De toutes les nations faites des disciples

Edito EA 2014-07

Les animateurs des paroisses étaient invités à la journée annuelle de formation mi-mars. La deuxième session du synode provincial vient de se terminer.  Aucun manuel ne donnera le mode d’emploi parfait pour “bien faire fonctionner” les paroisses. Cela ne dispense pas de s’informer et de participer pour remplir au mieux la mission confiée aux baptisés par l’évêque d’un diocèse. Le vade-mecum remis aux participants montre la diversité des points d’attention des EAP.

 

Une part importante de la charge des EAP concerne l’organisation de la paroisse, avec ses clochers et ses diverses équipes : organisation du culte dominical, des assemblées en quelques lieux ; organisation de la catéchèse, des funérailles, pastorale des baptêmes, selon les âges, organisation de la pastorale des mariages. Notre diocèse reste fidèle à l’idée d’un maillage qui couvre l’ensemble du territoire, afin que toute personne puisse trouver, en quelque lieu que ce soit, une personne qui puisse répondre à son attente. Au XIXème siècle ce maillage fut honoré en multipliant le nombre des églises afin que personne ne se trouve éloigné de plus de 15 minutes d’un clocher. Dans un département qui s’enorgueillissait hier d’avoir le plus grand nombre de communes, pour le diocèse qui couvre le même territoire, la charge et l’animation des paroisses sont devenues très lourdes.

 

Une première génération a su faire face et appeler des chrétiens à s’organiser en groupes et équipes : catéchèse, sacrements, catéchuménat, service des malades, mouvements d’Action catholique et autres groupements de spiritualité, associations caritatives, EAP, etc. Au moment de penser à la relève, la difficulté apparaît de trouver des successeurs… et pourtant ils existent, ce dont il faut se réjouir ; la journée des EAP en est une illustration.

 

Déjà lors du concile Vatican II les évêques conciliaires avaient insisté pour qu’une génération de fidèles puissent accéder aux charges, ministères et services jusqu’alors réservés aux personnes consacrées (cf. l’exhortation apostolique christifideles laici de Jean-Paul II en 1988). Le ministère diaconal avait été restauré pour que le service de la charité soit mieux reconnu et honoré. Depuis 60 ans, le visage de l’Eglise a beaucoup changé, avec la participation active des laïcs. Sont-ils de simples aides aux ministres ordonnés ou assurent-ils un ministère reconnu ? La question n’est pas encore tranchée. Le pape François, dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium, “reconnait avec joie que de nombreuses femmes partagent des responsabilités pastorales avec les prêtres… Mais il faut encore élargir les espaces pour une présence féminine plus affirmée dans l’Eglise” (n° 103).

 

Les nombreux dialogues et réponses nées du questionnaire pour le synode témoignent du souhait de continuer sur ce chemin. Le souhait existe également que les paroisses soient encore plus proches des gens, que les paroisses soient des lieux de communion et de participation : restent à définir les moyens de la mise en œuvre des aspirations et des projets.

 

L’évolution du presbyterium, les thèmes de ses assemblées, les statistiques présentées inviteront sans doute à méditer sur le ministère, hier et demain, vécu comme service, et sur la participation de beaucoup à ce service, dans un dialogue de l’Eglise avec la société. Saurons-nous entendre la responsabilité pastorale en termes de service et non de pouvoir : le pape nous y engage. Le synode aussi.

 

Il serait cependant illusoire de vouloir une Eglise bien organisée si elle n’est pas d’abord au service de l’annonce de l’Evangile : “La joie de l’Evangile remplit le cœur et la vie de ceux qui rencontrent Jésus”. Pour résumer la mission, retenons cette affirmation : “Sur la bouche du catéchiste revient toujours la première annonce : “Jésus t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour, pour t’éclairer, te fortifier, pour te libérer” (Evangelii Gaudium 1 et 164).

 

Abbé Emile Hennart

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