Témoins de la lumière, réjouissez-vous

3ème dimanche de l'avent

Isaïe 61, 1-11 ; 1 Thessaloniciens 5, 16-24 ; Jean 1 6-18 et 19-28

 

La liturgie a choisi de découper en pièces détachées le très beau Prologue de l’évangéliste Jean (chapitre 1), pour ne retenir que ce qui concerne Jean-Baptiste. C’est un choix… Relisons donc la totalité du prologue (1, 1-18), relisons en particulier ce qui concerne l’interrogatoire subi par Jean-Baptiste, premier des nombreux accrochages avec les pharisiens, rêtres et lévites dans l’évangile de Jean. Nous aurons l’occasion de lire le texte entier du Prologue de Jean, lors de la messe du jour, à Noël.

 

Pour ce troisième dimanche d’avent, efforçons-nous de mesurer la force du témoignage du Baptiste : ce dont il témoigne, selon Jean, l’accent de son enseignement ? Jean-Baptiste est d’abord présenté comme le témoin de la lumière ; il est aussi la voix qui crie dans le désert, il annonce la présence au milieu de nous de quelqu’un qui nous ne connaissons pas. Ceci peut être objet de notre méditation. “Il est chez nous, au milieu de nous, et nous ne le reconnaissons pas”.

 

Je pense aux strophes d’un chant de carême : “au cœur de nos détresses, au cris de nos douleurs, c’est toi qui souffre sur nos routes, et nous passons sans te voir”. Combien de fois ne nous arrive-t-il pas de passer à côté » de lui sans le voir. Ce sera aussi une obsession de Matthieu qui met en scène les acteurs de solidarité, comme ceux qui “oublient” d’aider leur prochain. La réponse de Jésus à leur question : quand t’avons-nous vu avoir faim, être malade ou en prison… ? “Quand vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait”.

 

Le témoignage de Jean-B invite à comprendre qui est le Verbe de Dieu, celui qui vient dans le monde. Jean le Baptiste est celui qui éclaire le chemin, qui offrira bientôt aux disciples de se mettre à la suite de Jésus qui passe. Heureux ces disciples qui prennent le temps de le voir et de le suivre : André, Simon, Philippe… et nous à leur suite.

 

D’entrée de jeu, Jean-B précise ce qu’il n’est pas. Il n’y a donc pas erreur sur la marchandise. Il n’est pas non plus le grand prophète, c’est-à-dire celui qui vient après Moïse. En précisant son appel à aplanir le chemin, il renvoie ses auditeurs au prophète Isaïe.

 

Une lecture attentive de l’Evangile de Jean peut nous faire découvrir qu’une telle présentation est un choix de l’évangéliste. Jésus est de la lignée des prophètes, plus encore il est celui qui vient donner la Vie, renouer la relation à Dieu (relire l’image de la nuée déchirée lors du baptême).

 

La première lecture, tirée du livre d’Isaïe nous est connue parce qu’elle est citée lorsque Jésus s’exprime  la synagogue : “L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, envoyé porter la Bonne Nouvelle aux humbles…” Là encore notre méditation oriente à comprendre qui est Jésus, ce qu’est l’Evangile, une Bonne Nouvelle, pour les pauvres d’abord.

 

On peut se demander si certains courants de pensée dans l’Eglise, comme les Jansénistes hier, ou comme les lefebvristes aujourd’hui n’auraient pas transformé la Bonne Nouvelle en mauvaise nouvelle. “Gaudete”, réjouissez-vous était le premier mot du chant qui ouvrait le 3ème dimanche d'avent, dans l’ancienne liturgie. Oui, réjouissons-nous, car le Seigneur est proche de nous, comme il est proche de tous ceux qui invoquent son nom. Ceci n’est pas une proximité de calendrier, ceci est une conviction de foi : oui ! le Seigneur est proche : gaudete, réjouissons-nous, et communiquons cette joie autour de nous. EH

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