Le temps de l'Eglise

Eglise d'Arras

Pâques, hier comme aujourd’hui, inaugure un temps nouveau dans l’histoire de l’humanité, au moins pour ceux qui croient en la résurrection de Jésus par Dieu, tout comme ceux qui utilisent le calendrier grégorien.

L’Eglise qui naît de la Résurrection est d’abord la communauté de ceux qui croient en Dieu Père, Fils et Esprit, communauté de celles et ceux qui entendent la Parole de Jésus et la mettent en pratique (Mt 7, 21), communauté de celles et ceux qui reçoivent la Parole : “Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’elles”.
La pesanteur de l’homme a fait du projet de Jésus une structure bien lourde à porter par un seul homme, avec une administration hypercentralisée. Au fil des siècles on parle davantage d’Institution que de communautés. Nous avons pu voir à quels égarements cela pouvait mener. Des structures, il en faut : ainsi les paroisses, les doyennés furent inventés au gré des besoins des hommes et des disponibilités ministérielles des épiscopats. Aux XVIII et XIXèmes siècles, on a vu naître de nombreuses congrégations religieuses (souvent obligées de vivre en marge du monde, comme les Visitandines, contrairement au projet du fondateur). Pour favoriser la proximité, aujourd’hui on parlera de cellules d’Eglise.
Au cours du siècle dernier sont nés des regroupements de baptisés tournés vers “les hommes à rassembler”. Ce furent les mouvements d’Action catholique spécialisés. Puis apparurent dans les années cinquante, les communautés nouvelles, avec l’assentiment ou les réserves de Rome. Dans les années 90 des groupes de lecture de la Bible, en nombre, voient le jour Ce sont des initiatives individuelles ou communautaires. Le diocèse, à partir de 2006, met en place des Maisons d’Evangile, soutenues par Mr Jaeger.
Ces maisons sont édifiées à l’initiative de baptisés déjà rassemblés qui invitent et accueillent leurs amis, proches ou lointains ou éloignés de l’Eglise. Plus de 10.000 personnes ont ainsi pu lire dans leur ensemble un ou plusieurs évangiles, ce qu’ils n’avaient encore jamais fait. Le temps des bilans pour Matthieu, des projets pour Jean arrive prochainement. Pour beaucoup, c’est l’occasion de découvrir que l’Eglise est d’abord une fraternité au nom de Jésus. C’est ainsi que Jésus envoie les femmes de l’Evangile annoncer la Bonne nouvelles aux frère : “Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée, c’est là qu’ils me verront”, sans doute faudrait-il préciser “Galilée des Nations !”..
Actuellement Mgr Jaeger parcourt le diocèse, si possible en s’attardant quelque peu sur les propositions émises par les conseils pastoraux de doyenné (Hénin-Carvin, Lens-Liévin, Béthune-Bruay…), invité à découvrir richesses et pauvretés des paroisses et de la société. Vous pourrez lire ici quelques pages concernant Hénin-Carvin ; prochainement ce sera Lens-Liévin…
Bientôt une réflexion sera proposée à tous les chrétiens des trois diocèses de Lille, Arras et Cambrai en vue d’orienter l’avenir des communautés, espérant qu’on ne se contentera pas d’organiser les gens déjà rassemblés, mais que les baptisés, laïcs et clercs iront, à la suite de Jésus, au-delà des frontières, sur l’autre rive…, “en pleine pâte humaine” disait-on autrefois, “aux périphéries” dirait le pape François. Ce sera une nouvelle étape dans les orientations et projets diocésains. “Allez, je vous envoie. De toutes les nations faites des disciples… Et moi, je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps”.
 
Abbé Emile Hennart
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