Afin que vous croyiez que Jésus est le Messie

Eglise d'Arras n°09

Jérusalem soleil levant Jérusalem soleil levant  La liturgie du temps de Pâques offre de nombreuses lectures où se trouvent présentées la foi et les activités des premières communautés chrétiennes, à partir de l’évènement du Christ crucifié et ressuscité. Que le premier dimanche après Pâques nous présente un résumé, un sommaire de la première communauté est fort utile à la compréhension du christianisme, d’hier à aujourd’hui, pour qu’il soit communion fraternelle.

 

La veillée pascale oriente notre esprit et notre cœur vers le Christ ressuscité. En son nom, des catéchumènes ont été baptisés et avec eux, les chrétiens ont partagé le pain et le vin. Ils sont étonnés et émerveillés de l’annonce de la Résurrection. Avec eux, nous devrions être aussi étonnés de constater que, depuis ces premiers jours, des chrétiens se rassemblent pour la prière et l’enseignement, pour le partage du pain et le partage des biens (cf. Actes 2, 42-46). Leur baptême a eu des conséquences sur la structure sociale qu’ils essaient de transformer en mettant tout en commun.

 

Cela peut faire rêver : se réunir au nom du Christ et, dans le même mouvement, œuvrer pour la transformation de la vie sociale. Sans doute est-ce en ce sens que nous pouvons relire le titre du quotidien “La Croix” :“Le pape imprime sa marque sociale au triduum pascal” (22 avril). “En chaque situation humaine, marquée par la fragilité, par le péché et par la mort, la Bonne Nouvelle n’est pas seulement une parole, mais un témoignage d’amour gratuit et fidèle : c’est sortir de soi pour aller à la rencontre de l’autre…”   On peut préférer les belles liturgies aux solidarités humaines, on peut regretter que le Christ se soit incarné dans la chair… il a voulu se faire l’un de nous, semblable en toute chose excepté le péché. Jusqu’à la fin des temps, le croyant se trouve en tension entre l’humain et le divin, avec la tentation de séparer l’un de l’autre, or “Il n’est rien d’humain qui ne trouve écho dans le cœur des croyants” (Gaudium et Spes n°1).

 

Les récentes canonisations de deux papes, Jean-Paul II et Jean XXIII, rappellent le service que l’un et l’autre ont apporté pour que se renouvelle l’Eglise dans le monde. Jean XXIII avait souhaité réconcilier l’Eglise et le monde, et ce fut l’ouverture du Concile. L’infatigable voyageur que fut Jean-Paul II rappelait aussi à l’Eglise son devoir de porter l’Evangile à toutes les nations.

 

Dans quelques jours l’évêque de Rome se rendra au Moyen-Orient et à l’Eglise de la Résurrection : voyage de pèlerinage a-t-il dit, mais aussi rencontre œcuménique avec les différentes communautés chrétiennes coexistant en Terre Sainte, à l’emplacement du tombeau du Christ. Le patriarche Barthomaios affirmait : « Les leaders des Églises doivent entreprendre des pas décisifs pour réconcilier la chrétienté divisée et répondre aux besoins urgents de notre temps », souhaitons qu’il soit entendu.

 

Ce pèlerinage sera aussi une présence remarquée, là où des hommes et des femmes continuent à se déchirer, à s’entretuer. L’invitation à la Paix promise par le Christ semble encore bien peu entendue. Heureux les artisans de paix, ils seront appelés Fils de Dieu.

Abbé Emile Hennart

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