Le salut jusqu'aux extrémités de la terre

2ème dimanche ordinaire

terres lointaines terres lointaines  Isaïe 49, 3-6 ; 1 Corinthiens 1, 1-3 ; Jean 1, 29-34

 Au lieu de continuer la lecture de Matthieu (année A), le liturge choisit Quelques lignes tirées de l’Evangile de Jean, où Jean-Baptiste témoigne de Jésus. Cela peut orienter notre méditation. D’une part l’expression “voici l’agneau de Dieu” renvoie à Isaïe, lorsqu’il évoque le salut du peuple de Dieu. D’autre part l’affirmation “C’est lui le Fils de Dieu” vient signifier, dès les premières lignes de la vie publique, une grande partie des controverses entre Jésus et les Juifs puis entre les chrétiens et les Juifs : “qui est ce Jésus ?

 

Dès le début l’évangéliste donne la raison d’être de ce Jésus : il est Dieu et fils de Dieu, devenu homme il a partagé notre vie humaine… Le but de cette présence est de nous donner part à la vie de Dieu. “A ceux qui l’ont reçu il donne de devenir enfant de Dieu”…. Pour certain l’évangile de Jean est compliqué… pour d’autres, il est spirituel et énigmatique… plein de double sens etc. Pourtant, la ligne directrice qui permet de le comprendre, c’est de repérer une logique très simple : Dieu est venu chez les siens… reçu et non reçu. A ceux qui le reconnaissent, il donne de devenir enfant de Dieu.

 

Si cette affirmation johannique est trop compliquée, il suffit de lire attentivement le numéro 2 de la Constitution Lumen Gentium de Vatican II : “ Le Père éternel … a décidé d'élever les hommes à la communion de sa vie divine. Après leur chute en Adam, il ne les a pas abandonnés,…” C’est à rapprocher de la première lecture d’Isaïe, réinterprétée en vue de la venue de Jésus : “Je vais faire de toi la lumière des nations, pour que le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre”. Tout est dit sur la signification de la venue de cet homme Jésus… sauf que, pour St Jean, cet homme Jésus est aussi le fils de Dieu (relire les lectures de la semaine dernière).

 

Le temps de Noël vient de se terminer avec la fête du baptême du Seigneur… voici le temps ordinaire. Peut-être pourrions-nous profiter de ce temps ordinaire pour confirmer de que nous croyons de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, celui qui donne d’entrer en communion avec le Père et avec les frères. Nous devrions nous réjouir de voir l’ouverture de Dieu à toutes les nations : Dieu ne fait pas de différences entre les hommes, rappelait Saint Pierre lors de la rencontre avec Corneille.

 

Depuis quelques mois le climat social en France est marqué par diverses phobies : homophobie, xénophobie, racisme, antisémitisme. On trouvera toujours de bonnes raisons pour accuser l’autre de nous faire de l’ombre… Il est temps que les religieux, les philosophes, les politiques se ressaisissent afin de reconnaitre que la terre est à tous et que les biens sont à partager entre tous… Accepterions-nous de prendre ce chemin, le chemin qui fut celui du Christ refusant de condamner et de créer des distances avec les derniers de la société de son temps… “Je fais de toi la lumière des nations pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre”. Ne laissons pas Jésus seul ! Abbé Emile Hennart
 

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