Qui s’élève sera abaisé

22ème dimanche ordinaire

Ben Sirac 3, 17-29 ; Hébreux 12, 18-24 ; Luc 14, 7-14.


La Bonne nouvelle est-elle devenue, le temps d’un dimanche, un cours de savoir-vivre et de bienséance ? On pourrait le supposer en écoutant Jésus proposer aux invités aux noces de ne pas prendre les premières places, mais d’attendre qu’on les fasse avancer plus haut !


Cette parabole se situe au début d’un ensemble où Luc, entre les chapitres 13 et 17, présente une succession de paraboles “pour parvenir au Royaume de Dieu‘”. De différentes manières c’est le même sujet, en réponse à la question des disciples : “N’y aura-t-il que peu de gens qui seront sauvés ?”


Chacune des paraboles présente un aspect du visage miséricordieux de Dieu, par exemple, les pauvres invités au repas à la place des invités, le père prodigue, le gérant habile ou Lazare et le pauvre… Entre ces paraboles quelques paroles incitatives, comme celle de ce dimanche, où l’appel à inviter les pauvres, ou l’attention pour que le sel ne se fade pas, ou le gérant fort habile, etc.

 

C’est dans ce contexte qu’il nous faut lire la parabole. Luc précise les circonstances qui ont précédé la parabole de ce dimanche : Jésus avait remarqué l’habitude des scribes et pharisiens à se mettre aux premières places (dans les assemblées religieuses comme dans les festins), sans penser qu’un invité plus important qu’eux pourrait survenir et les reléguerait à une place inférieure. Quelle pédagogie incite Jésus à parler de la sorte. Plutôt qu’une volonté de faire une couors sur l’humilité, on peut penser que Jésus prêche pour des communautés fraternelles où ce ne sont pas les règles de préséance, de supérieur à inférieur, qui guide les rapports entre les membres.


Fort heureusement dans nos églises, il n’existe plus de classes lors des funérailles ou des mariages entre les première, deuxième ou troisième classes, ni de chaise attitrée. On a cependant gardé (hélas) certaines distinctions par exemple : entre les baptisés qui ont accès au chœur de l’église et ceux qui n’y ont pas accès ! Ainsi la première des paraboles au sujet des invités ne concerne pas d’abord ce qui se passera de l’autre côté, au Ciel, mais bien plutôt ce qui se passe aujourd’hui, dans les communautés chrétiennes comme dans la vie sociale, à savoir la manière dont nous nous considérons les uns les autres. L’attitude voulue par le pape François de diminuer les écarts entre lui, le peuple de Dieu et les gens, son souci de se mettre à l’école de François d’Assise plutôt que de Jules II, correspond davantage à l’esprit proposé par Jésus dans l’Evangile.


La première lecture, tirée d’un livre de Sagesse correspond davantage à l’enseignement de l’humilité, mais en précisant une attitude : celle de l’oreille qui écoute : saine et sainte maxime que le stress et les accélérations du monde moderne rendent difficile. Ecouter…écouter.

 

La seconde lecture, de la lettre au Hébreux, précise ce qu’est –ou devrait être notre cheminement : Vous êtes venus vers Jésus, médiateur d’une alliance nouvelle. Ce chemin d rencontre pour nous ne passe pas par des phénomènes extraordinaires : ni feu, ni apparitions, ni miracles, seulement Jésus… A nous donc de lire et relire les évangiles pour mieux connaître celui qui nous conduit dans l’alliance avec le Père. “Seigneur Jésus, tu ne cesses de nous surprendre : il a fallu que ton Fils prenne la dernière place pour entrer dans ta gloire. Que ton Esprit bouleverse nos évidences humaines et nous initie à ce monde nouveau que tu instaures et Jésus, dès maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !” E.H.
 

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