Parole de religieux (ses) en équipe

Pour la journée de la vie consacrée. Lille, Arras et Cambrai

Désirer, Choisir, un autre regard
Pour vivre un chemin de fraternité et de service
Avec nos frères venus d’ailleurs

 

Assemblée des religieuses à Belval Assemblée des religieuses à Belval   Religieux(ses), vivant en communauté dans nos quartiers populaires, nos cités, nos associations… Nous sommes touchés, indignés, interpellés par la situation vécue par les migrants avec qui nous partageons quotidiennement cris, galères et espérance.

 

Au rassemblement à Lourdes Diaconia « Servons la fraternité » nous avons entendu des migrants partager leur souffrance :

  • « Il y a une différence entre toi et moi, je suis migrant, toi, tu es chez toi. Cela crée une inégalité, c’est une injustice de ne pas avoir les mêmes droits, de ne pas trouver du travail quand on en a la qualification »
  • « Parfois même on n’arrive même pas à manger, ici c’est une société organisée, cette organisation ne nous permet pas de subvenir à nos besoins élémentaires, parce qu’on n’a pas le droit de travailler, or on vient ici pour travailler, pas pour avoir des aides : c’est la misère.
  • « La misère pour un migrant c’est d’être déraciné, perdre ses attaches, être en précarité, on ne connaît personne, on n’a plus de repère, on est en souffrance affective de ne pas être avec les nôtres, chez nous. »

Par notre vie ensemble, avec les migrants de nos quartiers, de nos associations et même en Eglise, nous religieux (ses), nous sommes chaque jour traversés par ces paroles

- Nous sommes souvent interpellés par la situation des familles roms, et particulièrement les enfants ayant des problèmes de scolarisation
- A Lille dans la rue (le 115 ne répondant plus) les jeunes mineurs sont seuls , sans passeport abandonnés. Nous voyons ces personnes, nos frères et sœurs ne sortant dans la rue qu’en longeant les murs, évitant certaines bouches de métro de peur d’être controlés et parfois emmenés au centre de rétention et reconduites dans un pays qu’ils ne connaissent plus, sans famille ni relation.
- A Calais, dans les diverses associations, comme le Secours Catholique, nous sommes en proximité avec des centaines de migrants qui vont de squat en squat. Ils logent dans des conditions inhumaines, cachés, à peine à l’abri du vent et de la pluie, même en hiver.
- Les lieux de restauration ont été peu à peu démantelés, les douches ont été volontairement incendiées. Aujourd’hui 3OO à 500 migrants vivent à Calais dans des conditions inhumaines

 

Pour nous religieux(ses),nous voulons témoigner par notre proximité, notre solidarité avec ces migrants ; qu’une personne, quelle que soit sa race, sa couleur de peau ou sa langue , rejoint pour une part le DON DE NOTRE VIE A JESUS CHRIST parce que chaque homme est une histoire sacrée, un fils bien aimé.aux yeux de Dieu.
Dans notre prière ce sont les cris, les espérances de ces hommes, de ces femmes que nous portons. Leur rencontre, l’ouverture au monde, chaque petits gestes, changent le sens de notre engagement et se répercute sur notre manière de vivre la vie fraternelle en communauté.

 

Nous dénonçons la galère de ces hommes et de ces femmes,
Nous reconnaissons et nous nous réjouissons de tous les gestes de lutte que mènent les migrants, les associations, pour que la dignité de l’homme et la justice soit respectées. Nous faisons nôtres ces paroles d'Evangelii Gaudium : L’Evangile nous invite toujours à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, avec sa présence physique qui interpelle…(N° 88)...

 Il s’agit d’apprendre à découvrir Jésus dans le vidage des autres, dans leur voix, dans leurs demandes…(N° 91)

Les religieux(ses) de la Région Lille Arras Cambrai

(FEDEAR)
 

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