La vie avec Dieu comme un don

Sagesse 7, 7-11 ; Hébreux 4, 12-13 ; Marc 10, 17-30
 

A la différence des pharisiens qui, la semaine dernière, questionnaient Jésus “pour tendre un piège”, l’homme dont on parle aujourd'hui vient trouver Jésus et souhaite ardemment participer au Royaume de Dieu. Il récite même tous les commandements de Moïse qu’il respecte : “J’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse”. On peut donc supposer que c’est un homme d’âge mûr, que la vie et les épreuves ont rendu prudent et modéré dans ses propos.

 

Mais à la demande faite par Jésus de partager ses biens avec les pauvres… il recule : “il devint sombre et s’en alla tout triste, car, précise l’évangéliste, il avait de grands biens”. Il ne lui est même pas proposé d’aller chez les Belges comme cela semble à la mode aujourd’hui pour ceux qui ont de grands biens ! Boutade mise à part, nous comprenons bien que richesse et dons aux pauvres ne vont pas ensemble, malgré la bonne volonté exprimée.

 

La suite de l’évangile s’articule sur la question des disciples : “Qui donc peut être sauvé ?” Ce que demande Jésus semble impossible aux disciples. La réponse de Jésus ressemble à l'affirmation des disciples “Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu.” Mais quand Jésus rapproche : impossible aux hommes, pas à Dieu, il laisse entendre que la vie avec Dieu ne dépend pas d'abord de nos capacités ni de nos actions si grandes soient-elles : c’est un don de Dieu. Les introductions de plusieurs documents d Vatican II insiste sur ce désir de Dieu de communiquer sa vie à chacun de nous.

 

L'apôtre Paul comprendra ce qu’est la miséricorde de Dieu et le don de Jésus sauveur, à partir de son illumination lors de la rencontre du Christ sur le chemin de Damas. Son homélie aux juifs et païens d’Antioche l’exprime avec justesse (Actes 13, 38-39) : “Sachez-le donc, frères, c'est par Jésus que la rémission des péchés vous est annoncée. L'entière justification que vous n'avez pas pu obtenir par la Loi de Moïse, c'est par Jésus que quiconque croit l'obtient”, alors qu’en respectant toutes les consignes et commandements, et réalisant toutes les œuvres de générosité, cela ne nous obtient pas la vie éternelle : c’est un don gratuit de Dieu. Cela ne signifie pas qu’on n’a rien à faire ; cela oblige à un autre type de relation avec Dieu, reelation qui n’est pas de l’ordre du donnant-donnant.


Dans notre relation à Dieu Père, nous sommes invités à quitter notre raisonnement qui se baserait sur la mise en avant de ce que nous faisons. Aux yeux de Dieu rien ne peut être suffisant, tant est grande la distance entre lui et nous. Mais comme le rappelle le concile à l’ouverture de plusieurs textes : “il a plu a Dieu d’entrer en dialogue avec nous comme avec des amis et de nous rendre participants de sa vie divine” (Dei Verbum), ou encore : “Le Père éternel par la disposition absolument libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté a créé l'univers ; il a décidé d'élever les hommes à la communion de sa vie divine ; après leur chute en Adam, il ne les a pas abandonnés…” ; Ce n’est pas en faisant nos comptes devant Dieu mais en reconnaissant Jésus envoyé du Père pour nous rassembler, en nous reconnaissant comme ses amis que nous parvenons à sa vie. EH

 

Ce dimanche 14 octobre en la cathédrale d’Arras, anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II, retransmission sur le site web diocésain : http://arras.catholique.fr
 

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