Sur la terre comme au ciel

Edito

Nativité, détail, Nativité, détail,  
église grecque orthodoxe de Bethléem
église grecque orthodoxe de Bethléem
A quelques jours de Noël, chacun a préparé depuis longtemps ce qui mettra de la chaleur aux animations de Noël dans les maisons, dans les paroisses, à l’occasion des célébrations et rencontres de catéchèse, etc. Bientôt, les chrétiens feront résonner : “Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes que Dieu aime…” et chacun ouvrira les mains pour présenter à l’enfant Jésus un peu de notre humanité.

 

Pourrons-nous chanter l’hymne de la paix de Noël, alors que retentissent les cris de guerre et les bruits des armes contre des populations qui n’y peuvent rien ? Sans doute reste-t-il dans notre mémoire cette annonce d’Isaïe : “Le loup habitera avec l’agneau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays” (Isaïe 11). Promesse et espérance toujours entretenues.

 

Un chant composé en 1967, aujourd’hui démodé, comportait une mélodie évocatrice du “peuple de Dieu qui se traine à travers l’immense désert…” Hier comme aujourd’hui, le thème de la marche, cahin-caha, correspond au sentiment de poids et de lourdeur d’une masse humaine qui doute de l’avenir, de son avenir. Les derniers déplacements du pape et ses discours attirent l’attention sur les chrétiens, mais aussi sur tout homme, quel qu’il soit. Ses discours se font insistant auprès des acteurs dans la société, pour que la personne humaine, toute personne humaine soit reconnue. Il serait tentant de ne pas se sentir concernés par ses paroles adressées à l’Europe, à la Turquie, aux mondes de l’Islam. Or, chacun peut apporter sa pierre et sa voix, si petites soient-elles, pour construire avec Dieu et avec les hommes de bonne volonté un monde de relations, plutôt qu’un monde de haine... un peu dans les églises avec le peuple déjà rassemblé, et beaucoup hors des espaces sacrés : dans le quartier, la cité, auprès des camps et des associations, auprès du malade à l’hôpital ou du détenu en prison… auprès de celui dont on s’est rendu proche, sans oublier la proximité lointaine par les réseaux sociaux.

 

Nous avons vu de belles choses, petites ou grandes, dans le diocèse : visite de notre évêque dans un doyenné, année de la vie religieuse, temps de formation et d’ouverture à la solidarité, participation à la vie communale, à la vie associative, Synode à Merville ou à Rome. Que tout cela puisse devenir cadeaux de Noël, présents dans nos mains devant la crèche.

 

De nombreux lecteurs d’Eglise d’Arras sont aussi animateurs des communautés chrétiennes qui se rassembleront pour Jésus Christ. Il leur revient de développer le sentiment religieux envers ce Dieu qui se fait l’un de nous, il leur revient aussi de développer le souci de tout être humain, car c’est pour chacun que le Verbe est venu, à chaque homme qu’il offre Vie et Lumière, pour chacun qu’il offre de devenir enfant de Dieu. Saint Jean nous livre un message que les chrétiens ont à cœur de transmettre : “A tous ceux qui le reçoivent, il donne de pouvoir devenir enfants de Dieu”. L’évangéliste Marc l’exprime, à sa manière différente, mais semblable au contenu : Dieu s’est rendu proche… Bonne Nouvelle..., croyez-la (Marc 1, 15).

 

Abbé Emile Hennart

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