard émerveillé sur la nature, le goût de jouer et vivre avec un enfant, le temps des JMJ… tout cela peut être rapproché du premier récit de la création, en genèse chapitre premier : “et Dieu vit que cela était bon”. Ce refrain de paroles d’émerveillement est attribué à Dieu et ponctue le récit. A chacun maintenant de partager ce regard de Dieu sur notre monde. Cependant, ce tour d’horizon ne peut oublier les conflits et tensions dans la société, les morts et les libérations dans l’espace méditerranéen. Ce temps de relecture ne doit pas seulement regarder et scruter le passé, il doit se continuer dans le présent, même si de nombreuses interrogations se posent et, enfin, ouvrir le regard sur l’avenir…
 
“Le septième jour, Dieu se reposa de l’œuvre qu’il avait faite”. Au nom de la productivité ou du trou de la dette, la tendance serait à augmenter le temps de travail. Y aura-t-il une meilleure répartition du temps de travail ? Y aura-t-il encore un septième jour pour se reposer tous ensemble, pour se réjouir et pour entrer en dialogue avec la terre entière ? Faudra-t-il séparer le temps des loisirs du temps ou l’on court après le travail ou à cause du travail. Quels espaces y aura-t-il, quels engagements prendrons-nous pour construire l’homme : “L’homme doit être au centre de l’économie” (Benoit XVI). Nos yeux se sont tournés vers l’Espagne, vers Madrid pour les JMJ quelques semaines après que les 30% de jeunes de la société espagnole, marginalisés, aient manifesté leur désespoir en même temps que leur désir de vivre. Deux sociétés se sont côtoyées, mais à distance.
 
Pouvons-nous espérer, pour l’Eglise, pour le monde et pour chacune de nos communautés, faire grandir un art de vivre, de vivre ensemble, pas seulement un art de célébrer ou de recevoir un enseignement ? Associer tous les hommes à l’œuvre de Création, est-ce une utopie des années 60, ou des seuls rédacteurs du livre de la Genèse ? Puissent le cœur des chrétiens, après s’être tourné vers Dieu notre Père, se tourner vers tous les hommes, nos frères et leur dire : “Toi aussi va travailler à ma vigne” (Matthieu ch.20). Puisse le dialogue, dialogue social et dialogue avec Dieu se développer au cours de cette année qui s’ouvre à nous, afin que grandisse le dialogue en humanité. Une des leçons tirées des JMJ était de ne pas à s’en tenir à un entre-soi. Benoit XVI le rappelait : Ne gardez pas le Christ pour vous-mêmes, transmettez aux autres la joie de votre foi”. La relation intime avec Jésus ne peut demeurer authentique si elle ne s’accompagne pas de l’écoute des autres. La pédagogie de Benoit XVI a été de ne pas séparer les dimensions verticale et horizontale de la Croix et de la foi.
 
Abbé Emile Hennart
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