Contenu de l'Evangile selon Jean

Présentation succincte de l'Evangile par Zumstein

jean-img-jpg-135685_8 jean-img-jpg-135685_8  L'architecture d'ensemble
 La structure d'ensemble de l'évangile de Jean est relativement simple à établir. Le prologue (1, 1-18) introduit le corps de l'écrit, sans pour autant en faire partie. La fonction de cette hymne au Logos est de fixer le cadre herméneutique dans lequel le récit doit être lu. A en croire le prologue, le récit de la vie et de la mort de Jésus de Nazareth n'est pas celui d'un homme ordinaire; dans sa personne, c'est le Logos divin préexistant qui se manifeste au sein du monde.


De façon analogue, en finale, l'épilogue (chap. 21), placé après la première conclusion de l'évangile (20,30-31), se présente explicitement comme un ajout et doit être lu comme tel. Lui aussi joue un rôle précis; il met en scène les deux personnages-clef- Pierre et le disciple bien-aimé - appelés à assurer l'avenir de la révélation du Christ johannique après son départ.


 Symbole de l'évangéliste Jean Jean l'aigle  
Symbole de l'évangéliste Jean
Symbole de l'évangéliste Jean
Entre le prologue et l'épilogue, le récit se distribue en deux grandes parties.
 La première partie englobe les chapitres 1-12 (à l'exception de 1,1-18) qui relatent la révélation du Christ johannique aussi bien en Galilée qu'en Judée. Elle s'achève par une conclusion (12,27-50) qui tire le bilan de l'activité publique du Révélateur. La seconde partie, introduite par la solennelle déclaration de 13,1, comprend le récit de la Passion et de Pâques (13-20); elle se termine par une conclusion (20,30-31) qui formule en toute clarté le but de l'évangile.

La première partie de l’Evangile
La structuration de la première partie est malaisée, car l'intrigue n'est pas d'abord dramatique, mais thématique. 11 ne s'agit pas pour l’évangéliste de présenter le développement historique, voire psychologique de la vie du Christ, mais de montrer, à travers une succession d'épisodes, d'une part comment la révélation christologique s'offre au monde et appelle à la foi, d'autre part quelle variété de réponses elle suscite. Le chapitre 1 mène à bonne fin la présentation du Christ. Jean-Baptiste, le premier grand témoin, révèle l'identité du héros du récit (1,19-34); ce rôle est ensuite repris par les premiers disciples qui s'approchent de lui et lui attribuent les titres les plus illustres figurant dans la tradition vétérotestamentaire-juive. (1,35-31). Le chapitre 2 met en scène les deux gestes inauguraux qui marquent le début de l'activité publique de Jésus: le premier - le miracle du vin a Cana - est un signe positif qui dévoile de façon programmatique le contenu de la révélation, tandis que le second - la purification du Temple à Jérusalem - se veut ouvertement polémique.

 

Samaritaine-Jésus Samaritaine-Jésus   
 

 

Les deux grands entretiens qui suivent, avec Nicodème d'abord (chap. 3), puis avec la Samaritaine (chap. 4), dévoilent les traits essentiels de la révélation apportée par le Christ johannique, en jouant successivement sur la métaphore de la nouvelle naissance, puis sur celle de l'eau vive. La guérison du fils de l'officier royal (4,46-54) clôt ce premier cycle narratif. Le lecteur aura ainsi repéré les deux genres littéraires majeurs qui dominent le récit: les récits de miracle qui sont au nombre de sept (symbole de la plénitude !) dans la première partie de l'évangile et que l'auteur nomme « signes», et les dialogues qui invariablement se transforment en majestueux monologues. 
 Bas-relief Samaritaine  
Bas-relief
Bas-relief

  Dès le chapitre 5, une nouvelle donnée dramatique domine le récit: le conflit du Christ johannique avec les autorités juives gagne progressivement en violence pour aboutir à la décision du sanhédrin de le faire mourir (11,43-34). Le chapitre 5 prend son départ dans la guérison du paralytique à la piscine de Bethesda, un jour de sabbat; ce signe est ensuite interprété dans un long discours, où le Christ se présente comme celui qui a autorité sur la vie et la donne en abondance. Le chapitre 6 s'articule autour de la métaphore du pain de vie. Après avoir donné à manger à la foule, le Révélateur, dans un long dialogue, se présente lui-même comme la nourriture qui mène à la vie éternelle - que ce soit par sa parole ou par sa mort. Cette révélation décisive conduit à la confession de foi de Pierre.


guerison aveugle -135686_7 guerison aveugle -135686_7  Les chapitres 7-8 , situés lors de la fête des Tentes à Jérusalem, se font l'écho - d'un affrontement polémique d'une extrême violence entre Jésus et les autorités juives. L'objet du litige est la juste interprétation de la tradition vétérotestamentaire-juive et, en particulier, du monothéisme biblique. Ce conflit des interprétations se poursuit au chapitre 9, prenant cette fois-ci prétexte de la guérison de l'aveugle de naissance un récit symbolique dont l'enjeu est de montrer le passage d'une vie condamnée aux ténèbres à une vie illuminée par la lumière de la révélation. Par là-même est posée la question de la légitimité des autorités aptes à conduire le peuple. Le discours dit «du bon berger» (Ch. 10) s'efforce de répondre à cette question d'un point de vue chrétien.


Les chapitres 11-12 forment un espace où la mort du Christ désormais certaine mobilise la réflexion. La résurrection de Lazare le plus grand signe mis en scène par l'évangile (chap. 11) - révèle, une dernière fois, que le Christ est le donateur de la vie, mais que pour la donner, il doit sacrifier la sienne propre. L'onction de Béthanie, l'entrée triomphale à Jérusalem, l'image du grain de blé qui meurt, alimentent le réservoir métaphorique qui permet par avance d'interpréter la croix (chap. 12). La perspective inéluctable de la croix laisse présager que le bilan de la révélation publique du Christ johannique ne peut que constater son échec.


La deuxième partie de l'évangile
La seconde partie (chap. 13-20) retrace le dernier séjour de Jésus à Jérusalem. Le dernier repas de Jésus avec les siens est à la fois le cadre du lavement des pieds (130-20), de l'annonce de la trahison de Judas (13,21-30), des deux discours d'adieu (13,31-14,31 ;15-16) et de la prière « sacerdotale» (chap. 17). La thématique dominante de ces cinq chapitres est l'adieu: quel sens la mort imminente du Revélateur a-t-elle pour les siens ? Sa révélation peut-elle survivre à sa disparition ? Comment l'Absent est-il désormais présent parmi les siens durant l'époque post-pascale ? Comment la vie de la communauté des disciples, dorénavant séparés de leur maitre, doit-elle être comprise et assumée? Cette clarification anticipée du sens de la croix ouvre la voie au récit de la Passion (chap. 18-19). Le Christ johannique ne souffre, ni n'est abaissé. Son procès, sa condamnation et son supplice sont pour le quatrième évangile, l'espace de sa royauté paradoxale et de son élévation. La croix est son trône, sa mort, une victoire. Sa dernière parole: “C'est accompli” (19,30), marque l'achèvement de la révélation au double sens de ce terme.
 

Le cycle pascal (chap. 20) s'attache à préciser les différentes formes de la foi pascale, en présentant à la fois la tradition du tombeau vide et celle des apparitions. Marie de Magdala, Pierre, le disciple bien-aimé et Thomas sont les acteurs principaux de ces différentes scènes qui se déroulent à Jérusalem.
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 3219 visites