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Il dit non, puis il se repentit...
26ème dimanche ordinaire


le Dimanche 25 septembre 2011


Ezéchiel 18, 25-28 ; Philippiens 2, 1-11 ; Matthieu 21, 28-32

 

“Un père avait deux fils, l’un dit oui et n’en fit rien l’autre dit non et se ravisa peu après ! Lequel a fait la volonté du père ?”, demande Jésus. Notre première réaction à la lecture de ce court extrait de Matthieu est de comparer chez nous comment cela se passe dans la famille… et l’on reste perplexe sur la réponse à donner à Jésus.


Nous savons que les Evangiles n’ont pas pour but de traiter de la psychologie familiale et intergénérationnelle ! Comment alors interpréter ces paroles de Jésus. De par notre fréquentation des Ecritures, nous savons l’habitude de Jésus et des scribes de partir d’un fait de la vie ordinaire ou princière pour attirer l’attention sur la vie dans le Royaume de Dieu. Telles sont les paraboles.

 

Matthieu situe l’altercation de Jésus avec les chefs des prêtres et les anciens peu après son entrée à Jérusalem. Les escarmouches verbales entre Jésus et ses adversaires vont se développer jusqu’à l’arrestation de Jésus sa condamnation et son exécution. Dans ces altercations nous retrouvons souvent un trio : Jésus, les foules, les autorités religieuses juives. Quant Matthieu rappelle les paroles de Jésus faisant allusion aux publicains et aux prostituées qui précèderont les autorités du judaïsme, il nous donne la clé de lecture proposée par Jésus. Quand nous entendons ceux qui disent non puis répondent à la demande, et ceux qui disent oui et n’en font rien, Jésus nous invite à comprendre que les derniers, les mal-croyants et les pécheurs (publicains et pécheurs) auront une préséance dans le Royaume sur ceux qui aujourd’hui ont les premières places…

 

Souvent le Christ remet en place ceux qui se croient en haut du pavé et remplis de “bonnes intentions”. On trouve cela à propos de la prière du pharisien et du publicain, à propos de la femme venue voir Jésus lors d’un repas chez un pharisien. Il faudrait aussi ajouter des paroles assassines comme : “beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux, tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : là seront les pleurs et les grincements de dents” Mt 8,11, ou 10,11 : “au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur pour le pays de Sodome et de Gomorrhe que pour cette ville-là. royaume de Dieu”. Ou encore : “ pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi”.


L’accusation de non-repentir, de non-conversion à l’égard des autorités religieuses juives éclate en de nombreuses pages de l’Evangile de Matthieu. On peut toujorus se dire : “c’est du temps de Jésus !” Or, avec beaucoup d’exégètes, il faut se dire que cela reflète aussi la prédication de Matthieu pour les communautés chrétiennes résidant en Syrie-Palestine, issues du judaïsme qui, en de nombreuses occasions s’estimaient supérieures aux communautés chrétiennes issues de la diaspora (penser à Paul à Antioche, et en monde greco-romain ; au conflit d’où est issue l’assemblée de Jérusalem). La bagarre entre les purs et les impurs, les bons et les pécheurs se vivaient à l’intérieur des communautés judéo-chrétiennes, puis au sein de l’Eglise du Moyen-Age quand les Jansénistes se mettaient en marge du monde.

 

Il n’est jusqu’aux temps modernes où l’on refuse les sacrements à certaines gens parce que pas assez dignes de Dieu; où l’on fait remarquer à certaines enfants du caté qu’ils sont d’une autre catégorie parce que issues de parents divorcés. L’objectif du Christ et de Matthieu n’est pas, ici, de renverser les valeurs, mais d’inviter chacun à la conversion et de constater que certains ont déjà fait des pas décisifs vers la réconciliation avec Dieu, alors que d’autres s’estiment ne pas avoir à se réconcilier, parce que parfaits…

 

La Bonne Nouvelle annoncée au début de l’Evangile, c’est d’affirmer que Dieu s’est rendu proche de nous. Et les premiers à avoir répondu joyeusement, selon Matthieu, ce sont des païens, des mages, tandis que le roi Hérode et sa cour sacerdotale connaissaient la réponse mais n’ont pas bougé. Sans doute avons-nous, aujourd’hui comme au premiers temps de l’Eglise à croire en l’amour de Dieu poçru tous, à reconnaître chez bien des gens que nous ignorons ou rejetons que eux aussi ont peut-être déjà répondu à l’appel du Père, plus que nous ! Abbé Emile Hennart
 

Article mis en ligne par E.H. Communication Diocèse    Publié Mardi 20 septembre 2011     - 464 visites

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