Vers l'homme nouveau

Edito de Monseigneur Jaeger - Eglise d'Arras n°03

Monseigneur Jaeger Monseigneur Jaeger  La liturgie du carême nous invite à nous défaire, dans la mort et la résurrection de Jésus, de « l’homme ancien » pour revêtir « l’homme nouveau. » Le jour de Pâques, nous célébrerons la victoire du Christ sur la mort.  Nous accueillerons avec les nouveaux baptisés la vie nouvelle encore cachée à nos propres regards, mais qui transforme déjà notre humanité.

Cinq situations nous invitent particulièrement à demander au Seigneur de transformer les  cœurs pour que « l’homme nouveau » soit manifesté dans  notre monde. L’être humain est meurtri dans la guerre, la persécution, l’enfermement sur son désir, le refus de l’autre.

Depuis quatre ans, nous faisons régulièrement mémoire de sanglantes batailles qui ont jalonné le tragique déroulement de la Grand Guerre 1914-1918. L’heure est venue de commémorer le centenaire de l’Armistice. La fin des combats n’est pas encore la paix, mais elle lui ouvre la voie. Des centaines de milliers de Chrétiens se sont entretués sur notre sol. L’Église porte plus qu’ailleurs la responsabilité d’être lumière et force pour la paix. La démarche « Faîtes la Paix », du 19 au 22 avril 2018 veut nous aider à en être ici et partout les témoins et les artisans. Je vous invite, surtout les plus jeunes, à venir affirmer lors des différentes manifestations leur désir d’accueillir et de construire la paix.

J’attire votre attention sur l’exposition « Chrétiens d’Orient  - 2000 ans d’histoire » installée à Tourcoing du 22 février au 12 juin 2018. Je vous encourage à proposer et organiser des déplacements en groupe, en paroisse, en mouvement, en aumônerie, en classe. L’occasion nous est offerte de mieux connaître l’Église en Orient et d’apporter notre soutien à tant de nos frères persécutés.

Le débat public qui précède la révision des lois de bioéthique et le passage annoncé devant le parlement d’un projet de loi sur l’extension de la Procréation Médicalement Assistée se poursuit. Toutes les communautés sont conviées à y participer. Des instruments sont mis à disposition par l’Épiscopat. Ils sont accessibles sur le site de la Conférence des Évêques de France. Je vous demande, dès à présent,  de bien vouloir inscrire sur les agendas une conférence qui sera donnée à Arras, le 13 avril 2018 sur le thème : « Désir d’enfant. Jusqu’où aller ? Enjeux éthiques de l’aide médicale à la procréation (PMA). » Vous recevrez sans tarder des indications plus précises.

L’arrivée de migrants à Calais demeure un sujet de préoccupation et le restera longtemps encore. Sans être spécialiste, il n’est pas difficile de constater que les pouvoirs politiques nationaux et internationaux essaient plus de dissimuler les causes d’inévitables mouvements de population que de les affronter et les résoudre. Les murs et les barbelés témoignent de cette incapacité et de cet aveuglement. Jamais, ils ne seront totalement infranchissables. La misère et la persécution constituent des forces que la contrainte et la violence n’endiguent pas. Il va de soi que les Calaisiens n’ont pas chez eux la clef de ce problème planétaire. Ils ont raison d’interpeller les responsables politiques et de revendiquer la solidarité nationale.

Dans ce temps de carême, il faut cependant, redire que personne, pour quelque motif  que ce soit, ne peut transiger avec la dignité humaine. Négliger ou méconnaître la dignité d’autrui conduit à mépriser la sienne ou à l’exposer au dédain. Il est toujours possible de débattre de la pertinence et de l’efficacité des solutions retenues. Il est indispensable de neutraliser les exploiteurs de la détresse et les fauteurs de troubles. Il faut certainement de la volonté, du temps, de la méthode, de la réflexion et du dialogue pour gérer la réalité des migrations. En revanche, le respect dû aux migrants comme à tout être humain, à travers la légitime satisfaction de besoins fondamentaux et vitaux, est immédiat et inconditionnel. Les dérives en ce domaine ne sont jamais insignifiantes ou justifiables. Notre Église n’a qu’une seule et même parole lorsqu’elle défend la vie et qu’elle en promeut la qualité. Nous pensons aussi, en ce temps où l’Église appelle au partage, à tous les bénévoles qui, au fil de longues années, bravent les obstacles, essuient les critiques, mais font reculer les limites du possible pour que même, en dehors, de toute référence à notre foi, le beau nom de frère devienne, redevienne demeure une réalité.

La campagne annuelle du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement nous propose de tisser ensemble une terre solidaire avec nos différences. Le retard pris dans l’éradication de la famine et l’engagement international pour le développement explique, en partie, les bouleversements qui agitent la planète. Les modestes actions qui sont proposées secouent la somnolence et rappelle la mobilisation que le pape Paul VI appelait déjà de ses vœux. Les petits pas que nous ferons dans le Pas-de-Calais peuvent déclencher les grandes enjambées tellement nécessaires pour servir l’humanité aujourd’hui et demain.

Nous marchons encore, mais déjà brille les lumières de la Vie de Pâques !

 

  + Jean-Paul JAEGER

 

                  

 

                       

                  

 

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