Edito : Porter la Lumière

Eglise d'Arras n°02

bougies noel bougies noel  Le décès de Mgr Géry Leuliet, évêque émérite d’Amiens, à la veille de ses 105 ans a pu réveiller au cœur de beaucoup bien des souvenirs, au moins pour les plus âgés. Il a participé aux 3 dernières sessions du concile Vatican II. Le 7 décembre 1965, veille de la clôture du Concile, étaient votés plusieurs textes importants, dont la constitution Gaudium et Spes. et la déclaration Dignitatis humanae, sur la liberté religieuse.

De la constitution Gaudium et spes nous avons en mémoire au moins son introduction : “Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ…” Quoique votés à la quasi-unanimité par les pères du concile (2.307 pour le premier, 2.208 pour le second et 70 contre) ces deux documents ont été sources de bien des tensions pendant le Concile et après, lors de leur réception par l’Eglise, Peuple de Dieu, et par sa hiérarchie en particulier. On rendra hommage à Mgr Leuliet pour avoir cherché à suivre et à mettre en œuvre le renouveau théologique et ecclésial dans son diocèse. Le diocèse d’Arras avait aussi un évêque conciliaire, en la personne de Mgr Huyghe.

 

La constitution Gaudium et Spes voulait mettre par écrit, noir sur blanc, l’intuition première du pape Jean XXIII, celle d’une Eglise qui dialogue avec le monde. Cinquante après, où en sommes-nous de cette intuition ? N’avons-nous pas un peu trop vite abandonné les rives conciliaires pour regagner les espaces habituels que sont les lieux de cultes et de célébration. Des courants de pensée, laïcs ou religieux, ont pu nous amener à oublier que l’Eglise est faite pour ceux qui n’y sont pas, au point de trouver étrange d’être envoyés aux périphéries ! Certes, dans chaque paroisse les équipes ont  cherché à organiser de belles fêtes de Noël, avec des liturgies qui manifestent la proximité d’un Dieu venu chez nous en Jésus. Cette proximité se manifeste aussi par notre présence en proximité aux hommes de bonne volonté, mais les témoignages en sont plus rares, ceux qui expriment l’activité de l’Eglise (et donc des chrétiens) dans le monde. Le souci de “faire venir chez nous” l’emporte sur le désir “d’aller vers”, à la rencontre de... Il y a deux ans, les slogans de la manif ne poussaient pas à un aller vers, mais un aller contre. Tout autre était l’esprit de la veillée de prière œcuménique et interreligieux, fin décembre à Liévin, pour l’anniversaire de la catastrophe.

 

Les paroisses préparent d’autres célébrations, qui relancent notre attention au migrant, à l’exclus, là-bas dans le monde, mais aussi tout proche chez nous. L‘appel récent du cardinal Jean-Louis Tauran pour développer le dialogue avec les musulmans, ceux que nous rencontrons proches de nous, provoque à vouloir le dialogue malgré tout. Cependant il ne peut y avoir dialogue si l’on maintient une ignorance réciproque de l’autre. L’option du pape François pour une culture de la rencontre invite la chrétienté à progresser en ce sens, en toute occasion. Il importe donc de saisir les occasions, comme les vœux ou les temps festifs pour dépasser nos ignorances et aller à la rencontre de…

 

Des assemblées de prière réuniront encore des chrétiens de différentes confessions avec le souci que progresse l’unité des chrétiens et une meilleure connaissance entre eux. Enfin le 2 février, sera aussi occasion de fêter la Lumière. Appelée autrefois fête de la chandeleur, la fête de la Présentation de Jésus au Temple est aussi la journée de la vie consacrée. Les communautés religieuses sauront, localement, susciter notre attention, en cette année de la vie consacrée.

 

Puisse donc ce mois de janvier voir briller de nouvelles étoiles, de nouvelles lumières. N’est-ce pas une manière de devenir nous aussi fils de Lumière avec Jésus, Lumière au cœur du monde ?

 

Abbé Emile Hennart

 

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