Redressez-vous, relevez la tête

Edito EA 2015-20- Avent2015

PORTE OUVERTE PORTE OUVERTE  

Voici déjà venu le premier dimanche de l’avent ; une nouvelle année liturgique commence ! Cette année nous serons accompagnés dans la liturgie par la lecture de l’Evangile de Luc. Il est souvent présenté comme l’Evangile de la joie et de l’action de grâce. Luc situe la naissance et le baptême de Jésus au sein de l’empire romain et, dans la généalogie, c’est toute l’humanité qui se trouve récapitulée : Jésus vient pour toutes les nations.

 

Cet évangile a été sans doute écrit à Antioche sur l’Oronte. C’et là où des chrétiens osèrent porter l’annonce, au-delà des cercles juifs, auprès des païens. C’est là aussi que fut donné le nom de Chrétiens aux premières communautés qui témoignaient du Christ ressuscité.

 

L’auteur de cet évangile, Luc, est aussi celui qui offre une première histoire de l’Eglise ouverte aux païens. Cela commence avec Pierre chez Corneille et sa maisonnée, puis avec Saul, qui prend le nom de Paul lors de sa rencontre avec le proconsul Sergius Paulus, faisant ainsi le choix de la romanité. C’est ensuite le premier parcours missionnaire de Paul dans les contrées païennes de Pamphylie jusqu’à Antioche de Pisidie.

 

C’est encore Luc qui évoque, quoique discrètement, les conflits entre chrétiens d’ouverture et chrétiens judaïsants attachés à la Loi des Anciens. On en retient le compromis de Jérusalem, rédigé sous la dictée de l’Esprit saint et de Jacques en l’an 50. L’au-delà des frontières, la proclamation en très païennes se manifeste encore par l’arrivée de Paul, Sylvain et Timothée à Philippes en Macédoine, avec le baptême de Lydie et de sa famille ; puis c’est la courte présence de Paul à Thessalonique, la proclamation à Athènes, puis à Corinthe. C’est aussi avec Paul que débute l’art épistolaire chrétien, moyen de communication moderne pour l’époque, qui permet d’atteindre les nations bien au-delà du cercle restreint des auditeurs…

 

Avec cette évocation de Luc et de Paul, comment ne pas penser à l’appel du pape François à aller aux périphéries, quelles qu’elles soient. Nous pouvons aussi méditer sur le dialogue conclusif de l’eucharistie : “Ite missa est”. Les journalistes sportifs en ont parodié la traduction “Allez, la messe est dite”, alors que tout commence ! Au-delà de la paisible traduction actuelle “Allez dans la paix du Christ”, nous devrions comprendre : Allez, c’est le temps de la mission. C’est le moment de franchir la porte pour porter la Bonne Nouvelle. C’est au diacre que revient cette invitatoire de conclusion.

 

Nous allons fêter ces jours prochains l’ouverture de la Porte du Jubilé de la Miséricorde. La porte ouverte est un beau symbolisme mais, comme le rappelait notre évêque pour présenter les suites du synode provincial, la porte de nos églises est porteuse d’un double symbolisme. Si l’ouverture de la porte évoque l’appel à entrer pour recevoir la miséricorde du Seigneur, elle évoque aussi l’invitation adressée à l’assemblée à sortir par cette même porte pour porter l’Evangile du Christ et sa miséricorde aux périphéries. Allez, c’est le temps de la mission. Proclamez une année de bienfaits de la part du Seigneur ! Isaïe 61,2

Abbé Emile Hennart

 

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