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6ème dimanche de Pâques

 

Actes 8, 5-1 ; 1 Pierre 3, 15-18 ; Jean 14, 15-21

Jeudi prochain, 29 mai, nous fêterons l’ascension de Notre Seigneur. Les textes de ce dimanche invitent à recevoir l’Esprit-Saint. La première lecture rend compte de l’annonce en Samarie par Philippe, diacre chargé du service des tables, œuvre confirmée par la venue de Pierre. Il y a dans ce récit l’expression d’une organisation de la première Eglise tout en précisant le travail réalisé par les premiers acteurs chrétiens, à la base. Les Actes des apôtres nous parlent de l’activité des deux premiers diacres nommés dans la liste  d’Actes 6. Pour les autres on suppose qu’ils firent de même : fidèle au service et porteurs d’Evangile. On pourrait ainsi relire la 2 Timothée, où, selon la tradition, Paul livre peu après sa mort les dernières recommandations à Timothée, lui qu’il avait appelé à la tête d’une communauté chrétienne.

 

L’Evangile de ce dimanche est la deuxième partie du discours de Jésus aux apôtres au sujet du don de l’Esprit-Paraclet. L’expression paraclet de nos livres est une manière de ne pas traduire le mot latin : paracletos. Le mot Esprit lui aussi peut aussi nous induire en erreur… alors c’est notre intelligence qui doit se joindre à notre cœur pour trouver les mots justes qui expriment quelque chose du rôle de l’Esprit-saint : celui qui parle en nous, celui qui nous aide à dire les mots justes au sujet de Jésus (avocat ou défenseur, est-il parfois écrit). C’est aussi celui qui continue à rendre vivante la relation créée par Jésus lui-même quand, par le baptême nous avons été incorporés en Christ.

 

Avocat ou défenseur ? A lire les Actes des apôtres nous découvrons qu’il est celui qui pousse à parler. Que ce soit Pierre le jour de Pentecôte que ce soit Paul envoyé en mission par les chrétiens d’Antioche etc…  Les premières missions ont été portées par la force de l’Esprit. C’est ainsi aussi qu’est exprimée la force de conviction d’Etienne.

 

Il est heureux de découvrir qu’aujourd’hui, l’Eglise insiste à nouveau sur la nécessité d’annoncer. “Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile”, écrivait Paul aux Corinthiens. Les débats de cers dernières années autour de la nouvelle Evangélisation ont amené Benoit XVI et, à sa suite, François, à provoquer les chrétiens sur leur fidélité à vivre à la suite de Jésus, rappelant que les premiers à devoir être évangélisés, ce sont chacun de nous, afin de savoir comme Jésus, nous asseoir auprès des hommes et femmes de notre temps, à nous rendre proche du lépreux ou du publicain, des périphéries, afin que chacun puisse découvrir combien grand est l’amour de Dieu envers eux. Cet amour ne se traduit pas d’abord par de bonnes paroles, mais par des gestes concrets qui signifient la proximité, la charité, la justice. Il nous faudrait davantage méditer sur l’organisation que se donnent les chrétiens pour subvenir à ceux qui n’ont rien. Paul devra rappeler l’ordre les chrétiens de Corinthe… mais on peut aussi relire la lettre de Jacques sur l’aptitude ou la non-aptitude à partager… On ne peut séparer la Parole des gestes qui l’accompagnent.

 

Deux mille ans après la venue du Verbe, la fidélité à Jésus est rappelée par le pape François dans son exhortation Evangelii Gaudium : La dignité de la personne humaine et le bien commun sont au-dessus de la tranquillité de quelques-uns… Développer la dimension sociale de nos vies, devenir citoyens responsables… et non vivre comme une masse asservie par les forces dominantes. Un mot revient fréquemment : le discernement. Puisse l’Esprit-Saint nous aider à discerner le chemin à prendre afin que toute l’humanité déchirée puisse devenir un peuple saint, un peuple de frères, un peuple de Fils de Dieu… E.H.

 

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