Communiquer et servir la rencontre.

Eglise d'Arras n°10

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Depuis les dernières lignes de l’Evangile de Matthieu, la mission que Jésus a confiée à l’Eglise est d’aller annoncer la Bonne Nouvelle de l’Amour de Dieu pour tous. Ainsi l’Eglise est-elle devenue instrument de communication.

 

A propos de l’Evangile de Jean, il arrive que l’on ergote sur la traduction : Logos ou Verbe de Dieu ? Voilà  des mots qui renvoient au mot hébreu : dabar, (parole, discours). “Le Verbe s’est fait chair”, pour saint Jean, était une des manières de dire que Dieu se communique. Mais Jean précise que cette communication ne peut être à sens unique, puisqu’il faut aussi que celui qui reçoit la communication dise qu’il adhère à celui qui envoie la communication. Bel exercice de linguistique pour comprendre le cœur de la foi chrétienne : Dieu est dialogue ; en son immense amour, il s’entretient avec les hommes comme avec des amis... il attend, ils espère la réponse de chacun.

 

Avec le développement de l’observance, avec la mise en place de rites et de pratiques ou de commandements à respecter, avec l’adage ex opere operato, le théologien a pu donner au mystère chrétien l’idée d’une verticalité, d’une action de haut-en-bas, alors qu’on peut aussi communiquer sous la forme dialoguale. La méditation du très bel hymne du jeudi-saint “Ubi caritas et amor, deux ibi est” est une invitation à découvrir la présence de Dieu et de son amour dans notre humanité, parce qu’il l’a voulu : il est là au milieu de nous. En ce sens on ne peut reprocher au pape Jean XXIII d’avoir honoré l’expression “signes des temps”, comme une invitation à rechercher des signes de l’amour de Dieu présent dans notre monde.

La dernière constitution, Gaudium et Spes, votée la veille de la clôture de Vatican II  rappelle le dialogue nécessaire de l’Eglise avec le monde de ce temps. C’est une caractéristique des enseignements de Vatican II : une Eglise en dialogue.

 

La peur des sciences modernes, la peur des nouvelles philosophies, le rejet d’une coexistence du christianisme avec d’autres religions, avec d’autres courants de pensée a pu entrainer une peur de l’autre et un repli sur soi et son passé. Que l’Eglise doivent apporter au monde, cela a été accepté, mais que l’Eglise reçoive aussi du monde, et que cet échange puisse servir la rencontre de l’homme avec Dieu cela a été mal accepté. Le souci de l’annonce n’a probablement jamais quitté le cœur des croyants. Fort heureusement Evangelii nuntiandi a été une invitation pressante à toute l'Église, pour qu'elle retrouve le courage et la joie d'annoncer l'Évangile et qu'elle envisage les modes les plus adaptés et les plus efficaces pour le communiquer. Les débats sur la nouvelle Evangélisation, le synode de 2012 et la récente encyclique sur la joie de l’Evangile ont créé un désir de participer avec les instances d’Eglise pour que Jésus soit connu et aimé au –delà de nos réseaux habituels.

 

Dans le cadre de l’annonce, le message du pape pour la 48ème journée mondiale des communications sociales prend tout son sens : avec les nouveaux réseaux, savoir rester proches… ou savoir devenir proches, en particulier de celles et ceux dont l’Eglise est demeurée éloignée.

 

Le moment exceptionnel que fut la canonisation de deux papes suppose une suite : comme (à la suite de) Jean XXIII et de Jean-Paul II, il nous faut oser la rencontre de l’autre, inventer des chemins nouveaux… Parmi les propositions, le synode invite à faire de la Pentecôte un évènement pour l’Eglise et pour ceux qui vivent à côté d’elle.

Puissent les témoignages évoqués dans ce numéro 10 être source d’inspiration, nous rende acteurs d’Evangile et proches des foules dont le Christ s’est fait le proche, le prochain, l’ami.

Abbé Emile Hennart

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