Témoignage de Sœur Odile et de L’abbé Bienvenu

lors de leur messe d'action de grâce

Témoignage de Sœur Odile et de L’abbé Bienvenu

 

Témoignage d’Odile

 

Quand es-tu arrivé à Sallaumines ?

 

                Il y a 32 ans, le 18 août 1984, j’arrivais à Sallaumines après une vingtaine d’années en région parisienne dont 13 années comme caissière en Grande Surface ! Immédiatement, j’ai été séduite par l’accueil extrêmement  chaleureux, la simplicité des habitants de la région ! Qu’est ce qu’il faisait bon respirer cette amitié spontanée ! Certes l’adaptation a aussi été facilitée par la communauté. Nous étions 4 sœurs à l’époque, et, en arrivant, nous bénéficions des relations des unes et des autres !

 

Quelle a été ta mission ?

 

                Notre fondateur, en 1880, écrivait  « Les petites sœurs de l’ouvrier seront disposées à gagner leur vie par le travail ».

                Tout de suite, j’ai donc cherché à décrocher un travail. J’espérais vivement retrouver un emploi de caissière. Mais, déjà à cette époque, la galère !!! «  Vous êtes trop âgée. Vous ne pouvais plus travailler en Grande Surface ». Et, pourtant, je n’avais que 37 ans…

                J’ai aussi entendu dans une Boite d’intérim « Je ne peux pas vous inscrire. Caissière ce n’est pas une qualification ». Durant 6 ans, ce fut un véritable parcours du combattant. Même avec une communauté, une congrégation, qui vous soutient, la désespérance s’installe très vite… Finalement, la parole d’un psaume « Mais la ténèbre n’est point ténèbre devant toi, et la nuit comme le jour illumine… » M’a donné de comprendre que le seigneur m’attendait «  vivante » avec les demandeurs d’emplois, partageant comme eux, avec eux, cette galère…

                Miracle de la Parole priée qui apporte Lumière, Vie. Véritable renaissance avec la création d’un comité chômeurs, puis en 1988, celle de l’association « Pour le Droit au Travail » à Lens, née d’une poignée de demandeurs d’emplois que je rejoins à l’appel de Pierre.

                L’association adhère au Mouvement National des chômeurs et Précaires. En 1990, grâce à tout un élan de solidarité, l’association peut bénéficier d’un local sur le quartier de la Grande Résidence et d’un poste de permanent. Les copains voteront à l’unanimité  mon embauche. Je ne pourrais jamais oublier que je suis sortie du chômage par leur proposition, leur confiance, leur humilité « Nous, on ne saura pas faire. C’est pour toi ». Cependant, ils avaient charge de famille, parfois sans ASSEDIC, et le RMI se mettait juste en place. Je ne peux pas revenir sur tout ce vécu avec les demandeurs d’emplois, un Partenariat en réciprocité avec des personnes du Monde Économique afin de créer des emplois. Ce serait trop long. Je ne peux pas m’étendre non plus sur le vécu avec le CCFD, l’équipe Syméon, etc … tout ce vécu à sa « saveur » d’évangile !

 

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Pourquoi pars-tu ?

 

                Nous sommes une toute petite  congrégation par le nombre actuel de sœur. L’entrée en Maison de retraite, en EHPDAD, de sœurs, de décès, vient déséquilibrer les communautés. Actuellement, nous sommes 3 communautés avec deux sœurs seulement.

                Or, nous sommes engagées à suivre Jésus-Christ dans une vie de communauté. A deux, cette dimension communautaire n’est plus. Le conseil a donc choisi de recomposer entièrement les communautés. Cela entraîne à grands regrets la fermeture de notre  communauté de Villejuif où nous étions présentes depuis 50 ans, ou la plupart des sœurs actuelles ont vécu leur temps de formation, et aussi des changements pour un meilleur équilibre des  communautés. C’est pour cette raison qu’en Conseil, nous avons décidé que je rejoigne la communauté d’Echirolles (banlieue de Grenoble).

                Deux sœurs viendront faire communauté avec Christiane. Ces changements  auront lieu dans la deuxième quinzaine de juillet. Geneviève vient d’Echirolles   où  elle a vécu 20 ans, et Thérèse de Sarcelles où elle est en région parisienne depuis plus de 40 ans. Thérèse a vécu ses premières années de vie religieuse à Méricourt lorsque la communauté habitait un pavillon de la fosse 3 et travaillait en confection sur Hénin.

                J’ose affirmer que, part tout ce que j’ai vécu avec les uns et les autres, je me suis « éclatée ». Je pars « riche » de tout ce que j’ai appris, reçu, par les uns et les  autres. Durant ces 32 années, j’ai été témoins de geste de solidarité, de combativité, de fraternité, de fidélité, d’espérance… « Terre sacrée » à cultiver, trésor, comme lieu de la présence du seigneur et de communion à sa vie donné.

                Ma vocation a été façonnée, labourée, affermie, par tout ce vécu, véritable expérience spirituelle. J’ai quasi vécu une véritable «  re-naissance. »

                Re-naissance par ces relations toutes simples qui vous libèrent, vous  permettent d’être vous-mêmes. Impossible d’oublier. Tout ce vécu est terreau, fondation, sur laquelle je pourrais m’appuyer pour vivre cette nouvelle Aventure avec Jésus-Christ.

C’est un immense Merci qui jaillit… Oui, Merci  du fond du cœur.

 

Propos recueillis par Brigitte Brunel. 

 

 

Témoignage de Bienvenu

 

                Arrivé à Arras, fin Septembre 2011. Je suis arrivé à Sallaumines en Février 2012, après avoir passé 4 mois à Avion je suis originaire du Cameroun, diocèse d’Obala. J’ai été nommé prêtre associé à la paroisse Bienheureux Marcel Callo. Je suis rappelé dans mon diocèse par mon évêque pour une autre mission au Cameroun.

 

Propos recueillis par Brigitte Brunel.             

Article publié par Chantal Erouart - Délégué Communication de Lens-Liévin • Publié • 295 visites