Ecoutez et comprenez !

22ème dimanche ordinaire

Deutéronome 4, 1-8 ; Jacques 1, 17-27 ; Marc 7, 1-8 14-23

 

Après plusieurs semaines de lecture de Jean, nous retournons à la lecture plus ou moins continue de l’évangile selon Marc. Le choix du lectionnaire de découper en pièces les textes de ce dimanche éloigne de la pensée de l’auteur au lieu de nous en rapprocher. A nous de faire l'effort de lire dans le' texte d'origine!


La liturgie nous propose un enseignement sur la religion authentique, sur le rapport qui peut exister entre la religion et la pratique cultuelle, entre religion extérieure et cœur.

 

Nous devons examiner notre conscience afin de vérifier la manière dont nous accueillons la Parole de Dieu. La manière avec laquelle Jésus interpelle les pharisiens et les scribes démontre que l’on peut observer les pratiques exigées sans pour autant avoir un cœur à l’image de Dieu : "il est inutile le culte qu’ils rendent et les doctrines qu’ils enseignent ne sont que préceptes humains… Vous laissez d côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes". Plus d’une fois dans les évangiles nous voyons le Christ remettre en cause le culte du Temple ou les pratiques des plus religieux parmi les juifs (relire Matthieu 23 ou l’expulsion des vendeurs du Temple). Ils font pourtant très bien, peut-être même trop bien.

 

Si le Christ interpelle ainsi c’est qu’il constate le décalage entre le dire et le faire, entre l’enseignement (ou le culte) et le service du frère. Cette réflexion peut aussi s’appliquer à notre application au service du culte. En la diminution du nombre de prêtres, nombres de laïcs de bonne volonté sont éduqués à respecter les consignes des différents manuels de liturgie. Mais on ne voit pas, dans le même temps, les mêmes prédicateurs les inviter au service du frère. Certes, on aperçoit ici ou là des informations sur Diaconia 2013. On développe dans les églises le service de l’adoration, mais du service du frère, on n’en fait que trop peu écho.

 

Certes la charité est discrète et l’on ne parle sans doute pas assez des bénévoles auprès des migrants ou des roms, on n’évoque pas le souci envers les chômeurs, resto du cœur et autres, il faudrait aussi ajouter à la listes celles et ceux qui, par leur souci de la chose politique travaillent pour des lois davantage au service de l’ensemble de la communauté, des derniers en particulier… Ce n’est pas dans l’évangile de ce jour, sans doute, mais vous avez pu lire il y a quelques semaines la parole “donnez-leur vous-mêmes à manger”.

 

La mise en garde de Jésus dans l’évangile de Marc est toujours d’actualité : “je suis venu non pour être servi mais pour servir et pour donner ma vie pour la multitude…” Une des clés de lecture des paroles de Jésus tourne autour de ce qui est extérieur et de ce qui est intérieur : ce qui vient du cœur d’e l’homme, mais la religion a tellement éloigné les règles de l’authentique service de l’autre, frère en Jésus-Christ qu’il faut encore et toujours veiller à ouvrir notre regard, non seulement vers les choses du ciel, mais aussi vers les choses de la terre… c’est une manière de vivre à la suite du Christ.

 

L’Eglise se prépare à fête Vatican II et beaucoup de productions littéraires paraissent. Plusieurs d’entre elles interrogent les comportements de l’immédiat après concile, en particulier le refus de regarder à frais nouveaux le monde et toux ceux qui ne pensent pas comme nous. John O’Malley vient d’écrire une synthèse sur “l’esprit du Concile Vatican II” qu’il intitule : “Vatican II ou la réconciliation de l’Eglise avec le monde”. Il y a encore bien du pain sur la planche pour vivre ainsi. Le Christ en son temps avait essayé d’ouvrir les yeux de ses contemporains vers ceux que l’on considérait déjà comme impurs… E.H.
 

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