La joie de l'Evangile. Gaudete

edito 21-2013

“Je vous annonce une bonne nouvelle qui sera grande joie… aujourd’hui vous est né un sauveur”. Nous aurons l’occasion de proclamer et méditer cette Bonne Nouvelle selon Luc au cours des célébrations de Noël. Voici que retentit encore la joie d’annoncer l’Evangile de Jésus-Christ avec l’exhortation apostolique du pape : la joie de l’Evangile, Evangelii Gaudium . Il y a cinquante ans, commençait à se dessiner ce qui deviendra la constitution Lumen Gentium, le Christ lumière des peuples, et bientôt “les joies et les espoirs des disciples du Christ”, Gaudium et Spes.

 

A la demande des évêques des trois diocèses, les débuts du synode sont l’occasion de nombreux échanges, des chrétiens entre eux et avec leurs amis, en vue de dire une parole sur l’avenir de l’Eglise. Un ton chaleureux, une espérance et une attente ont jailli des lèvres du peuple de Dieu.

 

Quelle Bonne Nouvelle recevons-nous à l’écoute des Evangiles ? Quelle Bonne Nouvelle portons-nous pour le monde ? Alors que certains ont voulu éteindre ou affaiblir le plus possible les dimensions sociales de l’annonce de l’Evangile, alors que d’autres ont voulu faire de l’annonce un catéchisme bien ordonné, beaucoup en témoignent par leur insertion en humanité, au plus proche des hommes et des femmes de ce temps. De nombreuses générations, d’hier et d’aujourd’hui emploient le mot engagement pour signifier que c’est leur être tout entier, corps et âme qui est mise, à la suite du Christ, au service d’une humanité souffrante et heureuse. C’est de cette manière qu’ils deviennent Bonne Nouvelle pour aujourd’hui, favorisant l’ouverture des cœurs à Jésus-Christ.

 

La proclamation de l’incarnation confirme leur choix d’être dans le monde et non à côté du monde. De ce point de vue, le pape François préfère une église accidentée et sale, plutôt qu’une Eglise malade de la fermeture et du repli sur elle-même.

 

Quand le jeune Jésus réplique à ses parents qu’il doit être aux affaires de son Père, voulait-il signifier qu’il devait vivre coupé du monde des hommes ? A lire Matthieu, une fois défini le programme de Jésus (ch. 5-7), il s’empresse de présenter les gestes de proximité avec le lépreux, l’officier romain, la belle-mère de Pierre, les possédés de Gérasa, le publicain et les pécheurs, etc. C’est à ce monde-là qu’est annoncée la grande joie du Royaume tout proche, en paroles sans doute, mais surtout en actes, comme cela était déjà affirmé : “Il ne suffit pas de dire “Seigneur, Seigneur” pour entrer dans le Royaume, “il faut aussi faire la volonté de mon Père”. Chacun était appelé à mettre en œuvre la voklo)nté du Père. Les dernières paraboles de Matthieu (24-25) le redisent: il ne suffisait pas de vouloir suivre l’époux, il fallait d’abord prévoir et préparer comment se tenir devant lui. Le serviteur n’a pas à arrêter ses activités en l’absence du maître. Ou encore, seront conviés auprès du Roi ceux qui auront vécu la proximité avec le pauvre, l’affamé, le mendiant… Il ne leur est pas demandé s’ils ont eu la foi jusqu’à transporter les montagnes, mais seulement s’ils ont accueilli l’étranger, visité le prisonnier.

 

Le choix du thème de la fraternité pour la journée mondiale de la Paix du 1er janvier est une invitation claire adressée à chacun pour qu’il vive la proximité entre frères, pour que vienne un monde de paix. Le pape François invite à dépasser une culture mondialisée du rebut, pour offrir une culture de la rencontre. Ainsi passe l’appel à la conversion.

 

Si nous avons apprécié les appels d’Isaïe à quitter les vêtements de deuil, nous apprécierons aussi l’insistance du pape pour que les chrétiens partagent la joie de l’Evangile. François rejette les paroles des prophètes de malheur pour notre temps : Si notre visage est assombri par les pessimismes, comment pourrions-nous porter l’Evangile : ne nous laissons pas voler la joie de l’Evangile ; ne nous laissons pas voler l’espérance. (Evangelii Gaudium, n°83, 86)

Abbé Emile Hennart
 

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