Qu'est-ce qui rend l'homme impur et pécheur?

22ème dimanche ordinaire

Deutéronome 4, 1-8 ; Jacques 1, 17-27 ; Marc 1-8 ; 14-23.

Le Deutéronome se présente comme la seconde Loi, loi écrite (actualisée) sous le roi Josias, considéré comme réformateur. Le Deutéronome reprend nombre des exigences de l’Exode, du code de l’Alliance, et il intériorise un peu plus ce qui pouvait n’être qu’un code de lois auxquelles on obéit. Le Deutéronome se trouve aussi sous le souffle qui a inspiré Jérémie ("Donne-moi Seigneur un cœur nouveau", ou "ma loi je l’écrirai dans leur cœur").

 

En contrepoint on relira les paroles de Jésus dans l’Evangile (Marc ch.7) comme une accusation envers les légalistes : "ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi…" Que ce soit la première lecture, que ce soit l’Evangile, nous sommes ici en présence d’un appel à la religion vraie, la religion du cœur. Faut-il encore parler de religion ? N’est-ce pas l’adhésion à la personne du Christ qui est sollicitée, celle qui était demandée dimanche dernier à la fin de l’Evangile de Jean et où Pierre avait répondu au nom de Douze : "à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle". Dieu attend de nous une écoute un accueil de sa Parole.

 

C’est bien plus que de faire ce qui est écrit. Il semble que, dans les temps de trouble, hier comme aujourd’hui, on ait tendance à nous replier sur les œuvres à faire. Qui n’a pas déjà rencontré une nouvelle génération fort catholique, qui ne cesse d’interpeller sur le respect des règles de la religion ? Un peu comme ces pharisiens qui reprochent aux disciples de ne pas avoir respecté les règles de pureté légale au moment de prendre leur repas.

 

“Que dois-je faire pour avoir la Vie éternelle" demandait le jeune homme riche ?” Etait-ce pour avoir bonne conscience ? Peut-être était –il troublé de voir la liberté du Christ et de ses disciples devant les règles d’observance. Troublé parce que Jésus demande une religion où c’est la conscience qui prend les décisions et les met en œuvre… ce n’est plus une religion à appliquer mais bien plutôt une adhésion envers une personne qui nous parle de son Père et nous invite à l’aimer.

 

Quand aujourd’hui le pape François en appelle à la miséricorde, à quoi invite-t-il les chrétiens du XXIème siècle ? Ce n’est pas ce qui est extérieur qui rend impur, mais ce qui vient du cœur de l’homme. Mais où est notre cœur ? C’est déjà en ce sens que le prophète Jérémie, dans le ligne du Deutéronome, invitait à passer à une religion authentique. C’était six siècles avant Jésus-Christ. E.H.

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