Le loup habitera avec l'agneau...

2ème dimanche de l’avent

Isaïe 11, 1-10 ; Romains 15, 4-9 ; Matthieu 3, 1-12

 

Les textes de ce dimanche, comme tous ceux de l’avent sont orientés vers la venue de Jésus. Chaque texte a sa tonalité propre et, ce qui n’est pas neutre, leur interprétation est en général influencée par le contexte dans lequel le lecteur entend et reçoit la Parole. Ainsi quand Isaïe écrit qu’à la venue du fils de David, le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau… nous voyons ce que cela signifie….

 

Pourtant c’est avec une résonance accrue que je reçois ces textes aujourd’hui, au retour du pèlerinage en Terre sainte. Nous avons pu entendre le curé de Sichem, prêtre avec 250 chrétiens au milieu de 30.000 musulmans, nous avons aussi entendu une palestinienne de Bethléem exprimer comment la haine grandissait au cœur des enfants devant les humiliations subies par leurs parents, où quand ils n’nt comme horizon qu’un mûr de béton et de barbelés. Nous avons aussi entendu un chrétien de Jérusalem, deux Juifs de Bethléem, exprimant chacun son point de vue… ce n’est pas demain matin que le loup habitera avec l’agneau. Dimanche dernier nous méditions les textes annonçant la venue du prince de la paix (Isaïe ch.9) devant nous s’étalait le champ des bergers de Bethléem e, au fond de la vallée serpentait la route des colons, entourée de barbelés. En face, la colonne d’Aroma plantée de milliers d’appartements de colons. Nous ne pouvons pas lire les textes de l’Ecriture indépendamment de l’environnement présent dans lequel nous sommes insérés.
 

Comment ce textes d’hier peuvent-ils inspirer notre méditation et notre agir aujourd’hui : Hic et nunc, ici et maintenant disait mon professeur de théologie.

Les paroles d’Isaïe ne sont pas des paroles abstraites, elles portent l’espérance et l’attente des Juifs d’hier, mais aussi l’espérance et l’attente des homes de bonne volonté d’aujourd’hui. Ces paroles d’hier peuvent inspirer notre prière et notre méditation, notre agir aussi pour que vienne le temps de justice et de paix, ce temps où les responsables des nations jugeront les petits avec justice, où ils trancheront en faveur des pauvres du pays. “Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu sur ma montagne sainte… Que ces paroles vieilles de 2.50 puissent donner, redonner espérance et confiance en un avenir autre, même et surtout si l’aujourd’hui apporte des motifs de désespérer. Nous parlons d’incarnation du Fils de Dieu dans notre humanité… ces paroles doivent demeurer incarnées, il appartient aux chrétiens que nous sommes d’incarner pour aujourd’hui ces paroles d’hier ; elles peuvent inspirer une manière de vivre en homme et fils de Dieu au milieu d’une humanité qui se déchire…

 

De la lettre aux romains, je retiendrai la finale dans laquelle Paul déclare que Dieu accorde la même miséricorde aux nations païennes qu’aux Juifs. Il en a fallu de la patience et de la persévérance à Paul et à ses amis pour maintenir envers et contre tout que Dieu ne fait pas de différence entre les personnes. Ces paroles écrites il y a près de 2.000 ans, il nous faut les incarner aujourd’hui. Et quand Matthieu redonne les enseignements de Jean-Baptiste hier, ce n’est pas dans le louable but d’écrire l’histoire d’hier, mais surtout pour nous inviter à écrire l’histoire d’aujourd’hui dans l’esprit qui fut celui du baptiste : produisez un fruit qui manifeste votre conversion… et de préciser dans ses homélies comment faire pour plaire au Seigneur, en particulier se mettre au service du frère.

Abbé Emile Hennart
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 1234 visites