JOC - Témoignages de jeunes jocistes en cette période de confinement

Les jeunes du milieu ouvrier et des quartiers populaires ainsi que leurs familles subissent et subiront de plein fouet les effets de cette crise sanitaire qui vient frapper durement les plus précaires. Car oui, nous ne sommes pas tous égaux face au confinement… Au sein du mouvement JOC, les jeunes sont nombreuses et nombreux à appréhender cette période pour leurs conditions de vie et de travail notamment, la crise que nous traversons renforce et rend visible les inégalités. Parce qu’elles et ils valent plus que tout l’or du monde, la JOC publiera chaque jour sur son site national (ainsi que sur Facebook et Twitter) leurs témoignages pour rendre visible leurs vies en milieu ouvrier et quartiers populaires.

 

Voici quelques témoignages de jeunes jocistes du diocése d'Arras.

 

 

 

Pascaline : Pascaline, j'ai 26 ans. Mon confinement c’est à la maison, avec mon conjoint ma fille qui va avoir 5 ans et mon fils de 18 mois. Notre quotidien est rythmé entre les devoirs de la petite, s’occuper du petit, le ménage de printemps, oui il faut bien s’occuper, du rangement… Jouer aussi car c’est très important le jeu, et un peu de télé pour se divertir. Il y a des jours ou également on met un peu la musique et on danse : mes enfants adorent ça. Ce confinement nous rapproche plus que jamais tous les quatre. Entre la routine pour moi, le boulot pour mon conjoint, il est carrossier-peintre, et au chômage technique en ce moment : être « H24 » ensemble nous rapproche. Ce dont j’ai peur, c’est comment faire tenir les enfants dans la durée. C’est pas facile, surtout pour ma fille de 5 ans, de lui faire comprendre ce que nous vivons. Chaque jour, je reçois d’une amie un message avec une prière d’un groupe qui s’appelle la pierre d’angle. Ça me met du baume au cœur. Nous avons hâte que cela se termine. Si ce n’est pas encore prolongé, nous espérons fêter les 5 ans de ma poupette qui est née le 28 avril et pouvoir faire cela avec nos proches.

 

Annabelle : Je suis annabelle, j'ai 24 ans bientôt 25 ans le 18 avril. Je suis confinée sur sallaumines avec mes parents, Jeanne et Paul, et puis Newton, portos et isis qui sont mon chien et mes deux chats. Hier j'ai fait une creme dessert avec ma maman et j'ai mangé deux parts. J'ai rangé ma cabane de jardin tout à l'heure. J'essayais de prendre des mesures pour installer un rideau quand vous avez appelé. Je joue avec mon chien Newton , enfin c'est lui qui joue avec moi. J'envoie des messages avec snap et messenger. a l'hypermarché leclerc loison je faisais la queue dehors et on rentrait a une dizaine à la fois. Mes peurs ? J'ai croisé une grosse araignée en rangeant ma cabane. J'avais des rendez vous pole emploi et mission locale mais c'est tombé en plein le confinement donc j'y suis pas allé. Mes coups de blues ils etaient partis et ils sont revenus depuis le confinement. Je regarde des series sur netflix et mes dvd indiana jones avec ma mère. L'après confinement ? Je vais voir tous mes amis parce que je me fais bien ch....l'actualité ? oui je suis l'actualité parce que mes parents regardent.

 

 

Corey : J'ai 17 ans et demi. Je suis confiné à dourges avec ma mère et mon frère de 21 ans. J'ai des chiens et chats. Le confinement change pas grand chose à ma vie. Le 8 avril ce sera mon anniversaire. Je m'occupe comme je peux en jouant et en regardant des videos. Je me couche tard et je me lève tard. Avant c'était moins pire. Pas vraiment de peur. si j'y croyais (en Dieu) je dirais qu'il veille sur ma sœur et sur le bébé. Si il m'écoute. Le mari lui n'a pas droit aux visites.

 

 

Reginald : J'ai 24 ans, je suis confiné avec ma mère mon père, mes deux frères et ma copine à evin malmaison. J'ai igor mon chat, et cannelle, cachou, mimine, clochette, 5 chats en tout. Je pète des plombs. Je suis à mon premier café de l'après midi. Je change des lustres à la maison. Je vais monter une bouteille de gaz chez ma tante à evin malmaison tout à l'heure sinon elle pourra pas souper. Après je vais faire des courses quand il y a des courses à faire. Je me lave les mains avec du javel. Je mets de la solution hydroalcoolique. Mon boulanger me ramène le pain a la maison. Je repare mes tondeuses. J'ai ma mère qui a été hospitaisée mercredi après midi à Lens. Ils ont des box aux urgences. Ma mère avait des gants sur elle , un masque et une combinaison blanche et des lunettes. La peur que j'ai c'est que suite au covid 19 que je perde ma place au boulot. Je vais savoir quoi au mois de mai. J'espère qu'au 1er avril je vais pouvoir retravailler. Les magasins sont pas ouverts donc je peux rien faire. Des magasins n'acceptent plus les espèces. Mes peurs c'est de plus avoir de jeunes a l'equipe joc et au cjpe. tous les soirs je fais une prière : je demande à jésus qu'il accepte tout le monde et qu'il mette toutes les personnes mortes du covid 19 à sa droite. Qu'il les accueille. Qu'il veille sur les personnes atteintes pour qu'elles ne meurent pas. Que Jésus prenne soin des fédéraux et des jocistes.

 

Article publié par Mission ouvrière diocésaine • Publié • 138 visites