Partenaire 2010 :Illiassou , pour Mooriben

présentation de l'association partenaire invitée en 2010 (avec mise à jour 2017)

Du 17 au 24 mars 2010, notre diocèse a reçu

ILLIASSOU DANDAKOYE

 

Ce jeune ingénieur agronome  a rencontré de nombreux publics -scolaires compris-  un peu partout : Aire-sur-la-Lys, Auchel, Béthune, Boulogne, Liévin, Saint Pol, Wiwignes…

PJ : Photographie d’ Illiassou, sur  le tract standard d’annonce des soirées et rencontres…

A chaque étape, cet invité calme et souriant a présenté  l’action d’une organisation nigérienne  nommée  MOORIBEN  («La misère est finie » en langue Djerma-Sonraie), partenaire du CCFD-TS depuis 2004.

 

                                               Mooriben, Niger

 

La Fédération des Unions des Groupements Paysans du Niger :

FUGPN-Mooriben) est une organisation paysanne de l’ouest nigérien, la première constituée librement par les paysans eux-mêmes - en dehors du système coopératif contrôlé alors  par l’état,  et officiellement agréée en 1993.

La Fédération  comptait 17 Unions  voici dix ans, peu avant la visite d’Illiassou Dandakoyé dans notre diocèse. Elle en rassemble aujourd’hui trente, qui fédèrent 1541 groupements implantés dans plus de 700 localités ; au total : pas loin de 57 000 membres, dont 63 % de femmes ; en grande majorité agriculteurs et agropasteurs mais aussi quelques pêcheurs et artisans.

Mooriben vise  l’amélioration des conditions de vie paysanne et la promotion du monde rural. Elle intervient dans plusieurs domaines : la réponse aux urgences et le renforcement des capacités humanitaires, certes : la crise alimentaire de 2005-2006 a montré leur nécessité ; mais surtout un travail de fond : la formation (alphabétisation, information technique) et le plaidoyer, la microfinance  et l’accès au crédit, et bien sûr la production agricole et sa commercialisation.

 

Des actions qui  cherchent avant tout  à agir sur les causes structurelles de l’insécurité alimentaire:

Opérant essentiellement dans des régions de climat sahélien, Mooriben s’attache particulièrement  à développer  les cultures maraîchères le long du fleuve Niger et dans les bas-fonds par de petits systèmes d’irrigation, et à organiser la commercialisation. Les collecteurs de Mooriben achètent oignons ou tabac dans les villages et fournissent  directement les commerçants à Niamey, ce qui permet de se passer d’intermédiaires et de lutter contre certaines pratiques spéculatives.

Les opérations de warrantage (accès à un petit crédit rotatif contre la mise en garantie du stock) sont devenues monnaie courante ; elles s’appliquent prioritairement au mil et à l’arachide et permettent aux producteurs  de mieux gagner leur vie, sans brader leur récolte. L’appui aux cultures pluviales se traduit aussi par la création d’une banque de céréales.

Les caisses populaires d’épargne et de crédit  ( dans lesquelles les ONG amies placent des lignes de crédit) permettent aux membres du réseau de trouver un financement à taux réduit pour les achats d’engrais ou de semences, ou pour le fond de roulement d’un petit commerce.

 

 

Aujourd’hui,  Mooriben est aussi partie prenante du programme PAIES (2016-2020) :

 

C'est un programme de grande ampleur  qui réunit treize organisations partenaires  (et implique aussi la SIDI, filiale CCFD de finance solidaire) dans divers pays,  puisqu’il est mis en œuvre à l’échelle du Sahel (Niger, Mali, Burkina Faso) et des Grands Lacs (Burundi, Rwanda, RDC). La mobilisation autour des enjeux climatiques qui fragilisent l’agriculture familiale, et la  promotion de l’agro-écologie sont  au centre du propos.

Le constat est partout le même  en pays tropical sec : la saison sèche tend à s’allonger, les pluies  d’été sont plus tardives et  plus violentes, accentuant l’érosion des sols… Où nous retrouvons Illiassou  Dandakoyé, chargé du programme de sécurité alimentaire pour Mooriben: « Au Niger, les pluies viennent tardivement, elles sont irrégulières et de courte durée. Un champ de 2 hectares qui donnait 100 bottes de mil il y a vingt ans n’en fournit plus que 20 aujourd’hui ». Partout les organisations paysannes s’efforcent donc de préserver la sécurité alimentaire : l’agro-écologie et la promotion des semences paysannes y contribuent au premier chef.

En outre, le financement pour les paysans  par le circuit bancaire  étant devenu plus difficile  en raison de taux d’intérêts élevés, la promotion d’autres manières de faire   est bienvenue  pour se substituer aux intrants (engrais) devenus plus chers : il faut  donc  « accompagner les paysans à utiliser les matières organiques et à prendre soin des arbres, de manière à restaurer la fertilité des terres » [i].

 

 

 


[i] Les citations d’Illiassou Dandakoyé sont tirées de l’article  de Sabine Cessou  du 28 juillet 2015 :

 « Au Sahel, le programme PAIES pour répondre aux enjeux climatiques »  , sur le site ccfd-terresolidaire.org /projets internationaux.

Article publié par Guy Jovenet - CCFD Terre Solidaire • Publié • 86 visites

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