Le pain que le Seigneur vous donne

18ème dimanche ordinaire

 

Exode 16, 2-15 ; Ephésiens 4, 17-24 ; Jean 6 24-35 (Discours du pain de vie, à Capharnaüm :

Je suis le pain de la vie !

 

Pour la première lecture, du livre de l’Exode, ce genre de récit appartient tout à la fois au genre récit légendaire, récit construction des fondements de l’histoire du peuple juif. Le croyant qui lit aujourd’hui ces récits doit apprendre à tirer des ces histoires du neuf et du vieux, une part d’émerveillement, et en même temps une invitation à revoir sa manière de se sentir lié à Dieu. L’histoire des cailles d’Egypte et de la manne au-delà se sa dimension légendaire est une invitation à donner sa confiance au Dieu de l’Alliance : il n’abandonnera pas ce qu’il a commencé à construire. La foi en Yahvé puis au Dieu de Jésus-Christ est une foi indéfectible. “C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger“ est une manière de regarder la vie humaine sous l’angle du don de Dieu envers son peule. Le croyons-nous aujourd’hui ?

 

On comprend facilement le rapprochement que la liturgie fait entre ce récit de la manne et le pain multiplié et donné sur la montagne, à quoi il faut ajouter le pain de l’eucharistie. Le discours de Jésus à Capharnaüm ne sera pas bien reçu. Des miracles oui ! mais accepter de travailler aux œuvres de Dieu c’est autre chose et les auditeurs de Jésus ne sont pas prêts d’entrer dans cette démarche d’œuvrer pour son Père. Il est vrai que le langage n’est pas simple… et saint Jean ne fait rien pour rendre limpide le suivre Jésus. Mais qu’en est-il aujourd’hui de notre participation à l’eucharistie, ou, pour faire simple, aller à la messe du dimanche? Quand il nous arrive de bouder cette assemblée autour de Jésus, ne ressemblons-nous pas aux auditeurs ressemblés dans la synagogue, qui boudons, tout comme, eux le temps de la rencontre ?

 

Le temps de l’été peut être un temps favorable pour faire de notre méditation un temps de discernement et d’émerveillement. Regarder notre vie sous l’angle de l’émerveillement et du merci. Ce n’est pas toujours évident et nous sommes de plus en plus incités à repérer ce qui ne va pas ce qui ne me convient pas, oubliant la part de miel que nous pouvons recevoir de notre existence et, plus encore de l’existence de notre entourage. Pour cela il faut s’arrêter, se reposer, un peu comme le demandait Jésus à ses disciples, selon Marc, au début de l’épisode des pains…

 

Si les corps ont besoin de nourriture matérielle, sans doute faut-il aussi nous demander ce que le Christ apporte qui  donne des raisons de vivre, de continuer le chemin. Nourritures spirituelles disent parfois les manuels de spiritualité. Ce sont les deux à la fois que nous devons espérer et découvrir aujourd’hui. Les médias nous parlent beaucoup de migrants ces temps-ci. Il leur faut tout à la fois nourriture matérielles et spirituelles pour continuer à vivre, à exister, dans une monde qui les rejette, ce monde dont nous sommes une composante. Des syriens, des Afghans, des Erythréens fréquentent nos plages… quel monde leur ont donné la société des nations, l’organisation des Nations Unies ? A ce niveau-là, il ne peut y avoir de vacances. Comme le Père, jour et nuit, chaque jour, il nous faut œuvrer pour la construction de son Royaume et d'une terre plus fraternelle. E.H.

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