Tout n'est-il que vanité de vanité ?

18ème dimanche ordinaire

Ecclésiaste 1,2 et 2, 21-23 ; Colossiens 3, 1-11 ; Luc 2, 13-21.

La liturgie de ce dimanche papillonne pour reprendre quelques lignes de-ci de-là, dans un document biblique tardif (2-3ème siècle), qui accumule une succession de paroles (ou proverbes) de la sagesse populaire. La formule "Vanité des vanité" a été consacrée par un éloge funèbre prononcé par  Bossuet au XVIIIème siècle. Les quelques lignes reprises ici donnent le sentiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, qu’elle n’est que misère et déceptions. Est-ce bien la pensée définitive que voudrait nous transmettre les sages de l’Ancien Testament ? Serait-ce là, la Bonne Nouvelle une et éternelle ?

 

La manière dont ce court extrait des Ecritures est souvent utilisé est une bonne occasion pour apprendre à ne plus absolutiser chacune des paroles contenues dans la Bible comme vérité absolue, mais à apprendre à savoir la situer dans son contexte. Qui d’entre nous n’a pas eu envie, un jour ou l’autre de ravaler son acte de naissance, tant il a honte de lui-même ou de l’Eglise ou de la société dans laquelle il vit ? Cela résume-t-il toute sa pense sur le sens de sa vie ? Non, bien sûr.

 

L’Evangile répond en quelle sorte à la question du sens d’une vie : c’est avec les yeux de Dieu qu’il faut savoir l’apprécier, et c’est avec l’invitation à aimer (comme St Jean l’exprime) que nous devons la mettre en œuvre : apprendre à devenir riche en vue de Dieu. Là aussi, il est bien des conseils de l’Ancien Testament que nous devrions réapprendre, comme celui de faire passer le service du pauvre et du malheureux avant tout autre considération de type sacrificiel avec encens et offrandes à Dieu, alors même que nous aurions “oublié” le prochain.

 

Ces temps-ci on parle un peu des rom : c’est une affaire dépendant souvent de l’ordre communal où les voix des électeurs sont engagées (en quel sens ?). Dans quelques mois ce seront les élections… est-ce seulement de la vanité, ou n’est-ce pas un des lieux de mise en œuvre du service du frère ? Un lieu pour devenir riche aux yeux de Dieu ?

 

La parabole de Jésus invite à méditer notre vie dans le sens du “Que faire de mes biens ?” La proposition de Jésus n’est sans doute p as la même que celle de nos chers hommes d’affaires et de finances. Voir plus grand, toujours plus grand, faire augmenter les biens de ceux d’en haut pendant que la part de ceux d’en-bas ne cesse de s’appauvrir. Il n’y a donc pas adéquation entre nos pensées et celles de Jésus… Vous remarquerez que Jésus ne dit pas comment il faut faire, comme s’il avait la bonne réponse à tous nos problèmes. Il se contente d’interroger nos habitudes, ce que la sagesse populaire a su faire en dénommant les rues qui mènent au cimetière ! “Rue de l’Egalité”. Ce jour-là, il est sans doute un peu tard pour se demander à quoi sert ce que je laisse sur place, ce pour quoi je me suis animé ?


Une autre parole de Jésus stimule mon esprit, quand il réplique au questionneur :“Qui m’a établi juge pour vos affaires ?” Comment ne pas penser à la phrase du pape François, dans l’avion au retour de Rio de Janeiro : “Qui suis-je pour juger les homosexuels ?”, comme si la mission du pape, de l’Eglise ou de Jésus, était de juger et condamner ! A nous donc d’apprendre non à condamner mais à aider à vivre. Nous retrouverons ce type d’agir dans les réflexions de Jésus, dimanche prochain. E.H.

 

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