Sous le règne de l'empereur Tibère...

2ème dimanche de l'avent

Baruch 5, 1-9 ; Philippiens 1, 4-11 ; Luc 3, 1-6
L’évangéliste Luc éprouve le besoin de situer dans l’histoire de son temps la prédication de Jean-Baptiste : “l’an 15 du règne de Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée etc.”. C’est pour nous l’occasion de méditer sur l’incarnation de la Bonne Nouvelle : elle n’est pas intemporelle, hors du temps. Elle est située dans un temps, un moment bien précis de l’histoire. Elle est précédée par d’autres annonceurs, que ce soit Jean-Baptiste ou, bien avant, Isaïe ou Jérémie. Jésus n’est donc pas venu de nulle part. D’autres ont déjà parlé au nom de Dieu, plus tard, d’autres parleront au nom de Jésus. Ainsi ces premières lignes de l’évangile sont invitation à méditer sur l’hier, mais aussi sur l’aujourd’hui de la Parole.


Notre foi aujourd’hui se déroule dans l’histoire. L’affirmation de l’an 2.000 “Christ hier, Christ aujourd’hui et demain” n’est pas une aspiration vers l’éternel et l’intemporel… mais le souci d’affirmer que Jésus, le Christ c’est une parole pour aujourd’hui… Quand au contenu, c’est d’abord une invitation à la conversion ; elle est en même temps invitation à se retrousser les manches. L’origine de l’expression : aplanissez la route, redressez le chemin tortueux est physique et nous devrions nous en inspirer pour aujourd’hui au moment où notre esprit spiritualise l’expression des chemins tordus, des déserts de la modernité et de la mondialisation… trop d’hommes et de femmes souffrent trop dans leur corps et dans leur chair.


Il nous appartient de voir ce que les médias cachent trop, à savoir ces hommes et femmes marqués par la maladie, la blessure, l’approche de la mort ; celles et ceux marqués par la violence ou le froid. Alors sur les chemins aplanis ils verront le salut de Dieu. Debout les miséricordieux ! Debout les affamés et assoiffés de la justice, debout les faiseurs de paix… ainsi écrit André Chouraqui quand il traduit les béatitudes selon Matthieu.

 

La première lecture nous apparaitra trop belle, trop utopique pour oser que ce soit possible aujourd’hui. Ce ne sont pas des paroles qui endorment les consciences “en attendant que ça vienne” ce sont des paroles qui invitent à se relever, à oser croire encore en un salut qui peut arriver. Paroles qui font que l’homme se remet debout sur un chemin qui lui semble trop difficile à porter.

 

Alors ce temps de l’avent est, pour chacun, appel à la conversion. Appel qui nous vient du fond des temps, par la médiation des prophètes et des hommes de bonne volonté de l’époque. Appel aujourd’hui pour que vienne l’espérance et, avec elle, les bras dont le monde a besoin. Lève les yeux et regarde, dit Isaïe. Ce n’est pas la fin, mais un nouveau commencement. EH
 

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