Comme je vous ai aimés, aimez-vous...

5ème dimanche de Pâques

 

Actes 14, 21b -27 ; Apocalypse 21, 1-5 ; Jean 13, 31-35

 

La première lecture sous forme de survol décrit la fin du premier voyage de Paul et Barnabé au cours duquel ils ont annoncé l’Evangile de Jésus-Christ, dans les régions aujourd'hui Turquie-Anatolie. Ce compte-rendu est à la fois court et instructif. Ils repassent par le même chemin et ils affermissent les communautés récemment constituées. Ils choisissent et désignent des personnes issues de ces communautés, afin qu’elles en assurent le suivi.

 

On les appellera "les anciens", en grec : presbuteroi, d’où vient le dérivé français "prêtres" (leur assemblée s’appelle le "presbytérium"). Rien n’est précisé comme critère d'appel, excepté celui d’avoir la foi et la sagesse des anciens… L’assemblée d’Antioche qui  avait envoyé Paul et Barnabé les accueillent au retour et prient ensemble après avoir entendu le récit de la première aventure en terre païenne.

 

Si aujourd’hui encore, nous envoyons des personnes en mission (ce peut-être au sein même de nos paroisses, il serait utile aussi de prendre le temps de les écouter nous parler de leur mission, de leurs actes d’annonce et ensuite de rendre grâce ensemble… Nous parlons bien d’ALP, d’EAP, d’envoi en mission… les chrétiens de la paroisse devraient manifester aussi beaucoup d’intérêt pour le compte rendu… Il n’est jamais trop tard pour suivre le chemin des premiers apôtres.

 

Deuxième lecture : L’apocalypse de Jean. Elle  mérite aussi toute notre attention. Les membres des maisons d’Evangile ont sans doute buté sur le style apocalyptique des chapitres 24-25 de Matthieu et ont pu être décontenancé par la noirceur des situations. A ceux qui s’interrogeaient il était répondu que Matthieu exprimait le temps des persécutions subies. Hier comme aujourd’hui des hommes raffinés savent faire souffrir : Nigéria, Syrie, Indonésie etc. Il en fut de même au temps des Romains et des Ponce-Pilate. Or, dans ces discours d’apocalypse, il y a toujours un après qui est annoncé. Mais c’est parfois timide, parfois c’est moins saignant que ce qui précèdent… alors, on ne fait pas attention à la fin des apocalypses chrétiennes.

 

Aujourd’hui nous est proposé le dernier chapitre de l’apocalypse de Jean. Ce n’est pas triste : plus de larmes, ni de cris, ni de tristesses… Voilà les cieux nouveaux et la terre nouvelle. Plus de mer (les Juifs considéraient la mer comme lieu du Léviathan destructeur : il n’aura plus de domaine à lui !). Voici que je fais toutes choses nouvelles. Cela mérite toute notre attention. Car, aux yeux de Dieu il y a un avenir. Retenons aujourd’hui : plus de larmes, de cris Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. Il sera “Ils seront son peuple et il sera Dieu avec eux”.


Enfin voici quelques lignes de l’Evangile de Jean où l’on parle de Jésus "glorifié"… Un mot qui nous semble d’interprétation difficile. Personnellement pour donner au mot glorifié tout son sens, j’aime bien évoquer la racine juive du mot : "kaboch", qui a du poids. Celui qui est glorifié, c’est celui qui a du poids aux yeux de Dieu… C’est tout différent de celui qui n’est que du vent, sans aucun poids ! Ainsi donc Jean veut nous dire que Jésus est quelqu’un qui a du poids, à ses yeux et aux yeux de Dieu. Et pour nous? Jésus et sa parole ont-ils du poids à nos propres yeux? Si oui, alors nous recevrons avec joie et confiance la dernière parole de Jésus, dans l’Evangile de ce dimanche : “Je vous demande de vous aimer les uns les autres… Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.
Tout est dit… il ne reste plus qu’à faire ! E.H.
 

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